metal Métal > Devildriver

Biographie > là où nous conduit le diable...

Devildriver est le nouveau groupe de Dez Fafara, ex-leader de Coal Chamber, monté comme son projet parallèle perso, "sa chose" a finalement pris le pas sur le groupe dans lequel il devait partager les décisions. A ses ordres, Dez a Evan et Jeff (guitaristes), Jon (bassiste) et Johnny B. (qui n'est pas le frère de Benny mais le batteur), ensemble depuis 2001, ils ont composé et enregistré un premier album éponyme qui sort en novembre 2003...
En 2005, aprés un changement de guitariste (Michael a remplacé Evan), le groupe sort de quoi enfoncer le clou : The fury of our maker's hand.

Devildriver / Chronique LP > Beast

Devildriver - Beast "Know your enemy" disait en substance Sun Tzu (Rage Against the Machine aussi soit-dit en passant) dans on "L'Art de la guerre", premier traité de stratégie de l'histoire militaire. Alors qu'attendre d'un nouveau Devildriver en 2011 sinon une grosse marave métallique furieusement outillée et solidement burnée ? La réponse est évidente... Rien d'autre. Mais en même temps c'est aussi pour ça qu'on se jette dessus. Parce qu'on est ici en territoire connu, qu'on vient prendre sa dose de de neo-death/groovy metal en sachant pertinemment que ça va démonter quelques cloisons, que ce sera excellemment produit, bien troussé et surtout foutrement efficace. Bref, qu'on va en avoir pour notre argent.
"Dead to rights" ouvre le feu et la bande à Dez Fafara passe instantanément en mode "guérilla urbaine". Gros son qui tabasse, grosse force de frappe, grosse présence dans les rucks et puissance d'impact en sus : c'est carré, ultra bien foutu et ça mitraille dans tous les sens. Désormais sous un feu nourri, le groupe dégaine un "Bring the fight (to the floor)" toute en frénésie thrashisante avant de partir en reconquête à coup de "Hardened" ou de "Shitlist" hyper techniques et voraces. Fatalement, ça gueule à s'en claquer les cordes vocales, ça envoie du riff butiner les amplis par pack de douze et même si ça force parfois un brin sur le solo de gratte qui en met plein partout, le résultat est plus que correct.
En trois petits titres, Devildriver démontre qu'il n'aura aucun mal à parvenir au minimum syndical ici exigé, voire à jouer les garçons bouchers option "il y en a un peu plus ma p'tite dame, je vous le mets quand même". Faut aussi dire qu'en sortant l'artillerie lourde, le groupe s'offre une petite séance de bombardement massif à coups de "Talons out (Teeth sharpened)" ou de "You make me sick" bien couillus et qui avoinent les tympans comme personne. On l'aura compris, ce Beast est aussi simple, imparable et salement aussi violent que le suggère son titre : le groupe y éparpillant les brûlots groove metal aux gros relents death en livrant des titres qui collent une bonne trempe à la manière d'un "Coldblooded", d'un "The blame game" ou encore de "Lend myself into the night". Bourrin et parfaitement bien exécuté. On n'en attendait pas moins.

Devildriver / Chronique LP > The last kind words


Devildriver - The last kind words Année impaire, année Devildriver ! Sixième année d'existence, troisième album, le moins que le l'on puisse dire, c'est que soit Devildriver a enclenché le régulateur de vitesse, soit il avance avec un métronome dans la tête... Le groupe n'a pas changé et l'atmosphère est la même que sur The fury of our maker's hand, assez proche de Coal Chamber et donc plus éloigné des débuts fracassants de Devildriver, on a toujours des parties où ça blaste sévère (le batteur n'y va pas de main morte) et où le chant tire par courts instants vers le black ("These fighting words") mais The last kind words ne révolutionne en rien le caractère du groupe. Pas plus musicalement (ce qui est plutôt une bonne chose) que graphiquement (ce qui est plutôt une mauvaise chose), on se farcit donc encore leur logo pourrave et une pochette risible, c'est quand même dingue qu'un mec qui a de si bonnes idées avec des instruments soit aussi mauvais avec une palette graphique, car oui, cette grosse faute de goût est encore signée Dez Fafara, ce serait bien que quelqu'un le lui dise... Comme on n'est pas obligé de garder l'artwork sous les yeux durant les 3/4 d'heure que dure le disque, on ferme les yeux et on ouvre les oreilles pour prendre quelques claques comme "Clouds over California" (nuages de fumée ?) et son amalgame entre rythmique massive et guitares saignantes. The last kind words abrite encore moultes solos, bien placés, ils donnent davantage d'identité aux titres que le chant ou les textes qui ne se distinguent pas forcément par leurs diversités. Si ces solos apportent un plus indéniable, il est dommageable que le groupe ne sache pas toujours terminer ses titres, ils abusent un peu des fade ("Bound by the moon", "Horn of betrayal") et des accalmies acoustiques radicales ("These fighting words", "Head on to heartache (let them rot)") ou carrément étranges ("The axe shall fall" et son orgue Hammond qui arrive comme un cheveu sur la soupe). Comme Dez est très famille, son deuxième fils, Simon (qui n'a pas encore 10 ans), participe au refrain de "Tirades of truth". Tyler (l'aîné) ayant déjà un titre qui lui est dédié ("Tyler's song" sur Chamber music), il ne reste qu'à Kaleb de rentrer dans la danse, certainement dans 2 ans, car The last kind words ne sont certainement pas les derniers mots de Devildriver.

Devildriver / Chronique LP > The fury of our maker's hand


Devildriver : The fury of our maker's hand Aprés un premier album attendu au virage, bien négocié, la machine Devildriver est de retour avec The fury of our maker's hand et ce deuxième opus devrait faire monter dans le camion quelques vieux fans de Coal Chamber qui n'avaient pas totalement accroché sur Devildriver. Et oui, ces 12 titres apparaissent davantage proches de Coal Chamber, il reste des passages trés violents avec des parties de batterie haletantes ("End of the line" avec une intro qui est un "classique" d'explosivité, "Bear witness unto" ou "Just run") mais dans l'ensemble, on retrouve le côté "groove destructeur" et mélodies en acier trempé cher aux charbonniers ("Driving down the darkness", "Pale horse apocalypse" ou "Before the hangman's noose"). Dez Fafara est bien épaulé par ses deux guitaristes qui éclaircissent une atmosphère sombre où les textes traitent de la fuite, la trahison, la peur, de l'autre comme un ennemi... Leurs parties guitares (autant les rythmiques que les solo) donnent beaucoup de profondeurs aux titres et c'est un vrai plaisir que de les entendre s'amuser sur "Grinf**ked" ou poser les breaks sur "Fury of our maker's hand". S'il utilise moins les gimmicks chantés qu'auparavant, Dez n'a pas perdu la main (ou plutôt la voix) et le prouve avec "Sin & sacrifice" (Tempting me / Tempting you / Tempting us in all we do...).
Devildriver poursuit son chemin avec le lourd héritage de Coal Chamber et en y injectant tout un tas d'influences : hardcore, black, indus, avec du vieux ils font du neuf (merci Colin Richardson pour le gros son...), Dez Farara clame haut et fort que sa carrière (et celle de son groupe accessoirement) n'en est qu'à son début, espérons qu'il continue de tenir aussi bien la route.

Devildriver / Chronique LP > Devildriver

devildriver Après le néo lourd, posé et groovy de Coal Chamber, Dez avec Devildriver nous cuisine avec d'autres épices comme le death voire le black métal (les premières intonations de "Nothing's wrong" flirtent avec le style de Dani Cradle of Filth !). Le néo n'est pas oublié pour autant avec quelques passages et refrains bien typés, tout aussi clichés que l'ésotérisme option sorcellerie du livret. Aux influences death, black et néo, ajoutons quelques rythmiques industrielles (dignes de Fear Factory) et n'oublions pas le phrasé de Dez Coal Chamber Fafara, voilà on a Devildriver. Si la mayonnaise peut sembler assez peu évidente à réussir, ça prend assez bien... Ce mélange et l'apport du death/black ("Die (and die now)", "The mountain"...) est même selon moi bien mieux réussi que chez Slipknot et si Dez y est pour beaucoup, il ne faudrait pas oublier l'importance des rythmiques et de leurs changements ("Cry for me sky", "Swinging the dead"), headbanging et mosh pit sont au menu, Devildriver a réfléchi aux meilleurs moyens de foutre le feu en faisant du bruit et ne cherche pas seulement à balancer du son dans les oreilles des kids. Dans cette mare de décibels noirâtres, ressort "Knee deep" qui aurait pu être écrit par ... Coal Chamber, aéré, très groovy, il ressort un peu du mur de guitares/batterie qui nous est servi pendant 41 minutes.
Bref, Devildriver est un disque compact (en plus d'être un Compact Disc ! ok, je sors), qui ouvre un nouvel horizon à Dez Fafara, les amateurs de gros son seront ravis, ceux qui recherchent davantage le groove en resteront à Coal Chamber...