metal Métal > Fall Of Efrafa

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Ce groupe britannique, né il y a quelques années du coté de Brighton, s'immerge pleinement dans le bouillonnant mouvement "post-hardcore". Mais le groupe ne se met pas d'œillères et est aussi bien influencé par le black métal que le post-rock ou le folk ambiant. Fall of Efafra doit son nom à un territoire (Efrafa) soumis à un pouvoir dictatorial dans le livre "Watership down" de Richard Adams. Rapidement, le groupe choisi de sortir une trilogie discographique. Son nom : "The warren of snares". Le premier volet, Owsla est sorti en vinyl en septembre 2006 avec l'aide de plusieurs labels (Behind The Scenes, Alerta Antifascista, Fight For Your Mind, Symphony Of Destruction et Deskontento), avant de connaître une édition sur CD, augmentée pour l'occasion du titre ("No longer human") que le groupe avait partagé sur le split en compagnie de Down To Agony, en mai 2007 (elle aussi fruit d'une collaboration, entre Halo Of Flies, FZM, Fight For Your Mind et Deskontento). A noter que les deux versions de Owsla ont été rééditées en juin dernier par Sound Devastation Records (Kongh, Seven Nautical Miles, Sons of the Alpha Centauri...). Tout ceci alors que, Elil, le deuxième épisode de la trilogie a lui aussi vu le jour en 2007, mais en septembre. "Dominion theology" extrait de ce dernier fait actuellement l'objet d'une édition sur Tharn comportant cette unique piste tandis que l'ultime volet de "The warren of snares", Inlé, sera vraisemblablement enregistré en juin prochain.
Le groupe, actuellement composé de Neil et Steven aux guitares, Mikey à la basse, George à la batterie et Alex au chant, a principalement donné des concerts au Royaume-Uni mais a d'ors et déjà planifié une tournée aux Etats-Unis au printemps prochain en compagnie de Protestant.

Fall Of Efrafa / Chronique LP > Inlé

Fall of Efrafa - Inlé Si les Fall of Efrafa nous avaient récemment habitué à composer des morceaux fleuves (régulièrement plus de vingt minutes), ils ont cette fois très légèrement réduit le format pour paradoxalement élargir la voilure. Résultat : sept morceaux dépassant quasiment à chaque fois la barre des dix minutes, pour un album long (1h20 de musique tout de même) et donc une très attendue conclusion à The Warren of snares, l'ambitieuse trilogie du groupe anglais. En un mot : remarquable, brillant, complètement dément (oui, ça fait quatre mots...). On continue donc mais on aurait très bien pu arrêter d'écrire après ça.
Car Inlé, c'est comme tout dernier volet d'une trilogie qui se respecte, l'épilogue, la conclusion mais surtout l'apothéose de l'oeuvre d'un groupe qui, en plus, a annoncé quelques semaines avant la sortie du disque sa séparation au terme d'une dernière tournée. Cet album étant l'ultime témoignage discographique groupe, il n'en était que plus attendu. Mais ça, les Fall of Efrafa le savaient et ont donc pris le parti de tout miser sur cette dernière main. Tapis. Coup de bluff osé ou véritable démonstration de force ? On reste dubitatif lors de la découverte de l'inaugural et languissant "Simulacrum", qui n'apporte pas grand chose à l'oeuvre du groupe et ne sert finalement qu'à repousser l'inéluctable. Qui s'offre à nous avec un "Fu Inlé" magnifique de puissance abrasive et d'intensité crue. Le groupe a pour cet album délaissé le son très DIY de ses disques précédents pour alourdir la production. Là, ça calme.
Parce que le résultat ne tarde pas à se faire ressentir, les morceaux prenant des allures de grosses claques (post)hardcore crust/sludge ; et, alors que l'on pensait avoir atteint une sorte de climax avec "Fu Inlé", les Anglais nous sortent le monstrueux "Republic of Heaven" de leur manche. La quintessence du désespoir nappé de douleur épidermique compactée en un seul titre lyrique et incandescent, cela donne ce morceau qui brûle les tympans en même temps qu'il prend au tripes et nous retourne les neurones. Du grand art. D'autant que Fall of Efrafa ne semble pas décidé à s'arrêter avant d'avoir définitivement accompli son oeuvre, la parachevant avec brio sur "The Burial" et surtout avec l'éternel "The warren of snares". L'apologie du post-hardcore en 17 minutes d'un tsunami émotionnel gorgé de violence brute, de guitares étouffantes et de section rythmique lestée de plomb, pour faire entrer le groupe dans le cercle très fermé des plus grands.

Fall Of Efrafa / Chronique EP > Tharn

Fall of Efrafa | Paper Aeroplane - Tharn Entre le deuxième et le troisième volet de la trilogie "The Warren of snares", il y a eu des concerts, beaucoup de concerts, de l'attente forcément, beaucoup d'attente de la part des inconditionnels du groupe mais également une sortie, confidentielle au titre assez éloquent : Tharn. Derrière celui-ci se cache une version réarrangée de "Dominion theology", la saisissante et bouillonnante pièce centrale d'Elil réinterprétée par un duo répondant au pseudo de Paper Aeroplane (qui a contribué quelques mois plus tard à l'enregistrement du dernier volet de la trilogie : Inlé) et sortie dans une édition cardboard sleeve recyclable (quoi de plus normal de la part des Fall of Efrafa, écolos convaincus.) et limitée à quelques centaines d'exemplaires par le label anglais : At Home Records.
Revu et corrigé en précisément 15 minutes et 38 secondes contre plus de vingt dans sa version originelle, "Dominion theology" n'en conserve pas moins une foudroyante capacité à submerger l'auditeur de lames de fond postcore venant s'écraser encore et encore contre des récifs mélodiques taillés dans le marbre. On ne jouera pas ici au jeu des différences et similitudes entre l'original et la réinterprétation, par contre, on pourra se dire que rarement une œuvre aura été aussi bien comprise et assimilée afin d'en proposer une relecture à la fois fidèle et personnelle (paradoxe quand tu nous tiens). Pendant plus d'un quart d'heure, Paper Aeroplane s'approprie avec pertinence le matériau originel composé par Fall of Efrafa et lui fait vivre une existence parallèle, qui ressemble à la première sans être toute à fait la même. Intense, raffiné et mélodique, puissant, colérique et ravageur, ce "Dominion theology" apaise, hérisse et finalement nous embarque dans un émouvant mais douloureux voyage sensoriel à travers les limbes du post-hardcore.

Fall Of Efrafa / Chronique LP > Elil

Fall of Efrafa - Elil A la suite d'un mauvais pressentiment, Cinquaine et Noisette, deux jeunes lapins de garenne tentent de convaincre leur groupe de quitter leur terrier. Seuls quelques-uns les suivent alors même que leur habitat est détruit par l'homme. Désormais livrés à eux-mêmes, les voilà partis pour une expédition à la recherche d'un nouvel endroit où s'installer avec les leurs, à Watership Down. Conte pour enfants pour les uns, roman d'aventure ou fable post-moderne pour les autres, "The Watership Down" fut surtout un immense succès littéraire dans les années 70, jusqu'à inspirer une ambitieuse trilogie discographique aux Fall of Efrafa quelques trente ans plus tard : "The Warren of Snares". Anecdote : c'est également ce roman que lit l'un des naufragés (Sawyer) dans la première saison de la série TV Lost.

Deuxième volet de la trilogie inspirée de l'œuvre de Richard Adams donc, Elil ne rompt pas avec ce que l'on avait déjà pu découvrir sur l'excellent Owsla. On est donc en territoire connu, balayé par des lames post-hardcore crust old-school et ombrageuses, épiques, tendues et Neurosiennes, une véritable éruption volcanique HxC aux contours mélodiques affirmées et à la densité sonore incompressible. Mais s'il reprend les bases du premier volet, le groupe va ici encore plus loin. Toujours aussi DIY, underground et hardcore dans son approche musicale qu'à ses débuts discographiques, Fall of Efrafa livre ici trois nouvelles compositions dépassant chacune la barre des vingt minutes. Soixante minutes donc de musique pour seulement trois pistes audio, si cela fait un peu peur sur le papier, cela ne pose absolument aucun problème lors de l'écoute du disque. Il faut dire en même temps que ces anglais-là développent des titres qui ne nous font jamais sombrer dans les affres de l'ennui, qu'ils parviennent sans cesse à dynamiter leurs morceaux et s'amuse des clichés que l'on pourrait en vain les coller pour mieux nous convertir à leur cause. Bluffant.

Intense, leur postcore éruptif vient s'immiscer insidieusement en nous, se mettant en accord avec le titre de ce deuxième mouvement de The Warren of Snares, Elil, lequel représente dans la mythologie enfantée par Richard Adams le prédateur, la menace permanente qui plane sur les héros de son œuvre. Et paradoxalement, les Fall of Efrafa prennent le parti d'évacuer par instants la tension nerveuse qui enveloppe leur album par des éléments acoustiques. avant d'en remettre une couche hardcore histoire de ne pas nous faire perdre de vue l'horizon narratif de leur œuvre ("Beyond the veil"). Les Anglais jonglent avec les formats comme avec nos certitudes : lorsque l'on se dit qu'ils vont carboniser nos neurones, ils jouent la carte de l'apaisement et quand on pense qu'ils vont nous laisser respirer, ils nous remettent la tête sous l'eau. Le résultat a alors pour titre "Dominion theology" et se révèle être l'un des tous meilleurs titres écrits par Fall of Efrafa. Un violent pamphlet contre l'obscurantisme et tout un système de croyances archaïques ici dénoncé à coup de postcore et de mise en abyme résolument métallique et des litres de hardcore déversés par-dessus. Un dernier titre massif et cathartique à souhait ("For El Ahraihrah to cry") puis le groupe referme ce deuxième épisode de sa trilogie avant d'en délivrer l'épilogue au cours son ultime volet : Inlé.

Fall Of Efrafa / Chronique LP > Owsla

Fall of Efrafa - Owsla (CD) Servi dans un sobre mais superbe digipack, Owsla ne tarde pas à nous confronter à l'artillerie mise en place par les britanniques. Une petite "Intro" au violoncelle, histoire de présenter Johnathan venu prêter main forte tout le long de cet album, et "Pity the weak" lui emboîte le pas, doté d'un formidable déchaînement hardcore en guise d'entrée en matière. Avant de se laisser retomber de tout son poids, d'envelopper l'antre d'une lourdeur majestueuse puis de jouer sur une corde sensible, fébrile. Un crescendo avant de repartir à l'assaut et le rouleau compresseur s'emploie à nous écrabouiller jusqu'au terme de ce morceau. Les amateurs de Isis, Cult Of Luna et autres Neurosis devraient fortement apprécier et voilà que "Soul to bare", du moins son intro, nous remémore la douceur apportée par les cordes frottées de Life-Kit dans un univers crasse et oppressant. Un petit "Lament" rétro permet de reprendre son souffle devant la portion magistrale du disque qu'il reste à attaquer : trois pistes d'une dizaine de minutes chacune, Fall of Efrafa se contentant jusqu'alors de rester dans des durées dites standards. "Last but not least", "The fall of efrafa" et "No longer human", autant d'occasion de côtoyer les ravages provoqués par le déploiement de tranches toniques et hardcore succédant à l'inertie provoquée par une telle masse en mouvement. Le tout saupoudré de moments de doute, délicats, ou d'un chatoyant violoncelle, bénéfique à l'emprise des morceaux sur son auditoire.
A prendre ou à laisser, expérience cathartique de bout en bout, exutoire post-hardcore teinté de subtilités, Owsla est un très gros morceau, une première pierre judicieusement taillée pour construire les fondations de "The warren of snares".