metal Métal > Electric Wizard

Biographie > Le sorcier électrique est bien stone...


Apôtre depuis 1993 d'un rock heavy et caverneux, nécessairement avec additifs illégaux, aux convergences du metal underground et du stoner doom enfumé, Electric Wizard se fait, depuis maintenant une quinzaine d'année, le chantre d'une musique radicale qui ne cherche rien d'autre qu'à s'auto-suffire par elle-même. Entendez par là que le groupe ne cherche pas vraiment à frimer avec des scores de vente phénoménaux mais plutôt à faire un certaine apologie (douteuse) d'un mode de vie où la consommation des substances stupéfiantes les plus diverses et variées est érigée au rang de loi suprême. Le principe est douteux, la mise en pratique encore plus (ce qui a valu quelques séjours à l'ombre à certains de ses membres)... mais musicalement, le groupe est l'un des pionniers de la scène stoner-doom/sludge européenne. Sorte de trip hallucinatoire au son lourd, sale et saturé, la musique d'Electric Wizard est une sorte de cocktail dégénératif de rock/metal/doom underground : une sorte d'overdose narcotique musicale aussi dépressif que cathartique dont des albums tels que Come my fanatics ou Dopethrone sont les meilleurs produits... Des stupéfiants que l'on ne pouvait forcément que chez d'exellents officines, Rise Above Records (Cathedral, Capricorns, sHeavy, Witchcraft...), ardent défenseur de la cause stone/doom, étant l'hôte contractuel de la formation anglo-saxonne.

Electric Wizard / Chronique LP > Black masses

Electric Wizard - Black masses Black masses, messes noires pour amateurs de stoner-doom psychédélique et enfumé, les sorciers d'Electric Wizard dépoussièrent leurs grimoires ramenés des 80's et éclairent ici à la bougie un disque ouvertement old-school et, comme souvent avec eux, un peu en marge de la production actuelle. Une huitaine de plages sonores pour une petite heure d'un voyage électrique et sensoriel à travers les années 70 et 80. Un premier titre, "Black mass", incantatoire pour se mettre en orbite et le reste pour se laisser envoûter (ou pas) par les vapeurs narcotiques de morceaux habités par le malin et quelques autres substances prohibées, les "Venus in furs", "Night child" et autres "Patterns of Evil" font la part belle à ce que le groupe sait faire de mieux. A savoir livrer des compositions nappées de riffs plutôt bien heavy et drapées dans des "mélodies" possédées, l'ensemble étant servi par une production des plus crasseuses stimulant les effets de la musique des anglais sur l'activité neuronale de l'auditeur. Diabolique.
Les membres d'EW sont des drogués notoires et comme à leur habitude, l'issue de leur album est assez incertaine : on ne sait pas trop où l'on va mais dans le doute, on les laisse faire, comme sur "Satyr IX", malsain à souhait mais lesté de ce riffing lourd et obsédant qui fait aussi la marque de fabrique du groupe, surtout lorsqu'il se met en opposition au psychédélisme latent qui s'est emparé de l'oeuvre des anglo-saxons depuis quelques années. Le chant est plaintif à l'excès, les atmosphères, ténébreuses et le groove, maléfique (le bien nommé "Turn off your mind"), Electric Wizard se complait dans ses jams psychotropes et ensorcelants, danse avec les ombres ("Scorpio rising") et délivre un stoner-doom aussi épais que saturé, fiévreux et hypnotique. Un dernier pour la route avec une plongée en apnée dans la "Crypt of Drugula", pour laquelle le cortège anglais instille une ambiance de film d'horreur à la fois elliptique et oppressante, mystique et effrayante, puis le retour de la lucidité au terme d'un album encore une fois gorgé de disto et au cérémonial raffiné. Tel est ce groupe atypique en 2011, auteur d'un mythique Dopethrone il y a quelques années et toujours enclin à enfanter de disques célébrant l'occulte qui ravissent invariablement les inconditionnels du genre.

Electric Wizard / Chronique LP > Witchcult today

electric_wizard_witchcult_today.jpg Aussi culte qu'occulte, Electric Wizard est un groupe qui, depuis une quinzaine d'année, se plaît à hanter le monde du disque, en cultivant... sa différence. Définitivement undeground, le sorcier du stoner-doom ne fait rien comme les autres. La dernière preuve en date : Witchcult today. Si ces dernières années, rares sont les groupes fidèles à un label, EW l'est depuis bien longtemps à Rise Above. Si les formations labelisées stoner/doom/sludge ont pour facheuse habitude de pondre des artworks particulièrement immondes (cf : Karma to Burn qui a la palme du genre), les Anglais ont suivi le mouvement mais se distinguent maintenant par une pochette plutôt honorable pour ce qui concerne sa dernière cuvée. Enfin, si les moyens techniques actuels permettent aux producteurs d'albums de donner des sons particulièrement limpides et bétons à leur travaux, Electric Wizard livre une cuvée 2007 avec un son incroyablement affreux pour un groupe de sa trempe. Et pourtant, c'est aussi ce qui fait l'intérêt des huits nouvelles bouffées de rock stone et de doom heavy que nous envoient le sorcier directement dans les neurones.
Car dans les faits, le sixième album du groupe le plus enfumé du royaume s'est payé une prod pas cher, brouillonne au possible et bien éloignée des produits standardisés et parfaitement blindés que l'on a l'habitude de s'envoyer dans les écoutilles. Certains diront que vu l'état de défonce avancée dans lequel devaient être les membres du groupe lors de l'enregistrement, il fallait bien s'y attendre... et bien pas du tout. Car, cette impression qui colle au disque de sortir tout droit d'une autre époque était exactement l'effet recherché par le groupe à l'heure d'enregistrer Witchcult today. Pour ce faire, les Anglais ont tout simplement utilisé du matériel datant des années 70 afin de cadrer avec leur inspiration du moment, à savoir le cinéma bis, les disques underground d'il y a 25 ans et une soif de liberté anti-commerciale exarcerbée. Et le résultat qui est ressorti de ces élucubrations stoner doom n'a rien de fumeux... bien que vintage au possible. Les majors disent qu'un bon album est un album propret, lisse et sans âme, EW répond d'un "FUCK" bruyant et prend le risque de tout envoyer valser. En terme de vente, pas sûr que l'affaire soit très lucrative pour Rise Above, mais d'un point de vue artistique, la démarche est pour le moins osée... et parfaitement assumée, le disque que l'on a entre les mains en apportant la preuve la plus éclatante. Certes Witchcult today est sans doute à réserver aux purs amateurs de bonne came mais en même temps, ce rock marginal, primaire, planant et complètement allumé mérite que l'on y pose une oreille... Même si, évidemment, le cerveau peut parfois être légèrement embrumé par les vapeurs phytothérapiques qui s'échappent de cet album. Guitares sous LSD cherchant à percer un brouillard épais emplissant le studio, section rythmique acidifiée, compos qui prennent aux tripes sans chercher les circonvolutions labyrinthiques d'un Monkey3, Electric Wizard fait simple, crasseux, malsain, brut mais efficace. Le quartet anglais n'a plus grand chose à prouver et n'en a de toutes les façons absolument rien à foutre de prouver quoique ce soit. Embarqué dans une sorte de vague road-movie musical à la destination incertaine, mais à l'issue forcément brillamment chaotique, le sorcier du doom se fend d'un album au concept aussi casse-gueule que jouissif, aussi foireux que diabolique... ça s'appelle la liberté artistique et c'est quelque chose de trop rare pour être snobée. A bon entendeur...