metal Métal > Heirs

Biographie > Heirs of the dark sounds

A l'origine, Heirs est le projet solo de Damian Coward qui oeuvre par ailleurs dans deux formations australiennes, grunge/rock et screamo, (Love like... electrocution, Maps...). Fin 2006, celui-ci décide de se lancer en solitaire, pour composer une musique qui soit différente de ce qu'il a pu faire avant et explorer de nouvelles directions musicales. Il s'entoure de connaissances (Brent Stegeman et Ian Jackson aux guitares, Laura Bradfield à la basse) pendant que lui-même assure les parties de batterie. Entre 2007 et 2008, le quartet compose avant d'entrer en studio début 2009 aux Head Gap Studios de Melbourne pour mettre en boîte un premier album intitulé Alchera. Celui-ci est ensuite masterisé par James Plotkin (Isis, Burning Witch, Khanate...) et sort au printemps de la même année via Denovali Records (Celeste, Les Fragments de la Nuit, Jeniferever, Kodiak, Scraps of Tape...).

Heirs / Chronique EP > Hunter

Heirs - Hunter Hunter by Heirs. Les Australiens sont décidément plutôt prolifiques, dans un genre qui pourtant ne s'y prêtent pas tout particulièrement d'ordinaire, et pourtant cela semble faire mieux que fonctionner. Troisième sortie pour le groupe en deux ans et demi après les albums Alchera puis Fowl, Hunter est un EP qui voit donc le quartet devenu quintet (depuis l'arrivée de Miles Brown - de The Night Terrors - en son sein) raccourcir le format à quelques vingt-cinq minutes réparties sur (seulement) trois titres. Mais comme chacun sait, ce n'est pas (que) la longueur qui compte.

"Hunter", morceau-titre de l'EP enterre la critique en quelques six minutes vingt-sept secondes d'une odyssée post-métallique aux empreintes doom et flagrances darkwave du plus bel effet. Une véritable pépite du genre, à l'amplitude émotionnelle rare et à l'écriture extrêmement ciselée qui justifie à elle seule l'acquisition devenue alors difficilement dispensable de cet EP sorti chez l'incontournable Denovali Records en vinyle ou CD digifile. Echec et mat en un seul coup. La classe en provenance de l'hémisphère sud encore frappé et ne s'arrête pas en si bon chemin puisque le second titre de cet Hunter prolonge le plaisir avec "Symptom". La musique des australiens s'y fait plus nébuleuse, plus insaisissable en même temps qu'elle s'appuie sur un socle instrumental à la densité palpable. On s'incline.

Hunter, c'est encore une fois la confirmation d'un groupe qui laisse l'auditeur s'immerger au sein d'un univers musical atypique et à la personnalité très affirmée. Et plus encore quand ledit quintet s'offre une reprise des Sisters of Mercy avec "Neverland", comme pour revendiquer ce côté "coldwave gothique" que l'on entrevoit régulièrement sur ses dernières compositions. Là encore, le mélange avec la griffe postcore/postmetal qui est l'essence-même de Heirs, se révèle particulièrement habile et démontre que malgré son rythme élevé de productions, le groupe ne sacrifie jamais à la qualité. On a la classe ou on ne l'a pas.

Heirs / Chronique LP > Fowl

Heirs - Fowl Il y a un an et demi on découvrait Heirs, quartet originaire de l'hémisphère sud qui, entre downtempo, ambient metal à tendance industrielle et postcore 4 étoiles délivrait alors avec Alchera un album de grande classe. Mais apparemment ça ne leur suffisait pas... alors les Australiens ont remis le couvert un an et demi plus tard, toujours chez l'inlassable et prolifique label qu'est Denovali Records (de Celeste à Mouse on the Keys en passant par Revok, Her Name is Calla, Omega Massif ou Les Fragments de la Nuit), avec un Howl au visuel pour le moins curieux. Ceci étant, vu la provenance de l'objet (qui plus est livré dans un digifile des plus élégants), on pouvait s'y coller les yeux fermés.
Et à raison. Ce, bien que le groupe ait semble-t-il décidé de jouer un peu avec ceux qui l'avaient découvert quelques mois plus tôt (ou même avant pour les plus chanceux...). De fait, on engage donc les hostilités le temps de quelques quatre minutes d'un ambient rock aux textures électro rythmées par une batterie sentencieuse jouant sur la répétitivité d'un motif mélodique réduit à sa plus simple expression. Le minimalisme revue et corrigé par ces Australiens-là, c'est quelque chose quand même. Puis... l'explosion rageuse avec l'entrée des guitares. Et là, Heirs fait sonner les guitares, ne change pas son tempo d'un iota, n'insufflant ici qu'une grosse louche de densité avec un aplomb qui ne supporte guère de contestation. Un "Dust" inaugural structuré à la perfection, démontrant ici que le groupe fait preuve d'un sens de la mise en scène et de la progression harmonique plutôt affûté.
On est déjà pas mal impressionné... et pourtant ça, ce n'était rien. Car c'est maintenant que les choses sérieuses débutent, avec l'éponyme "Fowl" et sa progression interminable dans les affres d'un postcore sombre et bruitiste à la violence discrète, masqué par une saturation omniprésente et un son assez heavy, magmatique et abrasif. Du lourd... que l'on imagine suivi d'une nouvelle descente aux enfers, ce qui évidemment incite le groupe a changer son fusil d'épaule pour proposer un "Burrow" post-noise lumineux et virevoltant (avec des synthés...) puis un "Tyrant" en forme de déferlante postcore aux vibrations indus et noise effervescentes. Plus affirmé dans son écriture que son prédécesseur, Fowl voit les Heirs radicaliser leur approche artistique et s'affirmer un peu plus tout en se distinguant de l'étiquette vaguement postcore que l'on était tenté de leur apposer ("Men"). Raisonnement simpliste..., bien trop pour un groupe qui se plait à mélanger les genres comme personne et a ainsi construire des morceaux aux architectures plus complexes qu'il n'y paraît ("Mother") avant un final en apothéose avec l'implacable et sur-saturé "Drain". Imparable.

Heirs / Chronique LP > Alchera

Heirs - Alchera A la première écoute (via l'inévitable MySpace), Heirs n'inspirait pas grand chose d'extraordinaire. La compression du son sur la plate-forme n'aidant pas vraiment à retranscrire les finesses de la musique de cette entité australienne capable de mêler rock downtempo, metal industriel et postcore navigant entre deux eaux, on était quand même largement resté sur notre faim. Etonnant de la part d'un label aussi exigeant que Denovali Records (Celeste, Kodiak, Les Fragments de la Nuit, Mihai Edrisch tout de même...). Alchera, premier effort des wallabies, débarquant sur la platine, c'était donc là l'occasion idéale de se faire une idée définitive sur ce dont était réellement capable le groupe, le temps d'un album entier et près de quarante deux minutes de musique se faufilant entre les genres. Pour mieux les appréhender. Car Heirs s'adresse autant aux inconditionnels des neurasthéniques Mono, qu'aux amateurs des poussées de fièvre post-metal signées Pelican ou aux nostalgiques du magma indus ambient torturé de feu-Godflesh. Et pour cause, afin de comprendre Alchera, il faut nécessairement l'écouter en entier et non pas au détours de quelques vagues extraits essaimés sur les sites communautaires.
Dès "Plague Asphyx", les Australiens plantent le décors. Celui d'un monde en déliquescence, sans même une lueur d'espoir à l'horizon. Au bord du gouffre. Un titre aux rythmiques pénétrantes et hypnotiques, des nappes indus sombres et torturées qui emplissent l'atmosphère, rendant celle-ci complètement étouffante, le groupe libère son substrat musical et marque durablement les esprits. Car Heirs est ici vénéneux, discret, elliptique, mais subrepticement fatal. Au bord du choc anaphylactique, l'auditeur enchaîne en s'injectant un "Mockery" qui lui permet de retrouver un semblant de souffle. Apaisant dans ses riffs de guitares qui semblent laisser le temps s'écouler à l'infini, le groupe maîtrise son sujet. Une saturation qui reste tapie dans l'ombre, discrètement omniprésente et les mélodies métalliques aux textures rock qui se diffusent inexorablement afin de mettre l'auditeur sous leur coupe, Heirs impose délicatement sa griffe musicale, jouant des dégradés de gris pour atténuer une noirceur qui aurait pu être seulement contrastée par quelques éclats d'une lumière diaphane. Mais le groupe sait également frapper fort, avec "Mandril" notamment ou "The white swell", deux titres qui donnent un peu plus de souffle à un album finalement très classe. Comme quoi les premières impressions...