Artwork Headcharger - Black Diamond Snake Ca y est, les Headcharger ont atteint leur vitesse de croisière. Après un Slow motion disease qui montrait une évolution vers un stoner plus ensoleillé, les voilà bien calés dans leur style pour enfoncer le clou. Si l'artwork laisse réapparaître les corbeaux et un côté assez sombre avec cette image de bolide pouvant rappeler le Boulevard de la mort de Tarantino, l'album reste très rock. Le "lugubre" reste à l'arrière-plan, c'est davantage sur la vitesse et cette idée de ne pas lambiner que le groupe a voulu insister avec cette image si on la compare aux titres proposés.

Pédales de disto et d'accélérateur sont toujours parmi les accessoires favoris des Normands dont on connaît déjà bien la capacité à écrire de bonnes chansons, celle-ci ne se dément pas avec cette nouvelle cargaison même si ça et là, je les trouve un peu trop "faciles". Ainsi les plans de "Backtracking" et sa rythmique martelée semblent bien moins travaillés que d'autres. Il faut dire que Headcharger nous a tellement habitué à du très bon qu'on leur concède assez mal le moindre relâchement... Et comme on prend un putain de plaisir à sentir nous traverser ce bon petit riff ("Don't wanna change your world"), ce genre de riff qui te fait de l'effet à chaque fois, ce truc bien balancé avec son petit solo enchaîné, cette séquence "classic rock" exécutée avec grande classe...

Bref, quand on prend son pied sur quasi tous les morceaux, on digère mal la baisse de régime passagère. Celle-ci n'a d'ailleurs rien à voir avec la vitesse d'exécution des titres, car lancés sur les chapeaux de roue avec "Land of sunshine", les Headcharger savent gérer le tempo et le ralentir avec brio de temps à autres (le bluesy et délicat "Heads-up" ou le rampant "One night stand" d'où sont extraits les paroles qui donnent leur titre à l'album). Cependant, c'est quand ça trace que le combo donne le meilleur, les quelques secondes de l'enchaînement "I wanna see you die" / "No fate" et leurs rythmes assez élevés semblent d'ailleurs très (trop) longues, tant on voudrait que cette course soit sans fin. Telle celle d'une "Blazing star" (une "comète") brûlante dont les sonorités me rappellent le "Make it burning" des Zoë.

Black diamond snake plaira donc aux fans de gros rock sévèrement burné aux influences ricaines affirmées. Tout comme son prédécesseur Slow motion disease, l'opus est une belle réussite car la moindre note, la moindre mélodie, le moindre tempo est réfléchi et se doit d'être utile à l'ensemble. Encore du beau boulot.