Gojira : live à Calais (2006) Gojira : live à Calais (2006) Il fait beau, il y a du monde et si l'attente pour atteindre le guichet n'est pas désagréable sous le soleil, elle me fait rater les premiers titres de Dee N Dee... Le quatuor revient sur le devant de la scène avec une nouvelle formation (Yoann aux samples, Loïc à la batterie) mais toujours un gros son indus et des compos à la Ministry (période The mind is a terrible thing to taste / Psalm 69 : the way to suceed and the way to suck eggs). Aux riffs entêtants et machinaux, la basse répond par un jeu sans médiator qui donne davantage de contour aux notes rythmiques de la batterie qui font plutôt dans le tranchant... Le sample n'est pas aussi présent que par le passé, son intégration assez récente lui laisse une grande marge de "progression" dans la construction des titres. Au chant, Carl ne cherche pas forcément l'originalité (encore une fois plane l'ombre de Ministry et donc d'Al Jourgensen) mais tient la baraque et une partie du public fait chauffer le pit, préparant le terrain pour Gojira...
Sans trop de surprise, c'est le sample de "Ocean planet" qui rameute le public (composé de plus en plus par de jeunes ados et de collégiennes, c'est hallucinant !), sur cette grande scène, les premiers riffs sont lachés et le groupe occupe déjà tout l'espace... Pas de répit avec le "Backbone" enchaîné, tout comme sur la première partie de la tournée mais la set list évoluera par la suite en gardant un savant mélange de gros "vieux" titres ("Remembrance", "Clone", ...) et extraits de From Mars to Sirius ("Flying whales", "Unicorn", "The heaviest matter of the universe", "To sirius"). Les changements les plus marquants pour les habitués de Gojira en concert sont tous deux relatifs à Mario... Il joue désormais avec un écran géant derrière lui, y sont projetées des images fixes et mobiles (des croquis scientifiques comme des baleines) et surtout, il se repose entre la majorité des titres... Alors qu'il semblait ne jamais s'arrêter en multipliant les interludes, là, il n'en fait plus que quelques uns et a rangé son solo dans ses cartons, les batteurs peuvent donc vivre une soirée plus tranquille, ils ne sont plus totalement dégoutés... Car pour le reste, ça joue encore mieux et avec un relachement incroyable qui leur permet de bouger comme jamais en envoyant du lourd... Le public est déchainé, scande "Gojira ! Gojira ! Gojira !" aprés juste quelques titres alors qu'ils se réaccordent, l'ambiance est excellente et le quatuor n'aura de cesse de remercier l'assistance par des "merci" ou des petits gestes de sympathie... Malheureusement, la débauche d'énergie ne peut s'étendre éternellement et aprés un rappel (trop court à mon goût), les Gojira nous abandonnent (enfin presque, puisque Christian descend directement dans la salle !) pour partir à la conquête du monde (Belgique, Pays-Bas, Angleterre et Allemagne sont à leur menu dans les prochains jours...).