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Quelque part en Norvège durant les années 90, Ivar Bjørnson (guitare) et Grutle Kjellson (chant, basse) décident de former un groupe de black-métal comme beaucoup de petits garçons norvégiens à cette époque. Ils le nomment Enslaved en référence à un morceau d'Immortal : "Enslaved in riot". Le groupe a publié des albums régulièrement depuis sa création et la dernière livraison en date, c'est Vertebrae sorti en septembre 2008 puis chroniqué dans nos pages à une époque de l'année ou le froid hivernal sied plutôt bien à leur musique. Grâce à une évolution musicale qui dépasse largement le carcan du black-métal, le groupe Enslaved a attiré progressivement un public pas forcément afficionados de métal extrême mais simplement amateur de mixture atypique.

Enslaved / Chronique LP > Vertebrae

Enslaved - Vertebrae Enslaved sur le W-Fenec ? C'est vrai que le webzine n'est à priori pas trop friand de cette frange musicale. Sauf qu'ici on parle de musiciens dont la réputation dépasse largement le cadre restreignant du métal extrême parce qu'ils n'ont pas hésité à franchir des frontières très mélodiques en nourrissant leur musique d'influences liées au rock progressif, Pink Floyd, King Crimson et Tool, que l'on apprécie plutôt ici. Tellement imprégnés et profondément changés par ces références que finalement la musique qu'ils pratiquent aujourd'hui ne comporte plus que quelques traces de leur passé extrême : notamment cette voix gutturale et malsaine à souhait (qui en rebutera plus d'un mais en charmera également beaucoup d'autres) qui vient régulièrement ponctuer et salir positivement des compositions dont les mélodies et les ascensions progressives, héritées des influences sus-nommées, sont empreintes d'ambiances qui hésitent toujours entre la mélancolie latente et la schizophrénie colérique en guise d'exutoire. Durant 50 minutes, les Enslaved explorent un univers qui fait cohabiter des envolées mélodiques tripantes avec des accalmies respiratoires bienvenues, des éruptions de violence salvatrices, une dualité vocale complémentaire et interactive : chant mélancolique/chant venu des entrailles et surtout une volonté omniprésente de livrer un opus sans concession. Une démarche qui fait plus que séduire malgré un certain monolithisme assez trompeur lors des premières écoutes, qui laisse place au fur et à mesure du temps à un énorme bloc dont les moindres petites aspérités et charmes se découvrent progressivement : indéniablement à écouter patiemment en attendant que la musique daigne se livrer à vous comme une évidence.
Enslaved invente, se re-invente et propose la cryothérapie musicale made in Norway comme moyen cathartique. Ils appellent ça Vertebrae et c'est du métal extrême comme on aimerait en entendre plus souvent, ouvert d'esprit mais aussi aux mutations que ça engendre. Un album d'un magnétisme envoûtant.