HeadCharger à Dour 2012 HeadCharger à Dour 2012 Comment s'est fait votre arrivée chez Verycords ? Le fait que vous connaissiez quelques personnes dans le label a aidé ?
Seb : Cela coulait juste de source pour nous. Lorsque nous avons sorti Slow motion disease chez XIII Bis Records, nous avons appris trois mois après que ce label était en dépôt de bilan. L'équipe de Verycords est composée en partie d'anciens de chez XIII Bis qui nous sont toujours restés très fidèles. Dans ce milieu, c'est assez rare pour être noté. Lorsque le projet de ce Black diamond snake a vu le jour, nous avons aussitôt pensé à eux. Il y a une vraie histoire entre nous, ces gens savent travailler et restent lucides sur les réalités du marché du disque aujourd'hui.

Pourquoi avoir choisi ce titre pour l'album : Black diamond snake ?
Seb : Tu sais que nous avons toujours eu des références cinématographiques dans nos textes. Pour celui-ci, nous avions envie de pousser le truc encore un peu plus loin et de l'écrire comme un road movie. Chaque texte reprend l'histoire d'un mec dont les nuits sont hantées par l'apparition d'un hot rod (NDR : une vieille voiture modifiée comme celle de la pochette). On peut y voir différents niveaux de lecture puisque cette dernière pourrait être la matérialisation d'une schizophrénie par exemple. Il fallait lui trouver un nom agressif et sombre d'où l'idée de Black diamond snake. On aime cette référence à des films comme Duel, Mad Max, Two lane blacktop (NDR : Macadam à deux voies pour le titre moins classe mais plus français) ...

On découvre ce nom dans "One night stand", ce titre de morceau aurait pu aussi faire un bon nom d'album...
Seb : Pas uniquement. Dans ce texte justement c'est le "Black diamond Snake" qui s'exprime. C'est une sorte de démonstration de force entre elle et ce mec qui essaie de lutter contre cette "puissance". Dans l'ensemble des textes de cet album, il y a un échange entre ces deux protagonistes. Le point final étant lorsque le Black diamond snake et le mec ne forment plus qu'une seule et même personne.

L'album est plus "doux" dans son ensemble et, du coup, on remarque davantage un titre comme "Backtracking" et sa rythmique assez brutasse, ça ne devient pas un souci d'avoir des titres plus violents ?
Seb : "Plus doux", je ne trouve pas. Ce qui te fait dire ça est sans doute le fait qu'il y n'ait pas du tout de chant saturé. Sur un plan personnel, j'avais envie de me lancer dans ce projet, les 4 autres m'ont conforté dans cette idée. Ceci étant, je trouve que nous restons un groupe de métal qui fait du rock. L'énergie est toujours belle et bien là et nous ne voulons surtout pas la perdre.

Vous êtes plutôt du genre "funs et déconneurs" dans la vie, alors pourquoi autant d'inspiration "lugubre" ?
Seb : Peut-être parce que nos influences cinématographiques se trouvent justement être assez sombres dans l'ensemble. C'est vrai que pour celui-ci les textes sont assez "lugubres" mais c'est le concept qui veut cela et je trouve surtout que ça marche vraiment bien avec les instrus.
Antony : L'histoire de Black diamond snake s'est affinée au fur et à mesure de l'avancée des morceaux, et naturellement le scénario s'est orienté vers un thriller psychologique, alors que ça aurait très bien pu devenir un road movie déjanté et fun. Mais voilà les choses se sont un peu imposées comme ça à nous mêmes, c'est le feeling des morceaux et c'est tout simplement "l'inspiration" du moment qui a dicté le climat de ce disque. De faire un thème unique pour la totalité de l'album, ça t'oblige à garder une unité dans la forme, là c'est sombre et torturé, mais peut-être que le prochain sera hyper joyeux, on verra !

Artwork Headcharger - Black Diamond Snake "The diver" et "Land of sunshine" ont été davantage mis en avant, pourquoi ces deux titres-là ?
Seb : Simplement parce que nous trouvons que ce sont deux titres forts de cet album même si je conseille bien sûr de l'écouter dans son ensemble pour l'appréhender. La promo veut que tu choisisses un ou deux titres à mettre en avant mais l'album ne se réduit pas à cela. Pour moi, ça serait un peu comme juger un film sur sa bande-annonce...

Il y a un artwork avec le serpent et le diamant qui est très classe aussi, le choix de la pochette a-t-il fait débat ?
Antony : On a d'abord changé nos habitudes, comme pour l'enregistrement d'ailleurs, en ne faisant cette fois-ci pas appel à Elvis Dead pour l'artwork. Ce n'est pas que nous n'étions pas satisfaits de leur boulot, loin de là, mais on avait envie de changer notre image et se rapprocher d'un truc plus cinématographique. Donc pour celui-ci, on a fait appel à Jérémie Contino qui est aussi le designer de la marque de fringues Hyraw qu'on adore. On s'est aussi inspiré du travail du photographe Nicolas Delpierre qu'on connaît bien et dont on aime en particulier les photos de bagnoles. Ensuite, on a laissé Jérémie nous proposer plusieurs essais et le coté noir et brut de la pochette, ainsi que le coté très cinématographique du livret nous a vachement plu.

Est-ce que le film Boulevard de la Mort de Tarantino a influencé la création ?
Antony : Absolument pas ! Que ça soit pour l'histoire ou pour le design, Boulevard de la Mort pour moi fait un peu office de la référence trop clichée, trop surfaite, dont tu dois justement essayer de t'éloigner. A l'instar d'Easy Rider par exemple. On voulait faire un road movie, certes, mais le faire de manière décalée et personnelle. Pour moi l'histoire fait plus écho à Angel heart de Parker ou Lost highway de Lynch qu'aux "classiques" des road-movies.

La typo du nom a changé, vous en aviez marre ?
Antony : C'était pas calculé... La typo c'est pas une identité forte pour nous, comme ça peut l'être pour Iron Maiden ou Metallica, du coup on a laissé Jérémie faire ce qu'il voulait, l'important étant que ça marche bien avec la pochette.

On vous parle encore de Doggystyle ?
Seb : Ça arrive quelques fois pour Rom et moi. Les 3 autres beaucoup moins puisque qu'ils ne faisaient pas partie de ce projet. C'est toujours un plaisir de recroiser des gens qui te parlent du temps où tu étais beau et jeune.

Vous êtes souvent en concert avec des groupes métal, vous aimeriez davantage de jouer avec des groupes pop/rock voire électro ?
David : Pourquoi pas, en fait nous sommes prêts à jouer avec tout le monde. J'aime assez l'idée d'essayer de rallier un public plus généraliste à notre cause. Tu vois nous sommes un peu des prophètes...

Récemment, vous avez joué à Hénin-Beaumont, la salle de concerts est vraiment bien mais on ne peut pas ne pas parler de politique... Comment vous avez abordé ce concert ?
Seb : Il faut savoir que nous étions programmés avant le changement de municipalité que tout le monde connaît. Ensuite, je pense justement que notre rôle était d'y aller. En temps que musicien tu te dois aussi de ne pas jouer le jeu de ces considérations politiques. Sans entrer dans les détails, nous avons été approchés par les services de communication de la ville et avons refusé leurs propositions en bloc. Nous n'avons jamais été un groupe ouvertement engagé politiquement parlant mais on se refuse d'être instrumentalisés pour des idées qui sont à 100 000 lieux des nôtres...

HeadCharger à Dour 2012 HeadCharger à Dour 2012 Il y a des causes pour lesquelles vous pourriez engager le groupe ?
Antony : Personnellement, je pense qu'être engagé est avant tout ce que tu fais dans la vie de tous les jours, de ce que tu fais de ton argent, de ce que tu fais de ton temps, de ce que tu inculques à tes enfants. Le problème dans la musique c'est que souvent "l'engagement" est avant tout une stratégie marketing. Regarde Rage Against The Machine par exemple, c'est clairement "faites ce que je dis mais pas ce que je fais", ou Jamiroquaï qui se vend en se disant écolo alors que le gars collectionne les Ferrari. Par contre, au jour le jour, on s'engage à notre niveau, on va par exemple jouer dans un centre de détention, ce genre d'actions concrètes nous ressemble plus que de longs discours.

Cet été, il y a quelques festoches de prévus, il y en a que vous attendez plus que d'autres ?
Antony : On est content de faire des festivals, quelque soit leur renommée ou leur taille. L'ambiance des festivals c'est toujours très particulier, tu croises plein de groupes et le coté estival rend les choses vachement conviviales, en général tu y passes donc des supers moments. Je crois que tous nos meilleurs souvenirs de concert sont en festival, notamment l'été où on a joué aux Sonisphere anglais et espagnol, c'était tellement dingue !

Parmi les groupes sur les affiches, il y en a que vous avez hâte de (re)voir ?
Antony : Malheureusement, l'enchaînement des dates fait qu'on ne peut pas rester plusieurs jours sur les festivals. Notamment en septembre où on enchaîne pas mal de trucs, je crois même qu'on fait 3 festivals en 3 jours à 900km les uns des autres ! On passera donc plus de temps le cul vissé dans un camion que dans le public à mater des concerts. Ceci dit, à titre personnel, je suis content de voir Obituary avec qui on joue au Motocultor, par contre on va louper Entombed, ça fait un peu chier ! Mais le jeu des festivals c'est aussi d'y aller en étant curieux et de faire des découvertes.

Vous êtes très actifs sur les réseaux sociaux, j'ai l'impression que y'a même une sorte de dépendance, alors, accro ?
Seb : Aujourd'hui, tu ne peux plus faire autrement. Il faut être présent partout. Les temps sont assez durs pour se permettre de s'en dispenser. Le gros côté positif est de toujours découvrir des groupes, des lives, des démos... bref c'est aussi ça le côté positif.

Lequel préférez-vous ?
Seb : Youtube mec !