Drawers - This is oil EP ... This is oil motherfuckers !!!. C'est un peu la réaction, certes assez primaire sur la forme mais carrément justifiée par le fond à la découverte du premier EP de ce groupe venu du Sud-Ouest est livré dans un boîtier... DVD. "D" comme Drawers, comme Down aussi, influence évidente à l'écoute de ce premier EP signé par une bande de frenchies nourris au son venu tout droit du bayou. "D" comme "prend ça Dans ta gueule", ou comment infliger une belle séance de dérouille auditive en cinq leçons. Pourtant, les Drawers avaient commencé en douceur. Une intro toute en atmosphères, légèrement électriques mais relativement calmes, pas forcément annonciatrices de ce qui va suivre. Puis vient le moment où le groupe décide de décharger ses riffs sur la platine. Et là autant dire que ça calme son monde rapidement. Ici pas question de lorgner du côté des QOTSA et autres Hermano, chantres d'un desert/stoner rock électrique au groove enfumé, non Drawers cause southern rock qui tabasse. Du genre destructeur et chargé en testostérone.
Compression auditive, séance de matraquage d'instruments placés sous le triple signe des Crowbar, Down et Corrosion of Conformity, les Sudistes envoient du lourd. Vocaux gras et éraillés (du Phil Anselmo pur jus) et section rythmique qui pilonne à sec, des compos taillés au tesson de Jack Daniel's, l'inaugural et éponyme "This is oil" sent l'huile de moteur à plein nez, et fait déjà vrombir la mécanique. Pas de doute, nous sommes en terrain connu. Les inconditionnels du genre peuvent remiser leurs doutes au garage, les Drawers ont parfaitement assimilé leurs classiques et en proposent leur lecture du sujet. Et celle-ci déménage. 3 mots : burné, hardcore et sauvage. This is oil n'est pas un EP pour les fragiles de la membrane, c'est du gros son qui tâche, sludge poisseux à la Heavy zoo (l'énorme album des furieux de Beehoover), qui taille directement dans le gras et arrose le tout au napalm. On croyait avoir compris, pour être sûr, on enchaîne et on encaisse "Everything to live" en frontal, comme ça, en pleine face. Un hymne au headbang directement importé depuis les marécage de Louisiane, du stoner metal/hardcore southern rock qui tronçonne à tout va et des titres exécutés avec une maîtrise qui promet d'ailleurs quelques beaux moments de concassage auditif en live ("My ranch"). Pour la finesse, tant pis on repassera, Drawers, n'est pas vraiment là pour ça... (le bien nommé "Whisky"). Le contact est viril, le résultat défouraille à mort et se révèle totalement addictif. Stay down !