metal Métal > Grip Inc.

Biographie > T'as la grippe ?

1993, Dave Lombardo, alors en bisbille avec ses vieux comparses de Slayer, fonde Grip Inc. avec Waldemar Sorychta, guitariste de Voodoo Cult. Il s'adjoint aussi les services du chanteur Gus Chambers (qui vient du punk) et de Jason Viebrooks à la basse. Avec ce line-up, le groupe sort deux albums, Power of inner strength en 1995, et Nemesis en 1997. Ensuite, Stuart Caruthers prend le manche de la basse pour les albums Solidify en 1999, et Incorporated en 2004. Cette relative stabilité permet au groupe de sortir quatre albums de thrash bien ficelés avec une identité propre, malgré le passif de Lombardo au sein de Slayer. Cette identité, on la doit au jeu si particulier de Waldemar Sorychta à la guitare, et c'est aussi lui qui produit tous les albums du groupe (il n'en est pas à son coup d'essai, puisqu'il a produit aussi Tiamat, Samael, Unleashed, Moonspell, Therion, et Lacuna Coil, entre autres). Grip inc. ne serait pas le même sans le chanteur Gus Chambers. Avec son passé punk pendant l'âge d'or en 1977 en Angleterre, il sait ce qu'est la scène, les tournées à l'arrache, et surtout, il maitrise sa voix de façon exemplaire. Il est aussi à l'aise dans les morceaux de bravoure hurlés que dans les moments plus intimistes, donnant ainsi aux compos une réelle profondeur et une certaine puissance narrative.
Maintenant que Dave Lombardo a rejoint Slayer, qu'il continue le projet Fantômas aux côtés de Mike Patton, et surtout que Gus Chambers s'est donné la mort le 13 octobre 2008, le futur du groupe est plus que compromis...

Grip Inc. / Chronique LP > Nemesis

Grip Inc. - Nemesis ... Ou l'art de reprendre les choses là où on les a laissées, et aller un peu plus loin. Nemesis, ou cette sentence de mort qui te pend au nez. Grip inc. a l'intelligence de ne pas se disperser, de garder son identité, d'aller plus loin... Car loin de rester dans le registre thrash, ils ont osé aller de l'avant. "Pathetic liar" ouvre le bal, si j'ose dire, et pose ainsi le débat : du précédent, ils ont gardé le meilleur ! Riffs vindicatifs, paroles à l'avenant, bordel ça promet ! Dave toujours au taquet, Waldemar incisif, Jason inébranlable, et Gus impérial, ni plus ni moins. Et ce n'est pas "Portait of Henry" tiré du film du même nom qui me fera dire le contraire. Acidité des riffs, rythme tendu, l'ambiance est posée. En parlant d'ambiance, "Empress (of the Rancor)", met en situation, roulements et frappes de toms, guitares suggestives, Gus chuchote, gus hurle, ça le fait ! Formant un diptyque avec "Descending darkness", où, pour la première fois, le groupe s'essaie aux claviers (l'influence Waldemar) pour un rendu saisissant d'évocation, un must ! Retour aux sources avec "War between one" dans la même veine qu'"Henry"... le break plombé en plus. C'est presqu'un amuse gueule avec ce qui suit. "Scream at the sky" et ce riff absolument diabolique, évocateur?... la grande classe, y a pas à dire. Gus en pleine possession de ses moyens, quoi ! Grip inc., c'est aussi l'art de balancer des morceaux apparemment simples mais qui finalement s'avèrent complexes, comme "Silent strange" et "the Summoning", qui à leurs façons arrachent la tête. L'un faussement rapide, et l'autre, trompeusement simple. Chacun regorge de plans ravageurs. "Rusty nails" ou presque le morceau parfait, en tout cas, on n'en est pas loin. Tout y passe, la puissance, la technique, l'émotion. Cette alchimie complexe, qui à mon sens, fait défaut à beaucoup de formations actuelles, se retrouve dans "Myth or man". Que dire ? Ce groupe est une symbiose parfaite entre 3 personnalités distinctes, un batteur, un guitariste, un chanteur, c'est définitif. Jamais, dans tout ce que j'ai pu écouté en Metal, un groupe comme Grip inc. n'a pu me faire passer autant d'émotions, et avec cette force. Je n'arrive pas à l'expliquer, mais les plus sceptiques, n'auront qu'à écouter "Code of silence" pour s'en rendre compte...

Grip Inc. / Chronique LP > Power of inner strength

Grip Inc. - Power of inner strength Tout commence par cette intro... qui nous met au parfum, cet album, plus qu'un disque de Slayer, sera percussif, limite tribal, où des éléments indus s'immiscent... Et là, première claque, "Savage seas (Retribution)", pose d'emblée la problématique, ça ressemble à du Slayer, mais non, il y a un truc de différent, la voix, les guitares, même la batterie en fait. Même si ce morceau pourrait être d'époque Reign in blood ; quelque chose s'en démarque. Rien que le final, hurlé, est terrible. Et ça enchaine direct, avec "Hostage to heaven", titre phare à fond les ballons, qui lui aussi ne dépareillerait pas sur un album de Slayer... Alors, où est la différence avec le groupe sus-cités ? La voix de Gus Chambers, absolument hallucinante d'intensité (pour moi une des meilleures voix metal), ce mec semble possédé par ce qu'il chante, et aussi Waldemar Sorychta qui n'est pas Kerry King ; son jeu est plus fin, sinon plus technique. C'est, en plus du jeu de Lombardo, ce qui fait toute la différence... "Monster among us" nous apporte la preuve, cette intro, puissante, évocatrice, toute en contre-temps, est réellement superbe et permet au chanteur de faire la preuve qu'il n'est pas qu'un hurleur, bien au contraire ! Et le morceau, bien que gardant la même structure, reste à l'avenant. Ainsi que le suivant "Guilty of innocence", quelle intensité, bordel ! Roulements de toms, breaks de tueurs, voix de fou furieux... C'est là qu'on se rend compte du travail de prod, on entend distinctement tous les instruments, un son maousse, génial ! Aussi à l'aise dans les tempi rapides que dans les plus lents, Grip inc. nous montre son savoir-faire et "Innate affliction" avec son break "tribal" et surtout "Colors of death". Tout tue dans ce titre, le rythme, les guitares, le chant, les breaks... Ce qui me fait croire que Grip inc., avec son thrash de haute volée, était bel et bien en avance sur son temps.... Et ce n'est pas "Ostracized" qui me fera dire le contraire ! Aaaah ce refrain "He is the man under the bridge ! ".Autre démonstration avec l'intro de "Cleanse the seed", hispanisante en diable, qui rencontre la puissance heavy du metal (est-ce que je vous ai dit que Lombardo, frappait ses fûts comme un damné ? non ? Et bien là...) pour terminer sur un final apocalyptique. Cette Fin du Monde, qui pour moi, n'a jamais eu d'aussi belles illustrations que les deux derniers morceaux. "Heretic war chant", titre que j'écouterai au casque, lorsque je sortirai d'une tranchée l'arme au point et surtout "the Longest hate". Le jeu de Sorychta, ainsi que celui de Lombardo, y est impérial pour le premier. Et pour le second... Putain de bordel ! Cette intro de basse, cette frappe de batterie, ces riff sde tueur, ce refrain, cette ambiance !!! L'Armageddon est proche, et Grip inc. nous le fait savoir de la plus belle manière. Cette inexorabilité du Jugement Dernier est si bien retranscrite que l'on tombe volontiers à genoux...
Et moi qui ai eu la chance de les voir en live, lors de cette tournée, je peux vous dire que sur scène, Grip inc., ça ne trichait pas. Presque le groupe que la tête d'affiche (à l'époque Kreator) n'aurait pas du inviter. Tout le public, aprés la prestation de Grip inc., était sur les rotules...