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Né de la rencontre à Paris de Suti Gabeh, Mawsi Khai et DJ Ganesh en 1997, D-Fe ("Difé") est l'initiateur du "zwenks métal" (à prononcer "zouinx"). Ce style de musique propre au groupe est le fruit de la rencontre du métal avec la musique tribale africaine, musique à la fois urbaine et ancestrale. D'ailleurs, le mot "zwenks" est un terme caraïbéen des années 1980 signifiant barré, insaisissable, bizarre (et c'est grâce à la bio officielle, très bien organisée, que l'on apprend cela). D-Fe ne se limite pas à croiser les genres musicaux pour en faire le sien, il agit aussi sur le visuel. Ainsi, le groupe n'hésite pas à se maquiller, à porter des masques de tribus traditionnelles (Dogon, Yoruba) et à confronter le port de vêtements occidentaux avec ceux du continent africain.
En 2000, le groupe sort son premier album (Revendik), autoproduit, et enchaîne une tournée française en compagnie de Catch 22. En 2002, D-Fe est Lauréat du Starting Rock Chorus des Hauts-de-Seine, du FAIR et accède à la finale du grand Zébrock. Le maxi Zwinx 2 death est remarqué par quelques mag/web/fan/zines. L'année suivante, le groupe met en boîte trois nouveaux titres et tourne un clip à la requête du label Debut Libreria afin de les ajouter à Zwinx 2 death et de commercialiser un EP. Le label fait faillite mais le contenu du EP Kemite sera accessible en libre-téléchargement sur le site du groupe. Cette année, le groupe fera notamment la première partie d'Eths. Arrive 2004 et l'enregistrement du deuxième album, éponyme celui-ci. D-fe sortira en 2005, le groupe assurera la première partie de Fishbone et ira jouer à New-York. Ce disque est aussi disponible sur le website du groupe. Au fil du temps, le line-up de la troupe s'est étoffé et a évolué pour être le suivant : Mawsi Khai (voix et n'goni), Kalisté N'toné (voix), Suti Gabeh (guitares), Olivier Hauspie (batterie), DJ Ganesh (platines et samples), Baf (guitares), Pôl (basse) et Moussa N'diaye (percussions). C'est récemment que Kalisté N'toné a quitté le groupe et qu'Olivier a été remplacé par Brice au poste de batteur. Mais le troisième album est bel et bien en route, son enregistrement a déjà débuté et c'est le groupe qui en assurera la production.

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D-Fe : D-fe C'est une intro pas très audible à volume sonore moyen que D-Fe distille. Tu montes un peu le son pour te rendre compte que dès cette piste d'une minute, le groupe commence son travail revendicatif. Et paf, c'est au tour de "Kemite" de te sauter à la gorge ! D-Fe n'aura pas mis longtemps à poser les jalons : rythmes tribaux et syncopés, guitares denses et agressives mais aussi instants "fusionnels" donnés par les samples et quelques passages posés en guise d'intermèdes. On sait que le groupe mixe allègrement les cultures dans son univers visuel et dans l'écriture des compos, aussi, il en est de même pour le chant qu'il emploie. Rappé, hurlé ou plus (rarement) mélodieux, il est exécuté en diverses langues : ka, français, douala ou créole et prend parfois des allures incantatoires. "Muziki" n'est autre qu'une version de "Toute la musique que j'aime" (ah que Johnny Hallyday, le franco-belgo-helvétique de la Brinks) revue et corrigée, métamorphosée en un brûlot contestataire dont la démarche avoisine celle de "The star spangled banner" (Jimi Hendrix). Le groupe n'hésite pas non plus de dénoncer les exactions entre peuples africains ("M'appelle pas frère") ou les manigances des diasporas de ce même continent ("Kriminèl").
Si D-Fe défouraille sévère ("Dézod'"), entreprend des structures échevelées, brouille les pistes, ne cesse de chercher l'explosion durant neuf titres en une demie-heure, le dernier titre ("Lévé") en est tout autrement. Partie de plaisir très sage, "Lévé" se lie de musique traditionnelle et plutôt acoustique (flûte, derbouka, guitares aériennes) et s'étire paisiblement sur quinze minutes. Ceci sans oublier le chant, parfois proche de spoken words, témoigne aussi de la capacité qu'a D-Fe de faire preuve de mansuétude envers nos tympans.
Le groupe, représentant du zwinx métal, s'intercale entre System Of A Down, porte-parole de la cause arménienne et Sepultura, adepte depuis belle lurette de la jonction entre métal et rythmiques tribales. Les D-Fe ont donc sorti un album haut en couleurs, recelant d'intentions tout ce qu'il y a de plus louables, servies sur une musique abrupte et compacte. Et dire que le prochain disque s'annonce "plus extrême" que celui-là !