metal Métal > Defdaf

Biographie > Défense d'afficher ?

Defdaf (à l'origine "Défense d'afficher") s'est formé dans la première moitié des années 1990 et concrétise ses premiers efforts par un disque en 1997 qui n'est pas encore à la hauteur de leurs espérances. En avril 1998 c'est un quatre titres, Houria qui leur ouvre des portes, ils multiplient les concerts. Après plusieurs changements de line-up le combo est composé en 2000 de Greg à la guitare, David au sampler, Tonio à la basse, Steph à la voix et Mano à la batterie. Ils enregistrent une nouvelle démo, Insomniak, changent de nom pour Defdaf, bref une nouvelle ère commence. Aujourd'hui après avoir ingurgité pas mal d'influences bien senties (on sent la petite touche BBA où je me trompe ? ) dont pas mal de fusion-metal on est enfin prêt à les re-découvrir. Entre rock et métal, dans la tendance du moment, Defdaf réussit à s'imposer, jouant sur des rythmiques saccadées, une voix changeante (graves et aigus maniés de façon impressionnante) et un cri rock bien déterminé à en ébranler plus d'un. Be the light est en quelque sorte leur premier album, sorti en 2002, produit et mixé par Jean-Louis Thauvin (qui avait fait Insomniak) au studio Pôle Nord et distribué par Musicast.

Defdaf / Chronique LP > Be the light

defdaf : be the light Be the light est résolument un disque à prendre sous différents angles, à retourner dans tous les sens afin d'en percevoir la qualité. Ainsi "Occident boy", le premier titre nous donne le ton général de cet album sans pour autant en explorer tous les visages. Vigoureux, rapide, avec beaucoup d'énergie, Defdaf nous emmène dans son monde, essaie de nous y retenir, à l'image de la pochette où cette main nous agrippe. Plus aérien dans l'intro, notamment avec l'omniprésence de samples, "Secret society" est plus torturé, le parlé sombre et les guitares agressives "Can you feel my power, can you feel my fire ? My voice is your friend". Les Defdaf sortent leurs meilleurs arguments qui conviendront très bien aux amateurs de bourrin hors-cliché. Le son est bien agréable, aéré, on regrette parfois ce coté un peu aseptisé qui s'en dégage mais aucun doute on est convaincu. "What was it for" est pour moi une ode à l'antimilitarisme, on ne peut que les en remercier, un peu de nostalgie puis on se penche avec rage sur la "Black girl". Le thème n'est ni très original (racisme) ni neuf (hélas) mais il est traité sans stéréotypes ni niaiseries. On s'attardera avec délice sur la frappe bien sèche dans les parties rapides et toujours cette mélancolie fournie par les samples, les breaks dynamisés par la basse et les voix fondues sous les effets. "Ecordsay" anagramme-clin d'œil, private joke à l'industrie du disque, la compo part étrangement sur des contretemps ma foi sympathiques mais un peu hors-contexte...Et c'est bien sa force ! Defdaf montre encore une fois qu'il n'est pas un de ces jeunes groupes "trendy" puisqu'il puise sa puissance dans une diversité musicale tout à son honneur, ici en l'occurrence "Furious festa", riche, rock'n'roll, légèrement funky ? (reggae =) ) et surtout efficace. "Let all the people sing, let all the people hear -I saw a story where my music was free". On en demande autant nous aussi aux maisons de disques ! Grrrrr ! Le 6eme titre, "G.W.B" est dédicacé au 1er homme des USA et (entre autre) de la connerie humaine. Le titre est rapide (2 minutes) mais intense. Vite et bien à l'image de Be the light ... Dans la même lignée "N.D.SEN.C" dénonce l'indécence des media sur un fond sonore qui monte doucement, un bon vieux crescendo violent qui semble tourner en rond histoire de bien te torturer les nerfs... Que du bon donc =) "Insomniak" est à retenir déjà pour les paroles en français (tout le reste de l'album est en anglais) et pour la voix qui à mon avis ressort mieux sur cette compo. Ca me fait penser (peut être à tort ?) à un Lofofora en pleine ébullition avec des envolées musicales dignes de NoOne, parfait jeu de samples ..et enfin c'est un live avec un son miraculeux ! (lol) Tout dernier titre, acoustique, "King of the World" où Bush Jr prend décidément bien des coups. Titre classique, très agréable, il conclut avec élégance un album illuminé (?).
C'est donc une certitude et au risque de me répéter, Be the light est fait pour les amateurs de rock alternatif en tout genre. On est agréablement surpris par les multiples influences du groupe. Oscillant entre métal et rock Defdaf dégage ce petit quelque chose en plus qui va retenir l'attention. Bien que parfois ont ait l'impression de lourdeurs ou que le groupe se cherche encore un peu, c'est un album qui plaira à un public varié, néo, rock ou métal, et c'est une très très bonne qualité !