metal Métal > God Damn

Biographie > Oh my God(e)

Novembre 2004, du côté de Lyon, une soirée un peu trop arrosée, des zikos qui s'enflamment comme on le fait parfois entre potes, qu'on se tire la bourre en échaffaudant des plans pour dominer le monde... ou à la limite faire de la musique ensemble. Bref, au détour d'un énième délire éthylique, God Damn, side-project de ses différents membres, voit le jour avec la ferme intention de bouleverser l'Histoire du rock... euh non, de faire de la musique avec les buddies et de se défouler à cinq dans le camion et "on stage". Leur influence ? le stoner metal bien crasseux qui fleure bon les marécages de Louisiane. Tout un programme.
En 2007, le combo sort une première démo, tourne avec Alabama Thunderpussy, Firebird, Phazm et Zuul FX avant de se mettre en tête de faire comme les grands et d'enregistrer un album long-format. 10 compos mise en boîte plus tard et voici que déboule Old days, un premier brulot qui sent le souffre et le whisky pur malt...

God Damn / Chronique LP > Old days

God Damn - Old days Stoner et metal, deux mots qui font qui titilleront l'épiderme de tout bon amateur de Down, Crowbar et autres Corrosion of Conformity. Coup de bol, ce sont là quelques unes des influences affichées et parfaitement assumées par les lyonnais de God Damn. Et Old days est leur profession de foi. Un disque en forme de communion solennelle à ce style qui prône l'affirmation de soi par un gros déballage de riffs qui dépouillent et une consommation irraisonnée d'alcool en tous genre. Sans parler du reste, ces préceptes une fois respectés à la lettre, le plaisir est divin... Adepte d'un gros stoner bruyant et mal dégrossi aux effluves sludge metal, God Damn ne se contente pas de reprendre l'héritage de ses maître pour les réutiliser à sa guise. En bon disciple qui se respecte, le combo Lyonnais maîtrise le tout à la Force du manche et se laisse aller sans ciller pour s'offrir une bonne vieille séance de concassage de tympans dans les règles de l'art.
"Landing for my pride" lance les hostilités et envoie dès les premières minutes du gros son, bien gras, où la rugosité se dispute à la lourdeur, où puissance des guitares et mélodies marécageuses ne font plus qu'une. Les guitares sont de sorties et pour le coup, elles sont méchamment affutées. Section rythmique qui ne déborde jamais du cadre et qui se complait avidement dans le pilonnage systématique, un chant charismatique comme pas deux et en prime quelques soli bien bétonnés jusqu'au trognon, "When I used to have a kingdowm for my own for myself" ne laisse aucune incertitude sur le bord de la route, God Damn ne compte pas jouer petit bras. Et là, après deux petits titres seulement, on se prépare à encaisser et assister à la démonstration. Hargneux. La suite sera sensiblement du même acabit : entre un "Dying in a hole" aussi explicite qu'incandescent et un "Lies" au riffing qui vient hacher menu les tympans les plus délicats, God Damn fait "mâl(e)" mais semble encore en avoir sous la pédale. Pour preuve, les lyonnais nous assènent un "Unjailed" en frontal qui ne fait toujours pas de quartier. Ici la dentelle, connaît pas. A l'image de son artwork, Old days est de ces disques bien heavy qui ne se privent pas de se laisser aller aux tentations hardcore sludge pour muscler un peu plus un propos déjà chargé en testostérone. Etouffant...
Décidé à désencrasser sauvagement les cages à miel de ses auditeurs, le quintet met le paquet et fonce droit devant. Verdict ? Grosse baffe dans ta gueule et puis c'est tout. Au rayon tuerie, on se farci donc au choix : du vieux hard-rock foutrement alcoolisé ("Hangover") ou du stoner metal qui provoque un séisme dans le studio (l'éponyme "Old days") ; et à chaque coup de boutoir, les God Damn tapent tout pile dans la cible. Ils sont comme ça les gaziers, ils veulent s'éclater mais ne sont pas non plus venus là pour plaisanter. En clair, ça bastonne sec et ça éparpille la concurrence façon sport... Les réfractaires au genre pourront fuir dès les premières minutes, les autres viendront avec l'assurance de prendre leur rasade de rock viril hebdomadaire et repartiront chevaucher leur Harley le sourire aux lèvres... ("Break the thunder" et ses lignes de grattes que l'on dévore avec l'appétit d'un vélociraptor en mode "post grève de la faim"...). Après la petite sensation forte signée Addicted il y a quelques semaines, voici que débarque God Damn avec sous le coude un disque bien brûlant et sauvagement burné. Et là on se dit qu'on a peut-être mis la main sur le Down hexagonal... rien que ça. Hell yeah !