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Dead man in Reno vient de Tuscaloosa aux Etats-Unis, trois ans après sa création, trois ans au cours desquel le groupe ne refuse aucun concert, ils signent avec Candlelight records. Avec l'aide du producteur Jamie King (Between the buried and me, Through the eyes of the dead), Dead man in Reno enregistre son premier effort éponyme, au Basement Recording Studios en Caroline du Nord, pour 10 titres enregistrés en l'espace de 10 jours.

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dead_man_in_reno.jpg Au programme de cet album intense, duels de guitares, pillonage d'une double pédale, cris et grogrements hardcore pour un album... hardcore, piochant à volonté dans d'autres styles. "She's tugging on my heartstrings" est un bon exemple de l'alchimie qui s'opère au sein de Dead man in Reno, six minutes trente démarrant sur un rugissement hardcore appuyé par une batterie simple mais pressante, un couplet violent, suivi par un break maëlstömique avec des grognements d'outre-tombe, à faire rougir certains groupes de death, les guitares s'enflamment, se lacèrent, s'entre-mêlent, passage rythmique, une batterie usant sa grosse caisse jusqu'à la moëlle, solo de guitare élimé et un peu en porte-à-faux. Un titre épique disparaissant par un larsen dans le lointain et faisant place au très harmonique "Given a season of sun" et ses guitares acoustiques.
Prenant certaines recettes du metal-core perçant ses derniers temps, comme les anglais de Mendeed, Dead man in Reno y applique son hardcore pas piqué des hannetons, à haute teneur en sueur, doté d'une batterie harcelant autant que faire se peut sa grosse caisse avec une double pédale à la détente prompte, un travail de percussion précis et efficace que l'on retrouve sur le monstrueux "From there I can see the shore" ou notamment "He said, she said", et qui renvoit ses adversaires dans les cordes. Une tendance nihiliste sur "Goodbye tomorrow, hello dead letters", un certain écho à Dilliger Escape Plan et un effet stéréo mirifique dû encore à cette batterie décidément volubile, un titillement des bords métalliques des toms à coups de baguettes (magiques).
Après avoir écumé cris furieux, grognements catatoniques, le frontman de Dead man in Reno se paye le luxe de chanter en voix claire, "Cursed" ne propose aucun répit aux coups de boutoirs soniques du quintet, mais plutôt un titre dense où les guitares font place à un piano et un arrangement de cordes au bout de quatre minutes, leur accordant un plein pouvoir mélodique, contrairement à Buried Inside, l'ensemble se propulse alors sur un solo de guitare acéré avant d'achever toute résistance inutile avec une reprise de plus belle de leur hardcore massif.