metal Métal > Frrt > Chronique EP / Cowboys from bled

FRRT : Cowboys from bled Cowboys from bled, averti dès la pochette : -Ladies & Gentlemen, we are playing without lyrics-. Un groupe qui ose dire qu'il chante en yaourt, alors que d'autres tentent vainement d'arborer un bredouillant accent anglais tout pitoyable, un groupe spontané avec un chant instrumental et qui de plus le fait bien. Cowboys from bled, c'est 5 titres noirs et contrastés à l'image de la pochette, hommage à un tord-boyaux illustre et à Pantera, sûrement utile aux chanteurs dans leur exercice sonore. Titres bruitistes, avalanches saturées, le maëlström métallique distillé par Frrt expugne la rage et la noirceur, le tout bercé par un son gras à souhait, avec des riffs de grattes malicieux, jubilatoires et compacts. "Once upon the time in the bled" ne dure pas deux minutes mais donne la direction du groupe, direction accentuée dès "Cocoboy" avec ses riffs sacadés, hachés et un chant sous forme d'une troisième guitare. "Les dents de la merde" (poésie quand tu nous tiens) déboule à cent à l'heure et alterne passages très très lourds et ceux très rapides, une batterie un peu brouillon mais qui donne une atmosphère chargée et dense, un brouillard métallique étouffant débouchant sur une mort lente et douloureuse.
Le bled est terre de contraste, la preuve en musique avec "Strong beer prophecy" et sa durée fleuve, un riff lent et qui ne cesse de ralentir puis de hurler, le tout enchaîne après une période de silence sur un passage épicé, oriental et aérien, pointe de légèreté dans cet album en plomb massif. Un effort à l'image du final "Delirium tremens" et ces cris porcins, 5 titres denses dignent de servir de sarcophage à Tchernobyl.

Pooly
Novembre 2005

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