metal Métal > Darzamat > Chronique EP / Oniriad

Darzamat : Oniriad Si l'appelation gothic-metal vous hérisses, disons que Darzamat fait dans le metal symphonique à peu de chose près. Une douce voix féminine, un chant masculin qui se pose lentement, sans violence, un synthé par moments, un ensemble basse-batterie solide et des interventions de cordes par touches impressionnistes, Darzamat se place à côté de Therion ou Dream Theater mais sans excès.
"Into the Abyss of Forgotten Woods" et "The longest journey" posent magistralement la dimension classique de Darzamat, choeurs lointains et des draperies de cordes, Therion vient à l'esprit, les dimensions sonores différentes sont bien exploitées, tiraillements d'archets, guitares aux manières cavalières, et ces deux voix qui s'entremêlent, sans se heurter, "The longest journey" marche au pas, symphonie à elle-seule.
Coups d'archets un peu sec, un sustain un peu faible, les violons de Darzamat sont sur un autre plan, un peu comme les guitares de Clawfinger, mais la magie agit quand même et l'orchestration des instruments tire avantage des profils dynamiques de chacun. Oniriad n'hésites pas à être un peu jazzy, trip-hop, enfin totalement différent, avec notamment ce "Beauty" qui fait penser à Munshy ou Shirley M sous certains angles.
A l'opposé, Darzamat n'hésites pas à sortir les samples et la boîte à rythme, pour une intro dancefloor, "Time" déroule son atmosphère étrange, décalée, qui trouve son écho sur un "Moon has emprisonned me in her shine" symphonique, au déroulement synoptique, riff destructeur avec des violons qui montent à la corde, chant très en avant, le tout échouant sur ce pont subtil, rasgedo surprenant, tremolo de violons agrémenté d'une voix aérienne, la cassure est brutale, presque maligne et tellement agréable.
Plus médiéval, In Extremo n'est pas loin, "Elegy" égraine lentement sa mélancolie, sa langueur et ses pizzicato de voix surprenants, guitare acoustique, mélodie captivante, Darzamat termine ce Oniriad mirifique avec un "Soporific" sublime, à la Dead Can Dance, percussions subtiles, douce voix lancinante, basse calme et poétique...

Pooly
Novembre 2003

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