Helmet_01 Helmet est de retour en Europe pour célébrer le 20ème anniversaire de la sortie de Betty, un album majeur de la discographie du groupe. Il me semble que vous aviez fait de même pour Meantime, doit-on s'attendre à vous revoir dans trois ans pour fêter l'anniversaire d'Aftertaste ?
Je suis prêt pour ça !

40 dates sont prévues pour cette tournée européenne. Est-ce que, malgré le poids des années, tu arrives encore à enchaîner facilement autant de dates à 54 ans ?
Non, c'est assez dur d'enchaîner. La tournée européenne qui arrive va être plutôt difficile à tenir physiquement mais nous venons d'effectuer cet été une série de 27 dates américaines et nous sommes actuellement en pleine forme.

J'ai lu que cette tournée anniversaire n'allait pas se faire aux USA, hormis un show au Viper Room à LA effectué le 11 juillet. Quelle en est la raison ?
Ce n'est pas tout à fait vrai puisque nous avons joué Betty à Chicago et à Grand Junction dans le Colorado et je t'annonce la préparation d'une mini-tournée sur la côte Est en décembre.

Quel recul as-tu par rapport à Betty en 2014 ?
Je trouve que Betty a bien résisté au temps et que c'est un album que j'adore vraiment jouer live.

helmet_betty.jpg Est-ce que ta manière de jouer de la guitare, qui a influencé pas mal de formations notamment néo-métal, t'es venue du jazz, un genre que tu as étudié avant de fonder Helmet ?
C'est simple, le jazz a absolument influencé ma façon de jouer de la guitare et de composer des chansons. Et je pratique encore le jazz tous les jours.

Est-ce que le line-up d'avant votre séparation de 1998 fait vraiment partie d'une période révolue du groupe ?
Il n'y aucune réunion de prévue avec mes anciens partenaires d'Helmet qui sont assez occupés avec leurs projets respectifs. En fait, le line-up actuel me convient parfaitement.

Je me souviens quand je vous avais vu à Paris il y a 4 ans, tu discutais de manière assez naturelle avec tes fans à la fin du show, c'est plutôt rare pour un groupe de votre envergure. Est-ce que tu te donnes les moyens d'être disponible après chaque show ou ça tient de la spontanéité de ta personnalité ?
Je n'interagis pas avec les fans sur les réseaux sociaux, je pense que c'est plus personnel et mieux de parler avec eux après le show. Je ne me souviens pas exactement quand ou pourquoi on a commencé à faire ça mais c'est vraiment plus cool de serrer des mains, de partager des choses avec les gens qui apprécient ce que nous faisons musicalement parlant.

Tu fais de la production depuis de nombreuses années en parallèle, mais également pour Helmet avec votre dernier album en date. On a ouï dire que tu avais même produit un groupe français, les Rescue Rangers. C'était un coup de cœur ? Comment arrive t-on a être produit par Page Hamilton ?
Pascal de Rescue Rangers m'a abordé lors d'un concert de jazz dans lequel je jouais à Santa Monica en Californie. Il avait un CD de son groupe en main et m'a demandé si j'étais intéressé de leur produire un album. J'ai accroché à leur musique et senti que je pouvais leur apporter beaucoup de choses. Alors, je lui ai demandé s'il était ouvert à la critique constructive de ses chansons et de me faire confiance sur le fait que mon seul objectif était de les rendre meilleurs et d'améliorer leur façon de faire des chansons. Il m'a répondu OK et nous avons calé nos agendas pour se faire une session studio chez eux vers Aix-en-Provence. On a vraiment passé un super moment.

Est-ce important pour toi maintenant de contrôler la production d'Helmet ?
Ouais, carrément. J'ai toujours eu le dernier mot sur les décisions artistiques à l'égard d'Helmet.

Est-ce qu'en matière de production musicale, tu as un modèle ?
Plusieurs même, je vais te citer Thom Bell (The Delfonics, The Stylistics, The Spinners), Jerry Wexler (Bob Dylan, Aretha Franklin, Dusty Springfield), Glynn Johns (Led Zeppelin, The Who, Eric Clapton), Al Bell (Isaac Hayes, Rufus Thomas, The Staples Singers) et Arif Mardin (Bee Gees, Norah Jones, Phil Collins).

Helmet_02 On a tendance à oublier que tu as écris des chansons pour le cinéma (pour les films "Heat", "Titus" et "Catwoman" entre autres) en compagnie notamment d'Elliott Goldenthal. Comment abordes-tu la composition d'une musique de film par rapport à ce que tu fais dans Helmet ?
Non, le travail que j'ai fait avec Elliott était en tant que guitariste, moi je n'ai rien écrit. Il avait besoin de différentes couleurs sonores sur des sections de films et a fait appel à moi pour former des sons basés sur des scènes spécifiques. Et puis, j'ai ajouté des parties de double guitare et/ou des accords lourds, etc. En général, quand j'écris des bandes-son de film comme j'ai pu le faire avec "Convergence" ou "Sons of liberty", les plus récents auxquels j'ai participés, je regarde d'abord les scènes avec le réalisateur puis je me note quelques idées pour moi-même. Ensuite, je commence par un son qui n'est généralement pas celui d'une guitare mais plutôt une forme mélodique, un intervalle ou des trucs de ce genre qui peuvent porter pas mal le poids dramatique d'une scène ou d'un film.

C'est assez difficile à comprendre de notre point de vue qu'un musicien aussi doué et intègre que toi puisse jouer avec Linkin Park, quelle est ton avis là dessus ?
Je suis flatté quand des collègues musiciens citent Helmet comme influence et je suis toujours ouvert à n'importe quel challenge ou invitation musicale...enfin, "presque" toujours ouvert (rires).

L'interview touche à sa fin donc dernière question : Est-ce qu'Helmet bosse actuellement sur le successeur de Seeing eye dog ?
Absolument ! Là, j'ai déjà plusieurs chansons entièrement écrites et puis pas mal d'esquisses aussi qui devraient prendre forme prochainement. C'est prévu qu'on rentre en studio vers la fin du printemps 2015 pour une sortie la même année.