metal Métal > Headplate

Biographie > Un riff dans la tête

Encore un groupe relativement peu connu par chez nous et qui n'est pourtant pas ce que l'on pourrait appeler un nouveau venu , Headplate s'est formé en Suède en 1993. Au départ trois, Danne (guitare), n1c (batterie) et Marcus (basse) vont passer l'année suivante à quatre avec l'arrivée d'un nouveau bassiste prénommé Heyk au sein du groupe, Marcus prenant du même coup le poste de second guitariste. Après avoir écumé les scènes locales, Headplate (alors renforcé par l'arrivée de Jim comme second chanteur) tape dans l'oeil d'un petit label indépendant G.Productions, ce qui leur permet d'enregistrer une première démo, intitulée Wake up.
On est en 1997 et dans la même année, Marcus quitte le groupe pour raisons personnelles et on n'entend alors plus vraiment parler de Headplate. Jusqu'en 2000, où le groupe s'attele à l'écriture de son premier album Bullsized. Succès honorable, l'album permet au groupe d'assurer les premières parties de Machine Head et surtout de se remettre au travail pour donner naissance à un second opus. Celui-ci, intitulé Delicate, sort en 2002 et sera suivi d'un troisième effort (Pieces) en 2003. En 2004, après de nombreux changements de line-up, le groupe n'a plus de chanteur, mais entame néanmoins l'écriture d'un nouvel album, que les membres d'Headplate espèrent sortir dès qu'ils auront un chanteur. Elle est dure la vie d'un groupe de rock !

Headplate / Chronique LP > Bullsized

bullsized artwork Une fois passée une intro qui fera inévitablement penser aux suédois de Seethings et plus exactement au titre "Soil" de leur premier EP, tant au niveau du son que des riffs (normal, ils sont aussi suédois?), "Mindworks", premier titre de ce Bullsized, déballe le matos et pendant près de 30'20'' pose les bases d'un style ultra percutant, carré et basé sur le riff atomique et sur l'alternance assez basique du chant calme/ rageur.
A l'ouest rien de nouveau, effectivement, sauf que Headplate, sur ce "Mindworks" qui ou encore des titres tels que "Two worlds" ou "Headful", rien à dire ça déboite sévère. Derrière ses fûts, le batteur pilonne comme fou furieux pendant que le groupe parvient à sortir du carcan du néo-metal assez monolithique, syndrome que l'on retrouve chez nombre de combo du genre. En l'espace de trois petits morceaux, Headplate recycle très efficacement les recettes qui marchent pour démonter les charts.
Malheureusement, si "Bullsized" démarre sur les chapeaux de roue, la suite frise par instants la sortie de route. Entre le flow très Limp Bizkit de "Feel like porn" (tout est dans le titre. sic) et les parties vocales hurlées infâmes de "Can't say" et "Sleepy", il est une évidence, si Headplate sait souvent se montrer massif, puissant et terriblement percutant ("Don't be like me", l'éponyme "Bullsized"), le combo sait aussi se planter magnifiquement sur quelques uns des onze titres que compte cet album.
Un disque presque à deux visages si il n'y avait pas "Not the same", un titre où le groupe s'essaie avec plus ou moins de réussite à l'émo-metal intense. Efficace, le morceau qui rompt complètement avec les rythmiques catchy et les vocaux rentre-dedans du reste de l'album, témoigne de la volonté des suédois d'éviter la facilité et de ne pas se limiter à un quelconque style musical.
On l'a bien compris, le parcours d'Headplate a été comme nombre d'autres combo rock/ metal, semé d'embûches, le groupe a su se servir de ces expériences pour donner à cet album ce côté rageur et brut qui fait tout l'intérêt de Bullsized. Et pourtant, dans le même temps, les suédois ne se sont pas vraiment rendus la tâche facile en livrant également quelques morceaux assez médiocres. En bref, du très bon et du vraiment (très) moyen. Verdict mitigé.