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Doctor Livingstone > Chronique LP / Doctor livingstone
Alors là, Doctor Livingtone a réussi un sacré coup de bluff ! Effectivement, si on se fie à l'illustration ornant la pochette (et aux 3 lignes de son en-tête) ainsi qu'au (court) document (à défaut de dossier) de presse joint à la galette, on s'imagine que nous parvient un groupe d'électro-pop (à la Minuscule Hey) ou de folk-rock (dérivé des Cornflakes Heroes), de musique mellow et sirupeuse ou encore une formation totalement déjantée, une sorte de "Enhurus de Bio-Pooh" (contraction forte utile de Enhuma, Anthurus d'Archer, Biocide et Flying Pooh). Même si la biographie apprend que certain(s) Doctor Livingstone sont passés dans les rangs de Illegal Process, j'essai de me persuader que tout est permis, que Doctor Livingstone doit adorer se noyer dans des mélodies et le raffinement le plus complet. Les membres de High Tone (du dub, pour les ignares) n'ont-ils pas sévis dans le hardcore à leurs débuts ?
Fini de tourner en rond, il est temps de passer aux choses sérieuses, n'est-ce pas ? Et on se rend compte que le groupe n'en a que cure des leçons de politesse et se fiche bien d'arrondir les angles ! Car voyez vous, c'est plutôt sur de solides bases punk-hardcore que Doctor Livingstone a choisi de s'asseoir et d'évoluer. Donc pas de harpe ni de clavecin dans les environs... La musique inoculée par le groupe est compacte et racée ("In vain", "Love and loyalty vs lust and debauchery"), groovy et percutante ("#2"), salvatrice et étourdissante ("Ambition for failure") voire même aux frontières de la débauche ("A fleur de peau") et n'hésite pas non plus à écorcher ("The wart of the land"). Toujours bon à préciser, le tout est servi par une production qui décollera le cervelet de plus d'un(e). Et afin d'effectuer un nouveau rapprochement avec Illegal Process, impossible de ne pas indiquer que Doctor Livingstone sait aussi choisir des titres relativement longs pour nommer ses titres, comme en témoigne "And all of them were convinced that poetry could save their poor songs".
Adeptes féroces (sembe-t-il) du DIY, le groupe propose de te livrer ce premier album contre seulement une enveloppe à ton adresse affranchie de 2 timbres (soit 1,06 € !). Mais ce n'est pas tout, puisque si il est possible d'écouter des titres de Doctor Livingstone sur leur page myspace, je vous invite aussi à vous rendre (au plus vite) sur leur website, qui en plus de proposer l'ensemble du disque en libre téléchargement, vaut largement un détour de quelques clics de souris : c'est une fausse page myspace assez désopilante où les amis du groupe sont Tropico, Lada et Dim et où un responsable de chez EMI et Mozart -himself- viennent se lâcher !
Voilà, Doctor Livingstone est capable de mettre en boîte des morceaux toniques et rondement menés tout en bluffant ses auditeurs plusieurs instants mais cela ne répond pas à la question essentielle : sur la pochette, entre le cow-boy et le shériff, qui bluff qui ?
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