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Biographie > Defragmentation métallique

Originaire de Rouen, Fragments évoluent dans des courants metal hardcore rock à la personnalité affirmée et aux riffs en acier trempé. Fondé courant 2003, a connu divers bouleversements de line-up, pour se stabiliser fin 2005 avec : Franck Laurens (batterie), Arno Begic (chant), Arnaud Gris (guitare) et Vincent Repel (basse). Après une maquette interne début 2006, le premier maxi est enregistré début 2007 au Studio Quasar sous la supervision de Flavien Dugard, lui-même anciennement membre du groupe. Quelques semaines plus tard, le groupe est séléctionné par le webzine French Metal pour apparaître sur la compilation Hors des sentiers battus et tourne notamment en première partie de L'Esprit du Clan, des Tagada Jones ou de Headcharger. Mars 2008, Instable, premier EP signé Fragments devient disponible.

Fragments / Chronique EP > (...) instable

fragments_instable.jpg (...) instable, un artwork plutôt raffiné signé Aurélie Mailly, une mise en route rock, légère, assez délicate puis le choc... la collision frontale des guitares et d'une batterie qui rase tout sur son passage, Fragment passe en un quart de seconde du rock aéré à un metal hardcore rock sauvage et compact qui nous fait chanceler. Un break à l'image de l'intro, une mélodie affirmée mais allègre avant, de nouveau, le retour aux grosses guitares, "Spina Ventasa" est le théâtre de l'affrontement des genres, où quand un groupe ne peut s'empêcher de dévoiler dans un même morceau les deux visages de sa musique. Bicéphale et ravageur. La recette est à peu près la même sur "Poison" et les rouennais démontrent que l'étiquette metal hardcore rock n'est en rien usurpée. Des mélodies émo surmontée d'éclairs de rage brute, une mélancolie torturée, déchirée de part en part par la douleur encore vivace. Epidermique, le groupe met ses trippes dans ses compos et ça se ressent tout au long d'un (...) instable qui porte plutôt bien son nom. Sur le fil d'un rasoir édenté, la musique du groupe joue les bulldozers, annihilant ses derniers restes de nostalgie à coup de riffs sulfuriques et de section rythmique qui matraque les vertèbres ("Incassable"). Fragments n'y va pas avec le pied sur la sourdine, sa musique est un exutoire à l'image de ses textes et un - nous sommes tombés du nid / - nous sommes détruits - qui résonne comme l'écho d'un désespoir qui ne demande qu'à être hurlé au monde. L'apothéose ? "A perte de vue" et son alliage athlétique de post-hardcore rock doublé d'une alternance chant clair/hurlements dévastateur savamment distillée est parfaitement symptomatique de l'écriture d'un groupe qui met ses peurs et ses douleurs dans des compositions à la noirceur palpable, même si celle-ci est parfois atténuée par quelques écarts acoustiques et plus doucereux. Comme un retour au calme (relatif) après des moments de tourments orageux. "Noises" et ses guitares acérées qui dévorent goulument les décibels balancent leur hargne animale en plein dans les enceintes. Fragments muscle son jeu et fait parler la foudre le temps d'un cinquième titre oppressant et bestial, âpre et complètement brut de décoffrage. Massif. Les rouennais s'offrent un dernier tour de riff(s) avec "Devil", sixième et ultime brûlot hardcore rock de cet (...) instable qui ne manque décidément ni de souffle, ni d'énergie pour en faire d'une des bonnes surprises du moment. Efficace et (très) prometteur.