Gojira live à Calais Gojira live à Calais L'album est sorti il y a un an déjà, quel bilan faites-vous...
Oula... (ils cherchent l'appui d'un de ses comparses)
Et non, ils sont tous partis ! (rires)
Quel bilan fait-on ? On a vendu des CDs, on a fait des concerts, c'est cool.
Et plus concrètement ... vous aviez des attentes, des objectifs en sortant l'album ?
Ouais, mais qu'est-ce que tu veux savoir ? Combien d'albums on a vendu ?
Pas forcément le chiffre mais savoir si ça correspond à ce que vous espériez ?
En France, ça ne vend pas beaucoup, ça tout le monde le sait. Et nous, on n'a pas fini de bosser sur l'album, quand on l'a sorti, on pensait plutôt à l'Europe, notre but, c'est de le vendre dans toute l'Europe. Et c'est pas prétentieux, pour s'en sortir, on est obligé, c'est ça qu'on cherche à atteindre. C'est pas encore l'heure du bilan.
Mais il n'est pas sorti ailleurs qu'en France ?
Non, mais il va bientôt sortir en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Suisse, en Espagne, on est en train de bosser l'Angleterre, on a plein de plans mais ce que je te dis là, c'est bien concret, y'a qu'à pousser un peu le truc et c'est bon.

Les gens qui ne sont pas forcément amateurs de death peuvent vous apprécier, ms les fans hard core de death, ils ont reçu comment l'album ?
Il y en a quelques uns qui sont réticents. A notre concert il y a plusieurs sortes de personnes qui viennent, même si chaque personne est différente, je n'ai jamais rencontré vraiment une catégorie, on rencontre des gens différents, chacun arrive avec une vision différente. Il y en a qui viennent et qui me disent "je croyais que c'était du néo-métal" (rires), d'autres qui croyaient que c'était du black, d'autres un spectacle de danse, on voit vraiment de tout ! Et il y en a qui ne sont pas déçus, c'est ça qui est cool. On a entendu "moi j'écoute que du rap, je croyais que c'était un spectacle de danse mais j'ai bien aimé". C'est cool, objectif atteint, c'était ça notre objectif, toucher un peu tout le monde. Même si on ne vend pas 10.000 albums, dans ceux qui nous écoutent, il y a un peu de tout.

Le titre Terra incognita peut être compris de différentes façons, laquelle vous plaît le plus ?
Nous on a voulu exprimer quelque chose, ensuite, il y a différentes interprétations et toutes sont intéressantes. Un mec m'a demandé il n'y a pas longtemps si ça voulait dire qu'on se lançait, c'était notre premier disque et qu'on ne savait pas trop ce que ça allait donner. Il y en a qui le comprennent dans ce sens là et on n'y avait pas pensé, mais c'est très intéressant parce que quelque part c'est vrai. Pour nous, c'est assez spirituel comme titre, ça parle de ce qu'on a à l'intérieur et qu'on ne connaît pas encore, et quand je dis "on", c'est l'humanité entière, c'est dans ce sens là.
Moi je voyais aussi le clin d'oeil à l'Amérique qui était notée "Terra incognita" sur les cartes du Moyen Age…
Exact, c'est ça, c'est exactement ça, c'est une référence aux anciennes cartes. On estimait qu'il devait y avoir quelque chose par là-bas mais on ne savait pas trop, on imaginait ceci celà, on dessinait des dragons tout un tas de trucs, on notait "Terra incognita" et on ne savait pas comment y aller tout simplement. Aujourd'hui, j'ai l'impression que l'humain ne s'est pas encore trouvé, la plupart des gens en tout cas.

Les paroles sont peu réjouissantes, d'où vient l'inspiration ? La vie dans les Landes n'est pas si difficile que ça...
Mais on ne sent pas Landais ! On ne sent pas spécialement Landais, personnellement, je me sens sur la Terre, je me sens terrien, je me sens humain. Souvent on dit "les Landais...", ça ne veut rien dire, notre mère est américaine, ses grands-parents viennent des Açores, une île au milieu de l'Atlantique, notre père est français, Jean-Michel est plutôt basque, il n'est pas Landais non plus. C'est vrai qu'on répète dans les Landes, on habite dans ce coin-là mais on ne sent pas Landais, on se sent concerné par la terre, par la situation de l'humanité. L'humanité, la plupart des gens, est en sale état, le niveau de conscience est assez bas. C'est peut-être pour ça que c'est assez sombre. Pas mal de gens nous le disent que c'est sombre, mais moi je vois quand même de la joie dedans.
Ouais (pas convaincu)... que cachent les titres en "trillions de tonnes", quel est la signification de ces titres ?
Il y en a un c'est en trillions de tonnes et l'autre en quatrillions et en fait, ça fait une énorme différence, les trillions de tonnes, c'est la masse de la Terre. Si on pouvait la mettre sur une balance, ça péserait 5988 trillions de tonnes et le poids du soleil c'est 1990 quatrillions de tonnes. La Terre est des milliers de fois moins lourde que le soleil, il faudrait en parler longtemps pour que ce soit clair... Le morcecau qui porte le titre de la Terre, c'est avec celui-là qu'on commence le concert, c'est lourd, on parle du poids de la Terre, c'est assez imagé, enfin, ça ne parle pas (c'est un instrumental) mais ça raconte quelque chose, n'importe quel son raconte quelque chose, là, c'est une énergie un peu sourde... L'autre morceau, c'est un assemblage de cris de gens qui constitue notre entourage, ça représente beaucoup de poids, c'est vrai que ça a l'air assez désespérés comme cris mais en même temps, ce sont des cris qui sont lâchés et ça évoque le poids du soleil, ça a plus de poids que la Terre... je m'embrouille non ?...
Gojira live à Calais Gojira live à Calais Il y a un autre instrumental qui est "04", parce que c'est la quatrième piste ?
Oui, on n'avait pas de titre... Là, il n'y a pas de sens caché. Il y en a peut-être un... mais on n'est pas au courant...
[le micro du MD à commencer à merder style "on est au milieu d'une tempête dans le Pacifique Sud", la retranscription est donc parfois approximative]
En live, c'est assez impressionnant, surtout la mise en place, il n'y a pas une seconde du concert qui soit laissée au hasard, il y a des transitions, surtout par la batterie qui lie un peu tout, il y a une raison particulière ?

Mario : Toi, tu perçois qu'il y a beaucoup de batterie, c'est vrai qu'il y en a pas mal. Mais pour moi, c'est normal, la batterie, c'est un peu le poumon du groupe, il y a beaucoup de percussions. Moi je joue les transitions en fonction de mon état, si j'ai le coeur qui bat très vite, je pose mon coeur avec un tempo lent, ou l'inverse. Ca sort naturellement.
Joe : Et puis ça fait un petit moment qu'on joue, au fur et à mesure des dates, ça s'affine, c'est de mieux en mieux. Le set évolue dans certains points, ce n'est pas spécialement prévu et répété, ça vient instinctivement.
Au niveau du jeu, c'est très technique, ça ne vous empêche pas de bien bouger sur scène, il faut une sacrée maîtrise...
Ca me fait toujours bizarre quand on nous dit qu'on est technique. On nous le dit souvent donc ça doit être vrai. Il y un gros travail en répétition mais pour nous, c'est plus de la composition recherchée que de la technique. On ne cherche pas à faire des trucs super techniques avec des solos dans tous les sens, on préfère réflcéchir aux morceaux, on constrtuit quelque chose tous ensemble... Mario est technique, mais nous...

Et Empalot arrive bientôt, pourquoi ?
C'est Empalot, tout le monde dit [Empalotte], c'est marrant. Ca va sortir fin mai c'est carrément autre chose.
M : C'est bizarre que tu nous en parles parce que c'est un autre groupe, ça n'a pas grand chose à voir avec Gojira...
Moi, j'en parle parce que je sais que c'est le side-project de 2 membres de Gojira...
Que te dire sur Empalot... C'est difficile de faire une transition alors qu'on parle de Gojira, il faut écouter, il faut venir nous voir en concert...

Bon, retour à Gojira, vous venez de participer à la soirée "Fer de Lance" avec 4 groupes Bordelais, la greffe a bien pris ? Ce sont tous des groupes qui se connaissent depuis très longtemps et qui avaient participé à la première soirée...
Ouais, ça c'est super bien passé, on a joué premier, on a fait les balances en dernier donc c'était un avantage. Quand tu fais les balancees, tu poses ta gratte, tu reviens pour jouer, rien n'à bouger, c'est autre chose. Ca a l'air con, mais jouer en premier, c'était bien pour nous. Avec les autres groupes, on se connaissait quand même un peu, plus Oversoul. C'était super bien, une bonne partie de la salle nous attendait, c'était une très bonne soirée avec le public et avec les groupes...
Cette soirée était un peu le signe de la diversité et de la richesse du métal en France, il y a de moins en moins de barrière entre les styles ? Parce qu'entre Nihil et Gojira...
Oui, un groupe de death peut jouer avec Watcha, y'a pas de problèmes...

Là, vous faites quelques dates avec Hertz and Silence et No Flag puisque vous avez le même management (Sphere) et le même tourneur (Hypnoise), comment s'est faite la connexion avec Richard ?
C'est un petit milieu, le milieu du métal en France, c'est tout petit. Lui chercher à faire produire le premier album de Hertz, nous, on avait notre album et on cherchait un management, voilà...
En concert, on peut entendre deux nouveaux titres, un vieux qui sera surle nouvel album et un nouveau mais j'ai lu qu'il ne sortirait pas avant en mars 2003, c'est pas pour tout de suite...
Ca prend du temps, mais il faut aussi qu'on termine la promotion de l'album, on met du temps à composer. Le premier album est prêt depuis très longtemps, on avait le matos et la patate, on voulait enregistrer, on a écouté divers trucs, le Watcha était super bien enregistré du coup on est parti à Bruxelles et en 10 jours on a enregistré. On s'est retrouvé avec un disque et pas de label, pas de maison de disque, pas de management, rien. Et puis on a rencontré Richard, on a monté notre boîte de production, Gabriel, et on a préparé la sortie de l'album... C'est vraiment beaucoup de boulot, ça a pris prés d'un an.
Pour le nouvel album, ce ne serait pas mieux de décrocher un contrat avec une major ou un bon label que de le sortir vous-mêmes ?
Ca dépend ce que tu appelles mieux (rires)
Au niveau financier, du temps, des investissements promo...
Une des raisons pour laquelle on a créé Gabriel, c'est qu'on aime bien tout gérer. On n'a pas envie que des gens prennent des décisions à notre place. Ca nous prend énormément de temps, de travail mais on fait ce qu'on a envie de faire, on garde vraiment notre liberté à tous les niveaux et pour nous, c'est ce qui est le plus important.