einHERJER - Dragons of the North XX A la fin des années 90, l'Europe subissait une seconde vague d'invasion viking, des siècles après celle de l'époque médiévale. Des hordes en provenance de Scandinavie, plus ou moins affiliées à la scène Black Metal, s'étaient données comme objectif de transmettre aux populations environnantes l'héritage guerrier de leurs ancêtres. Le concept, il est vrai, se marie assez bien avec la musique pratiquée. Parmi ces précurseurs du genre, on avait les Norvégiens d'Einherjer, qui en 1996, nous offraient leur premier album, Dragons of the north. Avec un tel nom de groupe, d'album, une telle pochette, et des titres de chansons sans équivoque, aucun doute n'était permis quant aux intentions du groupe. Malgré une série d'albums costauds, le groupe n'arrivera pas à réellement s'imposer, la faute certainement à des labels pas forcément au top et des problèmes de line-up. Mais sa longévité et sa présence lors de nombreux festivals, en font un acteur sur lequel on peut toujours compter, à la réputation des plus solide.

Vingt (XX) ans après sa sortie originelle, Einherjer a choisi de ré-enregistrer son premier album avec son line-up actuel, afin de faire bénéficier aux titres d'une production moins faiblarde et d'une meilleure maîtrise instrumentale. Rendez-vous a été pris au Studio Borealis pour coucher sur bandes ce que le groupe considère comme un hommage à ses premières heures. Alors forcément, pas de grande découverte pour moi sur cet album. Le drakkar fer de lance du groupe reste ce qu'il était déjà en 1996. J'ai ré-écouté avec plaisir ce Viking Metal qui a su s'émanciper des standards du genre que savent très bien nous servir des groupes comme Enslaved ou Bathory. La construction des morceaux, avec leurs riffs tantôt rudes et hachés, tantôt plus calmes, parfaitement soutenus par le duo basse-batterie est toujours efficace. Il faut noter que le jeu de Gerhard Storesund aux fûts est au minimum aussi complexe que l'original, agrémenté par une avalanche de double grosse caisse. Il amène aux morceaux de nombreux breaks et des martèlements porteurs et vivaces qui permettent aux guitares de poser les mélodies folk-vikings. Frode Glesnes, qui œuvre à la place de Rune Bjelland au micro, a une voix bien différente. Le chant est en effet plus "conventionnel" pour ce style de musique, et je n'ai pas retrouvé le côté rocailleux de l'original, et c'est tant mieux ! Il amène une variété que les nouveaux fans du genre qui ne jurent que par Amon Amarth vont adorer. Pour ma part, je serais moins catégorique en soulignant que le niveau vocal se trouve relevé et beaucoup moins minimaliste que le Einherjer de la première heure.

En deux décennies, j'ai eu le sentiment d'avoir entendu ces huit titres (je ne compte pas l'outro musical) des centaines de fois. Mais, malgré cela, les compositions en elles-mêmes n'ont pas vieilli, certaines auraient pu même être composées il y a peu que cela ne serait pas choquant. L'interprétation a gagné en assurance, en particulier au niveau des guitares lead et des vocaux. Certains regretteront surement le chant de l'époque plus "typique", mais aussi plus fade à mon goût. Si vous n'avez jamais jeté d'oreille sur l'album d'origine, je vous invite à faire comme moi : comparer la première livraison des Norvégiens et son viking metal plus empreint de passages folks, mid-tempo, et très influencé par le Power Metal avec ses rythmiques épiques. Vous verrez que les compos n'ont pas à rougir de ce qui peut se faire aujourd'hui.