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Biographie > Einna

Fondé sur les cendres encore fumantes de Stanley Millgram, Einna, voit le jour fin 2006. Revendiquant un post-core alliant puissance et intensité, guidé par une rythmique lourde et oppressante, le quintet toulousain (comme Dona Confuse, I Pilot Daemon, ou Plebeian Grandstand), enregistre son premier EP en mai 2007 chez Silvin Suquet (IPD, Dona Confuse) qui le mixe et le masterise durant l'hiver 2007. Intitulé Les angoisses d'Arcadie, ce premier effort sort au printemps 2008 via les labels Communication Is Not words et Swarm Of Nails Records (RQTN, Last Minute to Jaffna...), avant que le groupe ne monte le défendre sur scène à l'automne 2008 aux côtés de Kehlvin et L'Homme puma.

Einna / Chronique EP > Les angoisses d'Arcadie

Einna - Les angoisses d'Arcadie Avant, pour cautériser une plaie, on pouvait y aller au fer blanc, c'était certes un peu barbare, mais l'efficacité de la technique avait été largement éprouvée. Désormais, comme autre mode alternatif (afin d'éviter les sacro-saintes maladies nosocomiales...), on a Einna. Un gentil quintet toulousain avec une curieuse définition de l'amour qu'il met en pratique sur le très romantique mais néanmoins brutal "Eros". Accouplement auditif sauvage, fusion incandescente des corps et grosse décharge de riffs qui font mâle. La sensiblerie est peut-être ici de mise, ce n'est pas vraiment la première chose qui frappe à l'écoute du premier titre de Les angoisses d'Arcadie. D'ailleurs à propos de frapper, les frenchies y vont gaiment. Un coup sec derrière la nuque et il n'y paraîtra plus. Mais si on peut également piétiner son adversaire, c'est évidemment encore mieux. Le fauve aiguise griffes et crocs. L'appétit vient en dévorant... "12 Livres de chair" débarque sur la platine instaurer le règne du chaos et de la désolation. La bête est lâchée, les dommages collatéraux sont à la limite de l'indicible. Car Einna exsude ici une violence brute aux tourments émotionnels insondables.
Une fusion transcendantale d'un Botch qui aurait flirté avec Converge, d'un Breach qui copulerait fougueusement avec Time to Burn et Plebeian Grandstand dans une orgie de dissonances et de riffs corrosifs. Convulsions asymétriques, déviances animales, batterie foudroyante et rage destructrice, le groupe déverse des torrents de haine et des flots de désespoir, en enfonçant ses compos dans un magma métal hardcore noisy tellurique. Vociférations screamo écorchées vives, le groupe vient affronter Hadès dans son royaume pour venger la mort d'Eurydice (un "Orphée" mythologique d'anthologie...). Oppressant, le quintet toulousain délivre quelques passages atmosphériques qui contrastent littéralement avec le postcore cathartique dont Einna est ici l'instigateur ("Il ne reste que des épines"). On pense à Knut, Neurosis, Celeste et Old Man Gloom, mais le groupe parvient à sortir son épingle du jeu tout en continuant à matraquer nos tympans de ses guitares corrodantes, maintenant la pression en nous enfermant dans son labyrinthe mental ("Pan"...). Cinq titres puisant leur l'inspiration dans les flammes de l'enfer, autant de brûlots purificateurs suintant la haine par tous les pores de son épiderme, les toulousains conservent leur emprise sur cet EP au digipack élégant et à la puissance de feu rare... Classe.