Dysfunctional - John Stone Lives En France, on n'a pas de public, par contre on a de sacrés bons groupes de metal. Oui bon, ok c'est un peu expéditif dit comme ça, encore que... ce ne soit pas tout à fait faux. Loin de là même lorsqu'on y réfléchit. Et si en plus de l'absence d'intérêt collectif, on ajoute un manque évident de structures compétentes (il y en a certes mais la liste tient sur un timbre-poste), l'autoproduction est souvent le passage obligé pour un groupe cherchant à faire ses premiers pas discographiques ce, quelque soit ses qualités intrinsèques. Le problème inhérent à ce constat étant que de fait, le nombre d'autoproductions est exponentiel et qu'il y a donc une grosse lessive métallique à faire parmi tout ce qui sort, des choix parfois cornéliens également. Pas avec Dysfunctional qui assez rapidement, met tout le monde d'accord sur son cas.

Car les frenchies ont décidé de tout faire comme les "grands", à commencer par soigner le look de leur album. Visuel classe, packaging étudié, du digipak trois voilets qui arrache la gueule, c'est beau, c'est drôlement bien foutu et pour ceux qui aiment encore le format "physique" de la musique (et il y en a, l'explosion du vinyle le démontre), ce John Stone lives est un vrai bonheur. Encore fallait-il que le reste suive... Pas de souci à se faire de ce côté-là non plus, les Dysfunctional assurent également le coup avec un album qui, après une intro ("Fridge") toute en délicatesse (et samples), vient dès le premier "vrai" morceau ("Shape, stuff and whatnot") nous effleurer, brutalement, la tuyauterie auditive. C'est technique, un brin (trop?) démonstratif par moments mais à la fois lourd, véloce et bien hargneux, catchy et suffisamment varié pour ne pas sombrer dans les clichés récurrent du genre. Déjà une bonne chose de faite.

BIM, un bon gros coup de boost sur "Can't fathom" histoire que les préposés au micro y aillent de leur petit plaisir à gorge déployée pendant que derrière, les zikos ferraillent. Ruptures de rythme incisives, gros riffing tranchant qui a"mosh"ent les tympans, death mais pas trop, technique, pile comme il faut, le groupe manque parfois un peu de corps dans l'intensité émotionnelle de ses climax mais pour le reste, c'est déjà bien carton... Voire plus quand le groupe nage comme un poisson dans l'eau avec "Wanda" et cogne dans tous les sens sur le torturé "Discotte" ou le détonnant "Scuba". Destructeur... alors que dans le même temps, Dysfunctional continue d'apporter un peu plus de variété à sa palette sonique de manière à ne pas se cantonner au death technique qui tronçonne comme pas deux. "Foresight" donne ainsi dans l'émo-metal hargneux qui se termine par une ballade pas trop mièvre. Dans le genre, c'est quand même assez rare pour être noté, surtout quand le groupe est capable d'enchaîner sans se poser de question avec un bon gros parpaing death-metal à l'intro "Gojiresque" ("Pristine bowel") pour mieux conclure les (d)ébats avec deux dernières torpilles bien senties. Reçu avec mention.

PS : et pour ceux qui n'aiment pas les beaux objets, l'album est en téléchargement libre. Bah ouais sont comme ça les Dysfunctional...