metal Métal > Eagle Twin

Biographie > Not really twins, but really hard

Originaire de Salt Lake City, Eagle Twin sort de terre en 2007, sous l'impulsion de Gentry Densley, homme de base de la formation jazz-prog-rock-hardcore Iceburn. Celui-ci forme alors un binôme avec un certain Tyler Smith, batteur de son état. Le duo s'attelle alors à l'écriture de compositions oscillant entre blues rock aux textures légèrement prog et sludge/death aux accents stoner doom acérés. Le résultat attire alors l'attention du label Southern Lord via lequel sort à l'été 2009 le premier album d'Eagle Twin : The unkindness of crows.

Eagle Twin / Chronique LP > The Unkindness of crows

Eagle Twin - The Unkindness of crows Bad trip into the Bayou. C'est lourd, c'est gras, ça bourdonne, donc c'est bien. Eagle Twin, ça ne s'adresse pas à n'importe qui et surtout, ça ne fait jamais semblant. Du genre qui évolue dans les contrées du sludge velu, du doom gluant et du stoner emprisonné dans les sables mouvants du royaume de Southern Lord, cette terre hostile peuplé de groupes (Burning Witch, Goatsnake, Khanate, Sunn O)))...) oppressés par la musique qui tartine les neurones à coups de riffs addictifs, de hurlements déments et de saturation oppressante. Bon là, pour les hurlements déments, on passe la main, par contre pour ce qui est du reste, les "jumeaux" ne font pas semblants ("In the beginning was the scream", "Murder of..."). Des riffs au kilotonne qui s'amoncèlent devant la porte du studio, des bouts de textes balancés comme ça sans prévenir, à la face de l'auditeur, une batterie sentencieuse qui accomplit son œuvre ("Storytelling of ravens"). Métronomique et implacable. Entre cette colère sourde qui semble inexorablement émerger des profondeurs et les quelques moments d'un répit relatif qui ne sert qu'à préparer le prochain assaut, les américains en remettent inlassablement des couches, lesquelles se superposent encore et encore pour ne plus former qu'un tout monobloc ("Crow hymn"). Le Mur façon Eagle Twin. Guitare barytone énormissime, un préposé au chant qui ne fait pas à proprement parler dans la douceur satinée (les "Grizzly spits" qu'ils appellent ça eux, tout un programme...), un bourdonnement permanent qui rend grâce à la production maousse du duo. qui on le rappelle n'est donc composé que de deux membres (logique), sauf qu'ils font autant de bruit à deux que la plupart à quatre ou cinq. Heavy blues aux relents stoner sludge ("Carry on, king of carrion"), un soupçon de southern metal aux accents death pour bétonner tout ça et voici que Eagle Twin assomme définitivement la concurrence ("And It came to pass that birds fell to Earth as black snakes"). Quelque part au détour d'un marécage bien humide, entre les Corrosion of Conformity, Earth, YOB et autres héritiers de Sleep, Eagle Twin acère ses griffes. En 7 titres, le groupe s'impose et s'affirme comme un nouveau poids-lourds du genre. Un mastodonte stoner metal sludge doomy qui a la rage, la lourdeur pachydermique et la férocité d'un brontosaure en période de rut croisé avec un T-Rex privé de petit dej' depuis deux semaines. Les deux se sont parfaitement bien répartis les tâches, le premier pilonne et concasse les tympans, le second s'amuse à passer sur les restes avec un bulldozer, histoire de bien émietter nos membranes auditives. Du très lourd qu'on vous dit.