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Biographie > Riders of the Doom (Ark)

Side-project de Nate Newton (bassiste de Converge et guitariste au sein d'Old Man Gloom), Doomriders est une formation death'n'roll/stoner-metal/hardcore-punk qui voit le jour au milieu des années 2000 lorsque son instigateur ressent le besoin de se défouler avec un nouveau projet parallèle (et pendant les rares "pauses" de ses groupes principaux). Un premier album voit rapidement le jour par l'intermédiaire de Deathwish Inc. (Blacklisted, Modern Life Is War, Pulling Teeth, Trap Them...), label co-géré et co-propriété de Jacob Bannon, l'acolyte de Newton au sein de Converge avant que le groupe ne retombe dans les limbes pendant quelques années, conséquence directe d'un emploi du temps plutôt chargé pour son leader. Si bien que ce n'est que quatre ans plus tard que sort Darkness come alive, toujours chez Deathwish, mais cette fois, le groupe en profite également pour tourner massivement (avec Coliseum et Saviours notamment) avant de redevenir silencieux.
4 ans, c'est ce qu'il faudra encore pour que Doomriders, toujours fidèle à son label, ne se réactive et donne naissance à un troisième opus : Grand blood.

Doomriders / Chronique LP > Grand blood

Doomriders - Grand blood Après 24 secondes d'introduction déjà bien sous tension histoire de prévenir le néophyte que ça ne va pas tarder à tomber, fatalement, quand "New pyramids", le premier véritable morceau du troisième album de furieux Doomriders enclenche la marche avant, ça dérouille pas mal. Comme l'on s'y attendait, le groupe sort l'artillerie lourde, libère son kraken musical et déchaîne les enfers à coups de stoner/hardcore infusé au death'n'roll/heavy/sludge qui dégoupille sévèrement les neurones. On le savait, la calotte devait fatalement nous claquer les fessiers jusqu'à les rendre rougeoyant au terme de l'album, zéro surprise de ce côté-là, c'est bien le cas.

Mais auparavant, les Américains toujours efficacement emmenés par un Nate Newton (Converge, Old Man Gloom) au sommet de son art et encore une fois distribués par les bons soins du label Deathwish Inc., exécutent un hardcore'n'roll forcené générateur d'une incandescence sonore des plus libératrices ("Mankind"), qui entre groove apocalyptique et harangue contaminatrice (le saignant et éponyme "Grand blood"), délivre une musique aussi passionnelle que furieusement racée ("Bad vibes", "Dead friends"). Les Doomriders distribuent les baffes sonores avec une constance qui frise l'irrationnel et enchaînent consciencieusement sans jamais se défiler dès lors qu'il s'agit d'aller au charbon (énorme "Death in heat", l'instinctif "We live in the shadows").

Une intensité de tous les instants, une efficacité redoutable qui met en exergue les pulsions sonores d'un groupe qui dévore goulûment la platine, celui-ci cannibalisant littéralement son auditoire alors-même qu'il poursuit son entreprise de démolition émotionnelle en se jouant des codes des styles dont il use pour mieux en exacerber l'essence. Promenade stoner/heavy-sludge habitée ("Gone to Hell"), rock hardcore punk sauvagement accrocheur ("Back taxes"), Doomriders fait à peu près tout ce qu'il veut avec une maîtrise absolue et une qualité irréprochable. Alors quand il s'agit de boucler la boucle de ce troisième album et de conclure virilement les (d)ébats, rien de mieux qu'asséner un dernier coup de boutoir, ultime coup de reins avec l'implacable "Father midnight".

Foudroyant.