Headcharger 2017 Un nouvel album, de la promo, des concerts, c'est pas trop dur la routine ?
Seb : Il y a bien pire comme "routine". Plus sérieusement, on a rarement été aussi pressé de défendre un album sur scène. On est vraiment fiers de cet album Hexagram, il est exactement à l'image de ce que nous sommes aujourd'hui. Je pense réellement que c'est l'opus le plus décomplexé de notre discographie.

Le nom de l'album comme son artwork sont assez différents de ce à quoi on était habitué (dessins de corbeaux, soleils couchants, bagnoles), d'où sont venues ces idées ?
Seb : On avait une vraie envie de changement pour cet album. On pensait déjà depuis un moment au fait d'utiliser une photo en cover mais nous n'avions jusqu'alors jamais franchi le cap. On voulait aussi un visuel à dominante de blanc tout en gardant cet esprit des grand espaces.

L'hexagramme est symbolique, vous ne craignez pas que certains se trompent dans l'interprétation ?
Seb : Pour se tromper, il faut qu'il y ait une vérité. Ici comme pour l'interprétation des textes, nous aimons laisser la libre interprétation à chacun. Dans tous les cas, ça symbolise très bien le thème de la dualité qui est décliné tout au long de cet album.

Guillaume Doussaud et Florian Giffard ont enregistré l'album, ils sont depuis longtemps en technique, c'est rassurant d'avoir quelqu'un qui vous connaît en studio ?
Seb : Guillaume et Flo ont participé tous les deux aux prises sons de cet album au Swan Sound Studio. Guillaume a enregistré trois albums avec nous et Flo s'occupe de notre son en live. Tous les deux connaissaient donc parfaitement Headcharger. En ce qui concerne le mixage, on a travaillé pour la première fois avec Damien Bolo (C2C, Shake Shake Go...). Nous l'avons rencontré grâce à Flo et ne regrettons absolument pas ce choix. Je trouve qu'Hexagram sonne à la hauteur de nos espérances.
Rom : C'est un vrai confort d'enregistrer avec Guillaume ! Il nous connaît par cœur, il se permet aussi de faire des remarques sur nos compos, et aussi de nous donner des idées. C'est une nouvelle fois ce qu'il s'est passé ! Il apporte sa petit touche, et ça fait toujours mouche ! On l'écoute beaucoup. Et là, cerise sur le gâteau, Flo notre ingé son en live était aussi de la partie. Son expérience du live a beaucoup apporté au son que l'on avait choisi pour l'enregistrement. Il nous a bien drivé. Cette collaboration a été parfaite pour que l'on puisse réaliser notre meilleur album depuis un moment, que ce soit en terme de compos ou de son.

Faire vivre cet enregistrement à travers les réseaux sociaux, c'était histoire de tromper l'ennui ou partager un maximum avec vos fans ?
Seb : On voulait partager au maximum cette expérience avec tout le monde. C'est toujours intéressant de voir à quel point certains sont curieux et s'intéressent aux backlines, aux prises son, aux micros ...
Rom : C'est vrai que nos fans sont assez friands de ce que l'on peut utiliser comme tête d'ampli, effets, guitares, basse, batterie. C'est une manière de dévoiler la "touche" sonore d'Headcharger ! Et puis c'est aussi au goût du jour que de poster un max. Alors, nous qui étions plutôt à la rue en terme de marketing moderne, on s'y est fait. C'est loin derrière nous l'époque du téléphone, du minitel et de la K7.

Suivre les réactions des fans sur tous les réseaux, c'est très chronophage, vous arrivez à vous limiter dans leur utilisation ?
Seb : C'est Rom qui s'occupe de tout cela. Généralement, il le fait sur la route ou sur ses temps de pause... C'est important pour nous d'échanger avec ceux qui continuent d'acheter nos albums, venir aux concerts. C'est notre manière de les remercier en quelque sorte.
Rom : C'est vrai que cela prend pas mal de temps. Mais c'est aussi très important de le trouver ce temps. Nos fans, eux, le prennent pour nous laisser des messages, venir aux concerts, on se doit de leur rendre la pareille, c'est un réel plaisir que de la faire.

Headcharger - Hexagram Il y a désormais une identité Headcharger qui fait qu'on n'est pas surpris par Hexagram, en quoi cet album apporte de la nouveauté ?
Seb : Comme je te le disais, c'est pour moi l'album le plus décomplexé et assumé d'Headcharger. Il sonne plus large et plus dynamique que ses prédécesseurs. On savait exactement là où nous voulions aller pour Hexagram. Il y a des titres comme "Coming back to life" que nous n'aurions peut-être pas mis aussi en avant il y a 5 ans. Aujourd'hui, c'est aussi cela l'identité d'Headcharger.

Si vous deviez choisir entre vous priver de mélodies ou de puissance, qu'est-ce que vous sacrifiez ?
Seb : Impossible de choisir, ce qui est sûr c'est que les deux sont parfaitement compatibles et on essaie de le prouver encore une fois avec Hexagram.
Rom : Mélodies et puissance sont exactement les deux principes qui font la base de notre musique. On ne peut donc pas les séparer. Sans ça, Headcharger ne serait pas Headcharger ! C'est aussi simple que ça. On a toujours utilisé ce mélange, il est hors de question de faire autrement. On est des bonnes têtes de bois. Évolution oui, sacrifice non !

Vous avez choisi de mettre en avant le titre "Dirty like your memories" puis "Coming back to life", pourquoi ceux-là ?
Seb : Je pense que "Dirty like your memories" résume bien ce qu'est devenu Headcharger depuis Slow motion disease. Ça nous paraissait naturel de le mettre en avant. En ce qui concerne "Coming back to life", on tient beaucoup à ce titre. Me concernant, c'est certainement un des refrains que je préfère de cet album. On assume tous son côté Rock 90' qui est aussi un visage de notre musique.

Le clip de "Coming back to life" est assez mystérieux, on peut en savoir plus sur sa signification ?
Seb : On a pour habitude de laisser une libre interprétation de nos textes depuis des années. On se nourrit de nos expériences personnelles mais ne voulons jamais les retranscrire au premier degré. En ce qui concerne ce clip, nous souhaitions justement une histoire un peu mystérieuse. Chacun y voit ce qu'il veut en fait, même si le sens premier est très clair dans nos têtes. Nous ne voulons en rien influer sur l'interprétation.

La réalisation a été confiée à Mathieu Ezan, c'était votre choix ou il s'est proposé ?
Seb : Ça fait quelques années qu'on se connaît avec Mathieu. C'était juste le bon moment pour travailler ensemble. Il a réalisé pas mal de clips pour Tagada Jones, Albatross... Nous ne partions pas dans l'inconnu.

Headcharger 2017 Ce sont aussi les deux premiers de l'opus, ça veut dire que "Feed our illusions" n'est pas terrible ? Plus sérieusement, c'est prise de tête d'organiser la tracklist ?
Seb : Ça a été beaucoup plus rapide pour Hexagram que pour les autres. On savait exactement ce que l'on voulait et à l'exception d'un ou deux titres, la tracklist est venue assez naturellement en fait.
Rom : On l'a aussi pensé comme une setlist de concert. Je veux dire par là que l'on voulait aussi mettre du rythme à cet album, pour ne pas que l'auditeur s'ennuie au bout des 4/5 premiers titres. On a voulu varier les tempos, mettre du calme, et revenir sur du plus "gros rock". Mais comme le dit Seb, ça a été assez simple de l'organiser.

Et la setlist des concerts ? Vous avez désormais un paquet de morceaux qui sonnent un peu comme des "standards", vous allez devoir en virer quelques uns... Un concert sans "Do you think of me" est envisageable ?
Rom : Et bien tu vois, on vient de faire notre premier concert de la tournée (c'était le 25 mars), et comme on ne devait jouer que 50 minutes... on l'a retiré ! Dans les nouveaux titres, on a un morceau, "A long wait", qui a plus ou moins la même structure, alors dans un set court comme celui-là, on s'est dit que ce serait bien de mettre plutôt du nouveau. Mais, quand on jouera plus longtemps, c'est sûr qu'il reprendra sa place. On aime jouer des morceaux très heavy, très fat en concert. Encore une fois, histoire de varier les tempos.
Seb : C'est vrai qu'on commence à avoir pas mal de morceaux sous le coude pour construire une setlist. Pour Hexagram, on a vraiment envie de le défendre sur scène. Il a donc fallu faire des choix. En ce qui concerne "Do you think of me" c'est un titre qu'on adore jouer donc autant que possible, il reste sur la setlist...

Il y a un an vous sortiez une vidéo avec une reprise acoustique de Black Sabbath, vous aviez aussi repris du Led Zeppelin, que ce soient les covers ou l'acoustique, c'est quelque chose qui pourrait aboutir à un plus gros projet ?
Seb : C'est impossible à dire. On vient juste de sortir Hexagram. Ce qui est sûr c'est que l'exercice des covers nous intéresse à condition de les réarranger de A à Z.

Vous avez changé de tourneur, vous avez des attentes particulières de cette collaboration avec Rage Tour ?
Seb : L'idée est de défendre cet Hexagram au maximum et dans les meilleurs conditions possibles. Aujourd'hui, on s'applique à proposer un show qui soit le plus agréable pour tous, tant sur le plan visuel que sonore. On veut que l'ensemble des conditions soient réunies pour nous comme pour le public afin de passer un bon moment ensemble.
Rom : Rage Tour nous suit depuis longtemps maintenant. Nous n'avions jamais intégré leur écurie. Mais maintenant c'est chose faite. Ils étaient trop bookés pour nous prendre à l'époque, mais ils viennent de recruter une nouvelle personne, Eric, et ils ont pu prendre plus de liberté pour nous "travailler" le mieux possible. On est fier d'être chez eux maintenant. Ça tombe bien, car on a vraiment l'envie de promouvoir Hexagram au maximum de ses possibilités !