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Earthtone 9 Actif entre 1998 et 2002 puis en pause jusqu'à 2010, Earthtone 9 n'a pas eu besoin de dix ans pour s'imposer durablement sur la scène anglo-saxonne, européenne et même au-delà, marquant les mémoires de son empreinte métallique et alternative par le biais d'une poignée d'EPs et de 3 albums sortis coup sur coup en 1998, 1999 et 2000. A l'époque, le groupe fait les beaux jours du label Copro Records (Fony, The Blueprint...) et l'album Arc'tan'gent est acclamé à sa sortie comme l'un des meilleurs disques de metal sorti dans les 90's. Earthtone9 est alors variablement (et à juste titre... ou pas) comparé aux Deftones, Helmet, Faith No More, Tool ou Pantera et va, fort de son succès sur le vieux continent, tenter de percer aux USA. Sans ce qui provoquera, en partie tout du mois, la scission du groupe puis sa séparation en 2002.

En 2004, une sortie "posthume" au split du groupe voit le jour avec la réédition d'un EP (Hi-point) puis plus rien jusqu'en 2010, alors que ses ex-membres s'occupent chacun de leur côté (dans Reuben et The Blueprint) ou même ensemble chez Twin Zero. Mais finalement, l'appel d'une reformation est trop fort pour les natifs de Nottingham, qui remettent le couvert en compilant quelques vieux titres sous le titre Inside, Embers Glow... a collection of earthtone9's aural communiqués 1998-2000 puis en sortant un EP inédit (For cause & consequence) l'année suivante histoire de prendre le poul de sa popularité près d'une décennie après leur séparation. Le succès d'estime et public étant plutôt au rendez-vous malgré la crise que traverse l'industrie du disque, Earthtone9 décide de s'affranchir du système et de faire appel au financement participatif (crowdfunding) pour sortir par ses propres moyens un nouvel album, sobrement intitulé IV et qui voit le jour au printemps 2013.

Earthtone9 / Chronique LP > IV

Earthtone9 - IV Ils avaient marqué la fin des 90's et le début des années 2000 avec leur metal alternatif d'excellente facture, eux aussi font comme tout le monde et reviennent aux affaires. Mais on ne va pas forcément s'en plaindre. Parce que dès les premières secondes de "March of the yeti", le groupe envoie direct les décibels taquiner les enceintes : groove-metal alternatif jusqu'au bout des riffs, c'est simple mais efficace, calibré 90's avec un son très actuel néanmoins, parfaitement équilibré entre les passages les plus mélodiques et ceux plus bien hargneux. Et comme en prime on a droit à quelques refrains qui mettent dans le mille, Earthtone9 réussit parfaitement son entrée en matière.

Pour le titre, les Anglais n'ont pas cherché à faire compliqué quand ils pouvaient faire simple. En ce qui concerne le contenu de l'album, c'est le même tarif, entre un "Preacher" aux breaks salvateurs et frappe bien rugueuse ou un "Sea of blades" reptilien qui ondule entre les amplis pour faire exploser son chorus radiophonique sans forcer son talent. Parfois un peu "facile", Earthtone9 fait parler sa classe folle mais se repose de temps en temps un peu trop sur elle. Ou alors y va carrément et pose un tube sur la platine ("Andersion") quand il ne pique pas sa crise de nerfs le temps d'un "God cloud" aussi hargneux que salvateur. Et si le groupe donne régulièrement l'impression d'être resté bloqué quelques dix ans en arrière, vu le niveau de la production actuelle en la matière, on ne va pas faire la fine bouche.

Question matière justement, si l'on reste en territoire(s) extrêmement balisé(s), on savait aussi un peu à quoi s'attendre de leur part : soit de l'abrasif solide ("Harsh light"), une probable petite ballade pour toucher les âmes sensibles (qui arrive avec le lacrymal mais sympathique "Our last sunrise"), et quelques grosses ficelles légèrement handicapantes ("The sound of the engine turning") mais qui n'obèrent pas l'intérêt global que l'on peut avoir pour ce IV à la constance créative plutôt salutaire et aux effluves métalliques du plus bel effet ("Horizon's end"). Ce jusqu'à l'ultime "Occam's razor", morceau de conclusion tirant le rideau sur l'album du comeback d'un groupe phare de la scène des 90. Qui s'il n'enchante pas complètement, livre ici un disque hautement recommandable malgré une petite poignée de défauts que l'on aurait bien gommé si on était à la place des Anglais. Pas mal.