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The Human Abstract The Human Abstract est un quintet formé en 2004 à Los Angeles. Il repose majoritairement sur les épaules de A.J. Minette, guitariste solo et tête pensante du groupe. Des changements de line up incessants ont bousculé la vie du groupe jusqu'à récemment: le chanteur Travis Richter a rejoint The Human Abtract en 2010. Le style du groupe est immanquable: du métal technique dont l'influence classique est plus que revendiquée. Digital Veil, leur troisième album sorti en 2011, dénote une intelligence de composition rare qui permet aux schémas de la musique classique de prendre tout leur sens dans un groupe de musique amplifiée.

The Human Abstract / Chronique LP > Digital Veil

The Human Abstract - Digital Veil Aussi sûr que Caïn a tué son frère, Abel, la musique classique a toujours fait partie des fortes influences du métal. D'abord par le niveau technique de ses musiciens, non loin des virtuoses de l'époque, mais aussi dans les arrangements, largement repris dans une multitude de sous-genres. Mais là, une marche est gravie : The Human Abstract propose un métal à la fois mélodique et agressif tout en reprenant la grande majorité des codes de la musique classique. Digital Veil possède ainsi un double niveau d'écoute: le premier pour le fan de métal en général, qui y trouvera largement son compte, et l'autre pour le nerd diplômé de solfège.
La précision technique de Digital Veil est ce qui frappe l'oreille de prime abord. C'est extrêmement bien produit et excellemment exécuté. Mention spéciale au duo de guitare formé par A.J Minette et Dean Herrera, reformé sur Digital Veil : le premier ne voulait plus entendre parler de métal et s'était échappé du groupe en 2004 pour poursuivre des études de guitare classique. C'est donc tout naturellement que l'album s'ouvre sur "Elegiac", un duet que des élèves en école de musique pourraient interpréter. Les deux guitares occupent des champs très particuliers et distincts tout au long des huit titres: l'une accompagne d'un octave supérieur la ligne de basse, répond parfois aux "questions" posées par son compère; l'autre enchaîne les arpèges et les lignes mélodiques fait de simples notes.
Le duo de six-cordes est tellement présent dans l'identité de Digital Veil qu'il est parfois difficile de distinguer la voix de Travis Richter, cernée en stéréo et enroulée dans un tout qu'elle surpasse rarement. Même le batteur, pourtant d'une précision impitoyable, brille difficilement, constamment dans l'ombre d'A.J. Minette et de Dean Herera. Il n'y a guère que sur "Holographic Sight", très polyrythmique, qu'il se montre. Des pointes technico-techniques qui ne vont pas contre l'intérêt de Digital Veil, qui garde tout de même une cohérence globale et qui sait susciter l'intérêt d'un public large en partageant les codes contemporains du métal. C'est juste terriblement bluffant de voir avec quel niveau ils ont pu incorporer les éléments classiques, si redondants dans d'autres contextes.