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Grand prédateur est un duo de math rock français, composé de Damien à la guitare et de Robin à la batterie, les deux étant vocalistes du groupe. Ces deux musiciens sont des anciens de la formation métallique rouennaise Extreme Cherokee. Ils n'ont qu'un seul opus à leur actif, un album éponyme auto produit sorti en 2009 librement téléchargeable sur leur site officiel.

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Grand Prédateur Le très court "Requin blanc" (le plus bref de l'opus) débute l'album éponyme du duo Grand prédateur. Un titre fort bien trouvé n'est-ce pas ? Cette chanson, sur ses trente premières secondes, rappelle immédiatement le Mastodon de la période Leviathan, la suite fait penser aux regrettés Raging Speedhorn mais en nettement plus brutal, sans doute grâce aux blasts beats qui clôturent le titre. Bizarrement, je trouve que ce titre est une mauvaise introduction pour cet opus, le morceau suivant "Scott Kelly on a horse" aurait été une formidable entrée en matière. Justement parlons-en de ce titre. Tempête, orage, houle, désespoir, colère, folie voilà ce que m'inspire le début de ce morceau. A l'écoute de ce titre on a comme l'impression d'être dans un bateau pris dans une grosse tempête en pleine mer. La tempête, l'orage, la houle, c'est ce rythme et cette mélodie qui vont et qui viennent lentement. Le désespoir, c'est ce qu'évoque justement la mélodie, triste sans pour autant être apocalyptique. La colère, c'est le rythme qui s'accélère radicalement par la suite, noyé dans un nuage de riffs. La folie c'est la voix bizarroïde (comme me le disait Damien dans l'interview du groupe, c'est celle de Robin qui aime bien faire l'intéressant) qui n'aurait pas fait tache dans le film L'Exorciste. S'en suit une montée en puissance phénoménale, coupée par la houle entendue au début du titre. Puis le calme, suspens quasi cinématographique, pour une fin en fracas, le bateau prend l'eau, nous sombrons dans les abysses. Autant vous le dire de suite, le reste de l'album est moins propice aux images. Ça enchaine direct avec "Over the top" dont la mystérieuse introduction fait un peu film d'horreur, rapidement suivi d'un riff qui peine à cacher son accent Punk/HxC, puis la rythmique si chère au groupe de mathcore/math metal prend le dessus, du coup le titre prend un aspect très Converge/Dillinger Escape Plan qui s'estompe rapidement pour laisser sa place à une rythmique plus lente et des riffs plus lourds, plus metal. Le titre suivant a pour nom "Discipline et honneur", lequel me fait grave penser à Biohazard, Hatebreed et tous ces groupes de hardcore (que j'aime bien) donneurs de leçons. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette chanson est, à l'instar de tous les titres de cet opus, hurlée dans la langue de Shakespeare. Si le début du titre sonne assez Hardcore, un bref interlude métallique (voir metalcorique), laisse place à une fin punkisante à souhait. Le titre suivant "Royal Savannah" se démarque grâce à un début rock'n'roll, puis passe du rock'n'roll (bourrin, faut-il le préciser) au hardcore et du hardcore au metal. "Wild Canyon adventure" lui sonne metal du début à la fin, voir même thrash metal vers la fin, il s'agit de l'un des rares morceaux de l'album à ne pas avoir de penchant punk/HxC. Le titre "Harmonic distorsion" est lui bien plus brutal que ses prédécesseurs, quasi extrême, presque black metal, il débute par un matraquage de fûts très typé math metal sur fond de riffs qui montent petit à petit, pour déboucher sur une explosion de rage, probablement le titre le plus "énervé" de l'album. Paradoxalement ce titre a un petit coté rock'n'roll. Le bref morceau suivant intitulé "Mustang full power", est lui aussi assez brutal, on y retrouve les mêmes voix que sur "Scott Kelly on a horse". L'album se clôture par "Madagascar", le plus long de cet opus, bien que ce titre soit assez thrash, il se termine de façon calme, très calme, ce qui contraste vraiment avec tout le reste de l'album.

Les membres de Grand prédateur ont beau prétendre faire du math rock, à l'écoute de ce LP on ne peut qu'en douter, c'est peut-être math, il y a des guitares et de la batterie, donc techniquement ça pourrait être du rock, mais force est de constater que l'ensemble sonne quand même très metal. Peu surprenant quand on sait qu'ils revendiquent eux-mêmes leurs influences metal (death et grind en l'occurrence), ce qui l'est plus, c'est l'omniprésence de l'influence punk/hardcore. L'influence d'Extreme Cherokee quant à elle est présente tout au long de l'album, mais est-ce bien surprenant ? Comme pour chaque album de math rock/math metal, les titres de cet opus sont imprévisibles à la première lecture, autrement dit à l'écoute du début du morceau on est incapable de savoir comment ce-dernier va se terminer. Bien souvent les titres passent du hardcore au metal, du metal au punk et du punk au rock 'n' roll, ce qui fait que chaque titre est varié et ne laisse pas le temps à l'auditeur de s'ennuyer. Je dois avouer à ce propos que c'est l'un des albums de math rock/math metal les moins barbants que j'ai pu entendre. Paradoxalement, si chaque titre est varié et arrive a nous surprendre de seconde en seconde (la première fois), passée l'écoute de deux ou trois titres, l'album lui ne surprend pas, ce petit reproche est bien évidement applicable à 95% (voir plus) des groupes de metal. Néanmoins, malgré une production un peu crade (c'était peut-être le choix des artistes), on a affaire à un bon album.

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