ghost_orchid.jpg Elle est bien difficile la trajectoire des groupes émo-metal qui veulent percer de nos jours dans l'hexagone. Crise d'une industrie qui ne sait plus où elle va (et dominée par des patrons qui marchent sur la tête), crise des labels qui ne savent plus s'ils peuvent encore se permettre de prendre des risques ou tenter de miser sur le plus mainstream possible afin de survivre, crise du genre en lui-même enfin depuis que l'étiquette "émo" a perdu toute crédibilité après qu'une véritable déferlante de groupes tous plus mauvais les uns que les autres se soit abattue sur les bacs du monde entier. Difficile donc de percer avec tous ses handicaps... Très difficile. Trop pour certains, mais si Ghost Orchid n'a pas échappé à la règle, le groupe a le mérite d'avoir su tenir bon. Après avoir autofinancé sa première démo, le groupe a continué contre vents et marées et se voit un peu recompensé aujourd'hui puisque son EP éponyme fait l'objet d'une véritable distribution via Dead Rock Industry.
Du point de vue de la musique, Ghost orchid n'est pas foncièrement révolutionnaire : on passe ici d'un rock teigneux à un émo flirtant avec le post-hardcore. Mais le combo parvient à s'en sortir un peu mieux que beaucoup d'autres et surtout, cherche à ne pas trop s'enfermer. Ruptures de rythmes, guitares acérées, structures moins basiques que d'ordinaire pour un groupe émo. On pense aux Lostprophets, à Silverstein ou aux débuts de Feverish, mais le combo semble se foutre royalement des étiquettes. Il en résulte des compositions relativement variées entre passages de chant clair et vocaux hurlés, riffs puissants, mélodies torturées et atmosphères plus apaisées. Ghost Orchid parvient à trouver ce petit "truc" en plus que beaucoup n'ont pas et qui le fait sortir du lot. Preuve en est sans doute le fait d'avoir ouvert récemment pour Cult of Luna. La prod est relativement honnête et l'ensemble, compact et homogène mise sur l'efficacité sans être impersonnelle ou calibrée. Petit bémol tout de même les textes qui malgré leur évidente sincérité et la volonté affichée par le groupe d'être relativement percutant ("J'assassine", "Manifeste"), sont parfois un peu naïfs par leur côté à fleur de peau. Pas mal donc, même si pas encore transcendant...