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Entre rock et post-hardcore, Holding Sand s'affirme depuis 2007 comme un mélange efficace de riffs incisifs et de mélodies accrocheuses, porté par une énergie sans faille et un son aussi massif que léché. Un premier EP (Ebb & flow) paru en 2009 permet au groupe de tourner massivement et se voit suivit d'un second opus, On sleepless nights paru au mois de mai 2010. Deux EPs qui aboutissent une suite logique, le fameux cap du premier album, que le groupe enregistre à l'été 2011 et qui sortira via le label M& O Music en janvier 2012. Le titre : Some things are better left unsaid.

Holding Sand / Chronique LP > A life worth memoirs

Holding Sand - A life worth memoirs On avait laissé Holding Sand il y a quelques années (en 2011) avec un EP (On sleepless nights) oscillant entre rock et post-hardcore, on les retrouve aujourd'hui dans notre boîte aux lettres avec un nouvel album plus métal/émo/metalcore que rock ou post quelque chose. Dans l'intervalle, le groupe a sorti un album en 2012 (Some things are better left unsaid qu'on a attendu en vain...) et a continué sa route croisant quelques grands noms du gros son made in France (AqME, Mass Hysteria, Bukowski...). Bref, les revoilà dans nos esgourdes en février 2015 avec ce A life worth memoirs assez ambitieux puisqu'il propose de découvrir la fin de vie d'un personnage touché par la maladie et qui passe par différentes émotions comme la rage, la dépression et finit par accepter sa mort (dans un gémissement). Ecrire des textes n'est pas simple, les écrire sur un thème précis et les coller à la musique qui varie les atmosphères, ça l'est encore moins, c'était donc risqué sur le papier mais comme c'est réussi, bravo.

Une fois le diagnostic pris dans la tronche, les guitares se font tranchantes et le chant ultra agressif passe du screamo à l'émo attaquant les cordes sensibles à mesure que le tempo se ralentit et les notes s'aiguisent. Le contraste augmente sur la trame "Hell bent" avec davantage de poids mais aussi de clarté et quelques mélodies travaillées dignes d'un métalcore qui aurait bossé à fond ses constructions et les enchaînements. C'est d'ailleurs cette juxtaposition d'ambiances opposées qui fait l'essentiel de l'intérêt de ce A life worth memoirs puisqu'elles s'emmêlent avec classe et un titre qui commence avec des sons clairs peut vite devenir un défouloir de désespoir enragé ("Merry-go-round"). Avec ou sans chant, on reste scotché à l'évolution de ce combat ("Wreck") jusqu'à l'annonce du verdict et cette trompette (de la mort) qui fait trembler et indispose tant on comprend que la fin est proche et que le mal l'a emporté. Viens alors le temps de la lumière paradisiaque, des gémissements, du recueillement, le rythme a baissé, les accords s'étirent, le chant garde sa rugosité mais la contrebasse met un terme à l'histoire

Une bonne idée, un superbe digipak, un son de qualité (signé Francis Caste qu'on ne présente plus dans nos pages), Holding Sand franchit une nouvelle étape dans son parcours et on espère maintenant les voir encore plus en live (et pas que dans la région de Tours...).

Holding Sand / Chronique EP > On sleepless nights

Holding Sand - On Sleepless nights Cinq titres pour un gros quart d'heure de musique (un peu plus de 17 minutes), c'est très largement suffisant aux Holding Sand pour affiner leur identité artistique, cette griffe puissamment évocatrice qui mélange harmonieusement songwriting emo-rock abrasif et post-hardcore écorché vif, le tout avec une bonne petite dose de metal sulfurique et ultra-léché (merci la prod' quand même) en guise de nappage, les auteurs de cet On sleepless nights ont beau être français, ce qu'ils font sonne très américain, mais genre plutôt le haut du panier, avec les avantages et les inconvénients que cela suppose.

"The future belongs to heartless whores" pose d'entrée les bases de ce qu'est Holding Sand, soit un quintet qui maîtrise déjà son sujet et qui envoie des compos qui pulsent sérieusement dans les éprouvettes. Mélodiques et hargneuses, puissantes et efficaces, des torpilles saturées qui claquent bien dans les tympans et qui, sur une durée aussi courte, font de jolis dégâts dans la tuyauterie auditive. L'éponyme "On sleepless nights" est à ce titre un modèle du genre, redoutable dans les attaques de guitares, porté par une mélodie fédératrice et quelques breaks détonnant, on se dit que la recette est imparable et que même si l'ensemble est parfois un peu trop net, trop propre, trop "parfait" en termes de son, le résultat proposé est tout de même d'excellente qualité.

Surtout que la suite, avec "Black is the new black" et surtout "What eyes betray" confirment assez bien ce que l'on pensait du groupe au terme des deux premiers titres (avec un bémol sur le premier nommé cela dit, un peu convenu sur la durée). Holding Sand insuffle une petite dose de feeling punky à son ensemble emo-post-hardcore-rock et, s'il se cherche parfois encore un peu en terme d'écriture, parvient à se trouver parfaitement sur "Shooting stars", cinquième et dernier titre du présent EP. Et de faire une nouvelle fois étalage d'une classe peu commune dans l'hexagone, tant en termes de composition que d'exécution formelle, avant de passer à l'étape suivante, à savoir le cap du premier album, dans les tuyaux à l'heure où sont rédigées ses lignes. A suivre donc...