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Ed Mudshi > Chronique EP / Quelques bons passages
Le 6 titres Quelques bons passages de Ed Mudshi, est un concentré du jazz-core excité que délivre le groupe. 6 titres et à peine plus d'un quart d'heure, un format limite hardcore, ou skat-punk. "Bush/La vie en communauté" commence tout en excitation, pas d'intro, pas la peine, on rentre tout de suite dans le vif du sujet. La guitare est éffacée, mais incisive, la basse découpe l'air comme autant de notes vibrantes, arrachées à l'atmosphère par des cordes frisantes, le chant est épuré, accompagne d'un air nonchalant cette basse monstrueuse, élément essentiel du groove de Ed Mudshi. La fin se termine sur une note de basse un demi ton trop haut, comme un point d'orgue qui attend la suite. Et la suite c'est "Bandit 6", un riff harcelé, qui s'achève sur un ska mais sans trompettes; un refrain folk, un couplet d'un concert de café. Incursion blues au sein de la structure musicale de 2 minutes et 1 secondes, qui achève à contre-courant la chanson. Intro mystique, toute en langueur en vibration, inhabituelle jusqu'à maintenant, mais qui se fait interrompre par le brouillard épicé d'une basse qui tonitrure, encore une incursion mystérieuse, et du blues on tombe dans un berceau de jazz, et vice-versa. "Elton John Scofield", véritable fusion instrumentale, creuset funk de tout Ed Mudshi, son jazz-core, sa touche funk, ou l'inverse... "Elton John Scofield", et sa fin qui tombe comme un cheveu sur la soupe, mais avec un impressionnant cuivre, un solo de trompette qui en fin de compte s'intègre parfaitement dans la partition déjà brodée par Ed Mudshi. Esprit très Oï pour "Poï Poï Laï Laï'" qui déconne à plein tube, un riff ambivalent, plus une cocotte qui le fait vraiment, mais toujours cette basse qui slappe, qui claque, normal Rémi n'a même pas lu la préface de sa méthode de basse... "Maître du Monde'" un riff très blues, très fusion, une deuxième guitare avec un phaser à plein tube, le groove est bon, coloré, binaire et shuffle à la fois. La composition est très carré, inspirée, avec un air de La Ciota qui souffle, qui s'échappe des enceintes, c'est le blues méditérannéen, l'accent texan en moins, l'aïoli en plus. Une batterie qui sait se faire remarquer au bon moment, la suite s'inspire plus du rock à tendance dure. "Susie" et son avalanche Ed-mudshienne, très speed, très hurlante, très dense, trop dense peut-être, la basse, la batterie, la guitare se mèlent, s'emmèlent, se répondent en contrepoints décalés, et la fin est étrange ? Pour résumer, Ed Mudshi, le blues-jazz-funk-core élevé en plein air, sous les cris des mouettes du port de Marseille, garanti sans OGM.
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