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La création de Feverish remonte en 1995 à Grenoble, le groupe répète, compose et sort une première démo "importante" en 1997 : The following day, de plus grosses dates suivent et rapidement ils remettent le couvert avec le maxi éponyme un an plus tard (1998). D'autres concerts suivent, le groupe commence à vraiment croire en lui et sort un 2 titres pour démarcher plus haut, c'est Urbancore qui sort en octobre 1999. Le groupe change ensuite de guitariste, Lamson est le nouveau compagnon de jeu de Laurent (chant), Jean-Michel (basse) et Denis (batterie). Il faudra ensuite à Feverish près de deux ans pour réunir les fonds nécessaires à l'enregistrement de leur premier album chez Fred Norguet (Burning Heads, Nihil, Biocide...) au début de l'année 2002. Cet album, Lorsque mes désirs se heurtent à la réalité, sort d'abord de manière indépendante (un titre apparaît sur la compil Boukan) avant de séduire Barclay/Delabel chez qui il ressort en 2003. En 8 ans d'existence, le groupe a donné plus de 150 concerts dont certains aux côtés de Mass Hysteria, Lofofora, Silmarils, Virago, Enhancer, Watcha, Tripod, Dolly... et ce n'est pas avec la (re)sortie de ce premier opus qu'ils vont s'arrêter, bien au contraire...
Signé chez Label Maison (Warner), c'est avec Fred Norguet (Sleeppers entre autres) que Feverish enregistre La mort du cygne, ce nouvel album sort le 9 mai 2006.

Feverish / Chronique LP > La mort du cygne

Feverish : La mort du cygne Feverish avait fait son petit effet avec son premier opus mais semblait encore se chercher, hésitant entre néo californien et émo nippon, ils se sont trouvés et ont davanatage orienté leur musique vers un émo "à la française" (car chanté en français...), et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est certainement ce qui pouvait leur/nous arriver de mieux ! Lorsque mes désirs se heurtent à la réalité était une réussite mais elle n'était que partielle car manquant d'assises solides et pouvant facilement rebuter à la fois le non initié et le true fan d'un style en particulier. Avec La mort du cygne, Feverish nous délivre des titres explosifs, tranchants, singlants et dans le même temps très entraînant sans pour autant être pop... Grâce au subtil dosage mélodie/émeri et au gros travail de production (histoire d'avoir le son qu'il faut pour ce genre de musique), les Grenoblois accrochent directement nos oreilles et devraient même séduire les moins expertes au rayon émo ("Post-exil", "Stockholm", "La mort du cygne"). Intégrant d'autres univers avec parcimonie, ils se font parfois bruitistes ("L'odyssée : fausse manoeuvre"), post-rockers ("(Instrumentale)") ou saturément violents ("Aphrodite"), tout cela en intégrant toujours ce qu'il faut de pondération ou d'accélération dans le tempo, de clarification ou de distorsion dans les guitares, d'harmonie ou d'abrasivité dans le chant.
S'ils semblent être aujourd'hui plus "rock" que métal, c'est peut-être (certainement ?) grâce aux échanges avec Michaël de Elevate Newton's Theory (qui co-écrit "Code Rebecca") et à un certain side project résolument rock'n'roll (Firecrackers !), enfin quelque soit la source de cette évolution, elle est très bénéfique car elle fait de La mort du cygne un album abouti, bien construit et donc très réfléchi. De quoi asseoir Feverish comme une nouvelle référence sur la scène émo française aux côtés de Gantz et Tang.

Feverish / Chronique LP > Lorsque mes désirs se heurtent à la réalité

feverish : lorsque mes désirs... Feverish le conçoit car se présente comme tel : un mix d'émo et de néo... Emo pour les lignes claires de la guitare et pour le chant écorché vif (comme Laurent chante en français, on pense à Gameness ou Gantz) et néo pour les rythmiques saccadées et les riffs plombés, de ce côté-là, c'est dans le néo de la veine Deftones qu'il faut voir des ressemblances (Glassjaw, Coverage, Pornchild...), les titres "Epitumia" et le septième qui n'a pas de nom (et donc les paroles ne sont pas non plus dans le livret contraireement aux autres textes) mais qui doit certainement être connue sous celui d'"Accepte la" ayant des riffs clairement dans l'esprit des Deftones (ceux de la première période...). Avec le chant français, cela ne saute pas aux oreilles et comme les compos sont assez bonnes, ce n'est pas un handicap, par contre pour "Rien ne s'efface", ces accords lourds assez conventionnels sont dommageables, enfin, c'est le seul titre un peu faible parmi les dix ! Quand les guitares se calment (un peu) c'est un étonnant bras de fer entre un chant enragé et des arpèges nerveux et clairs auquel on assiste ("Electron libre", "Eclats"), les couplets prennent alors du volume et les refrains sonnent comme des respirations alors qu'ils sont musicalement bien plus denses... Le chant écorchant de Laurent se mesure également à Denis et ses frappes sur un "Tu me tues" impressionnant. Les pauses ne sont pas légion et la relative douceur de "Domino" apparaît comme telle, le titre bénéficie d'ailleurs d'une très agréable version acoustique en "piste cachée".
Bien que surfant sur deux vagues en plein déferlement, Feverish n'est pas franchement accessible et c'est en partie ce qui les rend intéressant et attachant, s'ils n'étaient qu'émo ou que néo, ils auraient du mal à se faire (re)connaître, là ils affirment leur personnalité et leurs goûts sans en avoir peur.