Headcharger live au Splendid de Lille Headcharger live au Splendid de Lille Vous avez 10 ans cette année, vous y pensez ?
Rom : Pas plus que ça parce qu'avant c'était Doggystyle donc on a remis les compteurs à zéro, c'est un peu la même aventure mais y'a deux personnes qui ont changé, les deux guitaristes. Ca fait du bien de se dire qu'on est encore là après 10 ans, on a la gnaque...

Petit retour en arrière avec votre arrivée chez Customcore Records, Caen et la Côte d'Azur, il n'y a pas de lien direct...
R : Il y a la mer ! Ca s'est fait tout simplement, j'avais envoyé une maquette à Mika de Customcore Records pour une chronique parce qu'il a le label et bosse en même temps pour le webzine Nawak Posse, il a bien aimé le skeud, on s'est rencontré au Hellfest 2004, on a eu des galères de place ensemble, j'ai entendu parler d'un "Mika de Customcore Records", on s'est donc présenté, à l'époque on était encore Doggystyle, on a bien sympathisé et ça s'est fait. On connaissait déjà un petit peu les Coriace, on avait joué avec Tripod, on s'envoyait des mails régulièrement. Pour Coriace et Customcore Records, ça s'est fait vraiment naturellement, c'est du copinage, ils ont aimé notre musique et voilà. Tranquillement mais surement !
C'est parce qu'il y a eu Customcore Records qu'il y a eu Coriace ? Ca s'est fait comment car quand vous êtes arrivés, il n'y avait que des groupes Marseillais...
R : Mika avait un peu bossé chez Coriace et il a du pas mal pousser "ces gars ont la gnaque", les Coriace nous connaissaient, on a le même esprit, ils doivent apprécier notre musique. Il y a eu une petite corrélation et ça a roulé
Personne n'avait la gnaque sur Caen ? C'est une ville qui semble assez rock'n'roll vu de l'extérieur...
Antony : Ouais, mais y'a pas beaucoup de structures, à part le label Paranoid Records y'a pas de structures, on avait un tourneur à l'époque là-bas, il a un peu capoté, apparement Paranoid capote aussi un peu. Il y a énormément de groupes mais les gens sont tellement occupés à faire de la musique qu'on oublie qu'il faut des structures, c'est pas trop le délire du bled.
Les jeunes groupes caennais qui montent, c'est qui ?
R : Amanda Woodward (rires). Il y en a un gros paquet, y'a Aussitôt Mort qu'Anthony a enregistré, ça va être vraiment bien, y'a Sickbag qui est déjà bien connu car ils ont pas mal tourné, il y a un groupe de la Manche qui s'appelle Noïd qui fait une sorte de rock métal, y'a les 64 Dollar Question une sorte de Foo Fighters bien péchu, super efficace, l'album sort en février.
A : Dans un autre style y'a The Lanskies, c'est archi pop avec un chanteur anglais, ils viennent d'enregistrer cet été, a priori c'est que des gros tubes, on va en parler...
R : Il y a beaucoup de groupes
A : Ravi aussi
A : Eux sont connus depuis pas mal de temps aussi...

Headcharger live au Splendid de Lille Headcharger live au Splendid de Lille Est-ce que vous ressentez comme une renaissance du rock ces dernières années avec d'autres groupes dans votre style comme Lazy, Houston Swing Engine, Sna-Fu, tous ces rockers qui défouraillent...
R : Tant mieux, c'est cool, ça fait plaisir. Le public suit, c'est une bonne chose.
Seb : Je crois surtout que ça ne s'est jamais arrêté, c'est juste que les gens commencent à s'y intéresser plus, il y a toujours eu des groupes comme ça en France et dans des pays comme la Suède, ça existe depuis longtemps. C'est peut-être un phénomène de mode qui fait que on met tous ces groupes ensemble.
A : C'est une histoire de génération, les Lazy, les Sna-Fu, c'est des mecs qui ont écouté les mêmes styles de zic à la même époque, comme nous, à 30 balais, on assume un peu plus d'avoir écouté Guns N Roses ou Motley Crue qu'il y a 5 ou 6 ans. Dans les compositions, on assume beaucoup plus maintenant, y'a 10 ans quand on faisait des harmonies de guitare, c'était "trop bien mais on va pas le faire".
R : Et cette mode-là était aux Etats-Unis, elle arrive en France...
A : Récemment, on a lu une chronique qui disait que le plus américain des groupes de l'année était français ! Quand tu mates les Américains et que tu vois que eux osent...
Au niveau vestimentaire, ils osent aussi
R : Ouais (rires). Mais à part les chemises, on est un peu vide au niveau tatouage, le Coriace Tour, c'est un peu le problème, on en a parlé tout à l'heure, y'a quasiment pas un tatouage sur tous les groupes.
A : Demain, on va tous se faire tatouer !
R : Tous chez Intermarché pour choper des décalcomanies Malabar !

Regardez le soleil, c'est pas dangereux ?
A : Ca pique !
R : On a tous des lunettes ou des lentilles donc ça a un peu brûlé quand même... (rires)
S : Et c'est celui de Caen, c'est pas trop violent...
R : Et comme y'a toujours un gros nuage devant...
Votre titre préféré sur l'album ?
A : C'est toujours dur de répondre...
Headcharger live au Splendid de Lille Headcharger live au Splendid de Lille Parce que la réponse change ?
R : Ouais, des fois t'es plus d'humeur rentre-dedans, d'autres fois plus posé, rock avec des rythmes différents...
A : De manière générale, je vais dire "Do you think of me", même si c'est un morceau qu'on ne joue pas sur scène, c'est le plus lourd de l'album. On a même lu une chronique cet après-midi où le mec disait que c'était un autre chanteur qui devait chanter dessus (rires). C'est un morceau charnière dans l'évolution du groupe, faire un truc vraiment calme avec que des mélodies, pas de chant gueulé, un passage super ambiant au milieu, il fallait oser le faire. Pour moi, c'est le meilleur morceau de l'album.
R : C'est aussi une prise de risque, une transition car on déjà commencé à recomposer pour un prochain album et s'il y a toujours des trucs qui bourrinent, il y a une évolution, ça suit son chemin.
L'artwork brûle un peu plus que le précédent, c'est plus chaud...
R : C'est Mat de Babylon Pression, un autre groupe de Coriace, il a vraiment aimé notre musique et il s'est lancé, il a eu une totale carte blanche car nous, on n'est incapable de faire un tel truc, il y avait cette nana un peu diablesse, ce côté bien rouge, on a trouvé ça super chouette car on a toujours eu des trucs assez noirs, l'album d'avant la pochette était noire même si le truc d'en-dessous était différent, Doggystyle c'était noir...
A : Et quand tu mates le truc, tu sais pas à quoi t'attendre, c'est pas typé métal ou rock. Ca vient aussi du fait qu'on avait un titre qui s'appelle "Watch the sun", au final il n'est pas sur l'album mais le truc avec le soleil, ça vient de là, Mat a eu carte blanche, il savait ce qu'on kiffait.
Faire du rodéo sur un cul, c'est donc pas un de vos fantasmes...
A : Non (rires)
R : C'est peut-être le sien...
A : En plus, un cul qui crache des flammes...
R : On aime bien le côté chaud bouillant. On joue avec eux dans 2-3 jours, on lui posera la question...
Le CD a une sérigraphie un peu particulière...
R : Ouais, c'est vraiment à part, on a eu plusieurs échos, certains ont reconnu ce que c'est, c'est rare, on aurait pu faire un CD rouge... Là, ça change, la scie circulaire... Pour l'instant, y'a une seule personne qui a reconnu au premier regard...
A : Il bosse dans le batiment ! (rires)

L'actualité chaude, c'est la tournée avec Eths et Watcha, ça se passe bien ?
R : C'est cool, on va pas baratiner, c'est vraiment superbe. On s'entend bien, on a tous des styles un peu différents...
A : Non, moi je trouve que c'est tous des cons. (rires) Je suis surpris car on est 22 à vivre les uns sur les autres dans le tourbus et on s'entend à merveille, on n'a pas une seule prise de tête, on se marre bien. Dans quelques jours, on va les quitter et j'en suis malade, je vais chialer...
R : Et il n'y a pas que les groupes, y'a Juario, Musclor, Anthony qui est à la base notre éclairagiste et qui a intégré le team Coriace pour faire les lights des groupes...
Je les trouve très belles !
R : Très bien, génial. Il a bien travaillé car il connaissait Eths et Watcha comme tout le monde mais il a fallu qu'il fasse des lights pour eux. Chez nous, il fait ça depuis 10 ans, c'est plus facile.
Le public vient quand même d'abord pour Eths et Watcha, quels sont les échos des gens qui vous découvrent sur scène ?
A : On a eu un message pas mal aujourd'hui d'un mec qui doit avoir une quarantaine d'années, qui a amené voir sa fille voir Eths et il nous a dit "Je pensais me faire chier et grâce à vous, j'ai passé une bonne soirée", c'est super bizarre parce que le public n'est jamais le même, hier il était venu pour Watcha, avant-hier c'était pour Eths... On a de supers bons échos...
Headcharger live au Splendid de Lille Headcharger live au Splendid de Lille R : Comme la plupart des gens nous découvrent, on n'a pas cette euphorie, même si ici, ça c'est super bien passé, y'a peut-être plus de gens qui connaissent le skeud. C'est clair que c'est pas de la folie furieuse et tout mais on voit les réactions, les gens bougent la tête et c'est pas dans le mauvais sens ! Ils rentrent dans le truc...
A : Les dernières dates, les gens nous regardent, bougent un peu la tête et écoutent, aprés ils viennent nous dire "wouaw c'est génial", comme ils viennent pour Eths et Watcha, ils se réservent pour la suite... On a eu des échos surprenants par rapport aux réactions qu'on sent sur scène où on a le feeling juste "c'est cool"... Tant mieux ! Ce qui est bien, c'est qu'on est à contre-courant par rapport à Eths et Watcha, on n'a des trucs différents mais les gens peuvent kiffer tout le monde.

Dernière question, elle est traditionnelle chez nous, à laquelle vous aimeriez répondre ?
A : Quelle est ton analyse sociologique de la Schtroumpfette ?
Et la réponse ?
Aprés 2 minutes de monologue sociologique, interrompues par le débarquement des Eths qui se préparent à monter sur scène, Anthony achève sa dissertation par une conclusion explosive : "la Schtroumpfette dans le village des Schtroumpfs, c'est un peu Candice dans le tour bus !"