metal Métal > The End

Biographie > C'est la fin...

Formé au début de l'année 1999, le quintet canadien The End produit son premier essai après quelques mois d'existence seulement. Après une tournée intense, le groupe décide de rester relativement indépendant et sort son premier album Transfer Trachea Reverberations from Point: False Omniscient sur le label Re-define Records.
Ensuite tout s'enchaîne un peu, Relapse Records les remarque, et Metal Hammer UK les nomment dans leur classement "10 Essential Mathcore Albums", aux côtés de Converge, The Dillinger Escape Plan et The Locust. L'album suivant de The end dévoile une atmosphère de film noir, Within Dividia, et le groupe enchaîne les tournées notamment aux États-Unis en compagnie de Between The Buried And Me et A Life Once Lost.
Leur troisième album, Elementary sort le 12 février en Europe.

The End / Chronique LP > Elementary

The End : Elementary Dix titres, un chiffre rond pour un album rentre-dedans, Elementary ne tombe pas à côté de la plaque, mais l'explose tout simplement. The End livre un condensé d'efficacité, un magma sonore dense et peaufiné, "Dangerous" donne le ton, se propulse tel un brise-glace débridé, un titre magistral tout en violence qui ouvre cet album comme nul autre pareil; c'est la claque d'entrée de jeu, un baquet d'eau froide en pleine tronche pour les réveils difficiles. The End se place directement entre Fear My Thoughts, Scarlet et même Taproot, des guitares "in-your-face" sur certains titres, "Dangerous" en est l'exemple parfait, ou plus aérienne comme sur "Animal", et une voix entre cris exacerbés et chant plus introverti. Si vos voisins écoutent Linkin Park, Elementary est le disque parfait pour qu'ils arrêtent de broncher.
"Animal", parlons-en, un départ très technique, très math-core, à la frontière de Scarlet et Dilliger Escape Plan, qui propulse un chant dans des strates d'air lourd, des mélodies qui surfent sur le brouillard; contre-partie mélodique à "Dangerous", "Animal" fait passer Khoma pour des petits chanteurs à la croix de bois. Dans l'art de mélanger les contrastes et d'éviter le recyclage permanent, The End mêne la danse, une entrée en matière légère à la limite de Buried Inside, une atmosphère qui s'alourdit lentement mais surement toujours menée par un chant magnifique, "The moth and I" illustre une montée en charge linéaire, sans cassure ni précipitation, un crescendo de presque cinq minutes.
Elementary enchaîne les titres effrénés, "Throwing stones", "My abyss" pour tenir l'auditeur en haleine, plus abrupte "Awake?" joue dans la cour méta-physique. Plus entraînant, "In distress" profite d'un répit avec son intro "A fell wind", déluge grondant, basse massive, cordes qui claquent, batterie ne laissant aucun répit, la distance entre les gouttes de métal se réduit sur le refrain, des symbales sautillantes, l'ensemble du groupe se laisse emporter sur ce flot répétitif, le riff de guitare se fait entêtant, écholalie mentale qui se poursuit sur le passage calme, la conclusion est aussi brutale que l'attaque initiale.
La dernière plage d'un dique a toujours été la bonne place pour un titre acoustique, mais c'est chose moins commune pour les groupes de hardcore surtout lorsque c'est réussi : "And always..." The End signe là un album magistral.