Death Engine "Chaos is coming..."

Quatre titres pour une petite poignée d'ogives noise/hardcore/crust de l'enfer et un premier méfait sonore bien saignant de la part des Lorientais de Death Engine... Ou la preuve par 4 que le hard hexagonal ne se porte pas si mal. Voire même très bien, en témoigne l'inaugural "No hope" (bon déjà rien que le titre...) qui vient poser une chape de plomb sur la platine. Noir anthracite, faisant l'éloge de la subversion sonore comme si c'était là sa seconde peau, le groupe délivre un premier morceau viscéral et sans concession qui met d'entrée de jeu les choses au clair. 2 minutes 30 plus tard d'une éruption auditive renvoyant aux heures les plus sombres des Breach, Knut et autres Playing Enemy voire Rorschach, le groupe sème la désolation sur son passage.

On enclenche la seconde piste et c'est au tour de "Dallas" de venir déchirer les enceintes, souillant les tympans de son auditoire à coups de riffs sulfuriques et de vociférations déchirées, appuyées par une section rythmique qui marteau-pilonne à tout va. 2 titres, c'est ce qu'il a fallu à Death Engine pour imprimer sa marque au fer rouge à même la peau. Cathartique. Des atmosphères poisseuses, viciées, une rage incandescente qui s'écoule par hectolitres sur des paysages sonores désolés, ruinés par l'engeance du Malin, Amen est aussi court que possédé par ses déviances. Et baigne dans une noirceur palpable, étouffante, dont on ne peut décemment s'extraire sans y laisser au minimum un membre et quelques neurones. Ravageur.

Une balle dans la nuque ("Gun"). Une violence crue qui transpire par tous les pores de ce disque à la fois bestial et corrosif, Death Engine désosse l'auditeur et démolit les enceintes à la main. Option parpaings-core qui déboise à tout va, s'il vous plaît. On l'a compris : le groupe expédie avec Amen, au demeurant livré dans un élégant vinyl 10" sorti par un trio de labels plus que recommandables, une sacrée rasade de hard qui déboîte comme rarement. Une véritable mise à sac auditive exacerbée par l'ultime morceau (éponyme) de l'EP. Ce dernier parachevant un premier effort signé de la main d'un groupe qui ramone brutalement les amplis, martyrise le tympan et crache son venin en lardant sa victime de riffs gorgées de haine brute et salvatrice. Âmes sensibles s'abstenir, ce truc-là, ce n'est clairement pas pour les tendres. On t'aura prévenu.