metal Métal > Doyle Airence

Biographie > Sir Arthur Conan

Sont-ils fans de Sherlock Holmes ? La bio ne le dit pas, ce qu'on sait, c'est que Doyle se forme à Paris en 2005 autour de Loki au chant, Austin et Tak aux guitares et Séb à la batterie. Quand le groupe réserve le studio Météore, il ne sait pas encore qu'il va devoir trouver un bassiste pour enregistrer les 4 titres de son premier maxi... et qu'il débauchera le temps de l'enregistrement MarQ (Enhancer) avant de voir arriver dans ses rangs Alexis (ex-Aimecho). Submerge est enregistré et mixé par Ivan Herceg (Klone, Counterfeit, Stereotypical Working Class...) et est dispo depuis quelques mois...
Un bon EP qui permet d'ouvrir pour quelques pointures comme 36 Crazyfists, Enhancer, Horse the Band ou Devil Sold His Soul... En avril 2009, le groupe annonce le départ de Loki et l'arrivée de Thomas au micro, ils se remettent au travail et retournent enregistrer avec Ivan Herceg leur premier album And gods will.... Celui-ci est mixé par Ulrich Wild (Deftones, Staind, Bleeding Through, Incubus...) et sort au printemps 2010.

Review Concert : Doyle Airence, Deftones au Splendid (déc. 2010)

Interview : Doyle Airence, De Doyle tout court, à Doyle Airence... (Fév. 2014)

Interview : Doyle Airence, And Doyle says... (oct. 2010)

Doyle Airence / Chronique LP > Monolith

Doyle Airence - Monolith Le changement de bassiste à l'été 2012 (avec donc l'arrivée de Pierre) aurait pu être la principale évolution de Doyle depuis son premier album déjà bien remarqué par nos services... Mais voilà qu'une fois sorti du studio avec leur Monolith fraîchement fonctionné, le groupe a du faire face à l'imprévisible... La connerie humaine. En l'occurrence, celle de Doyle Wolfgang von Frankenstein, ex-guitariste Misfits à qui la créatine a vraisemblablement ramolli le cerveau. Dans un éclair d'intelligence, le mec menace les Doyle de poursuites judiciaires car il a déposé son prénom en 2012... (si si, c'est très sérieux). Ni Mozart ni Mary Shelley ne réagissent (et c'est bien dommage) mais pour s'éviter des emmerdes inimaginables, les frenchies changent de nom pour Doyle Airence. Personnellement je proposerais bien au sixcordiste ricain d'ajouter au début de son pseudo "Sir Arthur Connard" mais je crains d'être moi-même attaqué en justice donc bon...

Cet ajout, au départ involontaire donc, et qui vient d'un de leurs titres phares leur va finalement très bien. Il ajoute des molécules d'air dans un univers très dense où l'oppression et les compressions ont tendance à faire oublier que Doyle Airence sait également jouer en sons clairs et épurés, certains passages lorgnant sur le post-rock bien davantage que le HardCore. Et pas seulement en intro, outro et en transitions, ces ambiances ne sont pas de simples décors. Les Parisiens en ont parsemé leurs compositions (le génial "The great collapse") et continuent donc d'explorer leur univers à la fois sludge lumineux et sombrement véloce. L'amalgame est une grande réussite, la seule écoute de "Friendly fire" ébahira les curieux tant le morceau est un condensé du talent de Doyle Airence, à l'aise quelques soient le tempo ou le ton, capable d'écrire des lignes ultra catchy ou d'autres agressives en diable avec comme thème de prédilection les rapports humains. Et quand le chant se dédouble avec la combinaison profondeur/hauteur pour s'accorder aux déchirures des guitares, ça donne même des frissons ("Liquid skies").

Confirmant tout le bien qu'on pensait d'eux avec ce Monolith à l'artwork particulièrement soigné et surtout une dizaine de compositions en béton armé de sensibilité, les Doyle Airence ont tout pour prouver au monde entier leur sérieux comme leur talent évident. Désormais chez Lifeforce records, le label allemand qui a servi de propulseur à Between The Buried And Me, Caliban, Heaven Shall Burn ou Trivium, le groupe a désormais à peu près tout pour devenir une très belle référence du genre.

Doyle Airence / Chronique LP > And gods will...

Doyle - And Gods will... Pour un jeune combo prometteur comme Doyle, un changement de chanteur apporte forcément une évolution plus générale dans une direction ou une autre... Ici, l'arrivée de Thomas a ouvert de nombreuses nouvelles voies/voix et le groupe a tendance à toutes les suivre avec délice sans occulter leur passsé ("Submerge" déjà présent sur l'EP éponyme est "repris" sur l'album). A leur base emo/screamo, ils ont ajouté d'autres possibilités tirant vers le hardcore/métal core avec plombage de riffs et chant grogné/scandé/mélodieux dans le même titre ("New season") comme vers des triturages soniques orientés post rock ("Sink islands", "Words" et quelques plans deci delà). And gods will... compacte ainsi un fourmillement de bons plans qu'ils soient graves et basiques ou aigüs et tendus, le point commun étant la classe de la saturation, toujours bien dosée. On passe donc d'une ambiance à une autre sans presque sans rendre compte, rapidement, avec ou sans brutalité selon la volonté de Doyle (ou de Dieu ?). Et tout ces enchaînements coulent de source, c'est comme s'ils étaient inscrits, logiques, évidents, le groupe a toujours fait le meilleur choix, pas une seule seconde on se dit : "tiens, j'aurais préféré qu'ils continuent sur ce schéma...", non, l'ensemble est totalement maîtrisé, implacable et pour rester dans une certaine thématique ... divin. J'aimerais juste en savoir plus sur le slogan God is the answer seriné dans le morceau éponyme, fuck, même si c'est une forme de prosélytisme, ça reste musicalement en béton ! Sorti de ce titre, mis de plus en valeur par le joli artwork, difficile d'extraire un morceau d'And gods will... car tous apportent leur pierre à l'édifice Doyle qui pourrait être le nouveau temple d'un métal décomplexé face aux anglo-saxons et aux guerres de tiroirs. Ainsi soit-il.

Doyle Airence / Chronique EP > Submerge

Doyle : Submerge Baguettes appuyées sur les tomes, larsen qui monte et après 15 secondes, "La couturière" nous plonge au coeur de la musique de Doyle, à la fois hachée et coulante, douce et rageuse, elle est toute en contraste et à ranger au rayon émo (celui des premiers Funeral For A Friend, Unjust ou de Ampools, pas celui de Tokyo Hotel hein !). Parfois criés (on passe alors de l'émo au screamo en ajoutant quelques lettres), les textes alternent entre français et anglais sans qu'on puisse aisément les comprendre (à moins de les avoir sous le nez). Mais, plus que des idées, Doyle veut nous submerger par des émotions et des sensations et c'est à sa musique qu'on est receptif (ou pas). Si on aime un tant soit peu être lacéré par une voix et des guitares, mélanger "à fleur de peau" et "à vif", alors on est très réceptif, Doyle jouant également assez bien avec les réactions physiques, provoquées par ses rythmiques démantibulantes. Submerge est aussi un concentré d'énergie qui jaillit, non pas sans contrôle, et qui touche tout ce qui l'entoure, une dépense de kilojoules qui sait attendre le bon moment et s'économise sur d'autres passages où l'air perd en saturation.
Avec des guitares et un chant tournés vers l'émo-core, Doyle surfe évidemment sur la vague de ces dernières années mais de par ses compositions et la tonalité de l'ensemble évite l'écueil de la facilité et s'offre une belle crédibilité là où d'autres, opportunistes, se sont cassés les dents. Submerge est un premier maxi très réussi, c'est désormais sur scène que le groupe va se nourrir, la suite est donc alléchante...