evanescence : fallen Evanescence charme par la voix d'Amy Lee, une voix très douce, très mélodieuse mais qui sait aussi se faire plus agressive ("Going under", "Whisper") sans pour autant perdre sa légèreté. Nombreuses sont les superpositions de ligne de chant, elles renforcent l'omniprésence d'Amy, et le sentiment d'enfermement que recent l'auditeur, captif du chant de cette sirène. Mais les conditions de détention sont plus qu'agréables ! Evanescence a su bien dosé Fallen entre morceaux très dynamiques ("Everybody's fool", "Tourniquet") aux guitares lourdes et compositions très calmes dominées par le piano ("My immortal", "Hello"), ces deux titres mettant en relief l'inspiration "heavenly voice" et approchant la magie de Ann Pierlé. Les guitares sont toutefois bien plus présentes que le piano et si elles sont efficaces quand elles sont hachées, elles sont nettement plus inspirées quand il s'agit de porter une mélodie ("Imaginary"), le mariage avec le piano est alors divin. La seule fausse note de l'album est le "Bring me to life" où le chanteur de 12 Stone vient massacrer le refrain pour faire du titre une sorte de standard néo-méta-mielleux avec une jolie voix et quelques mots appuyés pour qu'on les retienne bien ("Wake me up, I Can't wake up, Save me..."), à l'écoute du reste de l'opus, on est en droit de se demander pourquoi personne ne porte pas plainte contre le chanteur de 12 Stone ! Comme c'est ce titre qui est mis en valeur sur la compil Daredevil, qui va avoir envie d'écouter un groupe après avoir entendu uniquement ce titre ? Le préjudice est inquantifiable... Les dix autres titres de Fallen sont autrement plus intéressants et se laissent écouter comme dans un rêve, certes ce type de musique n'est pas nouveau mais je préfère aujourd'hui écouter Evanescence que le dernier album de The Gathering... Sans atteindre la complexité et la richesse musicale d'un Mandylion ou d'un Nighttime birds, Fallen ravira les amateurs de jolies voix déposées sur un lit de guitares saturées.