metal Métal > Dark Poetry

Biographie > sombre poésie

Oeuvrant sans aucun doute dans une tendance plutôt dark du métal actuel, certains diront black-métal, d'autres essayeront d'être plus précis pour qualifier leur musique, fusion dramatique de tendances actuelles, hardcore, métal, black, et autres origines musicales, disont pour faire écho à l'étiquette néo-métal bien pratique dans bien des cas que l'on a à faire à du dark-métal. Alors le dark-métal c'est quoi ?
Entre du hardcore musclé, dopé aux quintes diminuées et du black boosté à l'adrénalyne néo-métal, le tout saupoudrés par une french-touch, le dark-métal profite du regain d'intérêt pour le métal et s'infiltre dans le paysage musical français par force et fracas. Parmi les représentants de cette petite vague, citons Concept of Elation, Antevirus et H-Tray. Petit délire rédactionnel, où réelles tendances prometteuses, pour l'instant la réponse reste en suspend, et ne manquera pas de réapparaître à l'occasion des méfaits des groupes sus-cités où de leurs rejetons. Comme quoi, des fois, il vaut mieux s'abstenir de demander le style de certains groupes et rester dans l'obscurantisme éclairé que voire poindre une étiquette encore plus vague.
Dark Poetry, groupe le moins accessible du collectif Arghhh, premier collectif poly-métal bordelais, regroupant également en son sein Psy-Law et Dham, mérite que l'on y prête attention surtout si l'on est pas réceptif aux groupes à tendances dures.

Dark Poetry / Chronique LP > An ugly little freak

dark poetry : an ugly little freak Premier album pour les bordelais de Dark Poetry, An ugly little freak est réellement un peu 'freak', qualifiant leur musique de power-death-metal, Dark Poetry livre là un concentré de bonnes idées, un recueil de plans destructeurs et assassins, un grimoire d'énergie métallique. Loin d'être ennuyant, les titres s'enchaînent avec fracas, variations radicales ou subtiles sur la même recette de base, conduit sur un rythme effréné aux agitations vénales. Un "Pressurized" qui fait office de ticket d'entrée, contact direct et turbulent en la matière, aux breaks monstrueux. Rythmique de plomb, riff sacadé à la mélodie douteuse, "An ugly little freak" reprend les plans du genre mais évite l'enlisement, sublimation léthale sur un éclaircissement de guitare, le spectre ainsi allégé permet à une mélodie assassine d'accomplir son oeuvre et de se poursuivre un peu plus insidieusement sur une petite disto planquée derrière un chorus éthéré, la montée stratifiée aboutit à un couplet empli d'ombres, l'ensemble est monstrueusement bien ficelé et mené jusqu'à terme.
Au rayon des riffs cannibales, Dark Poetry à son mot à dire et exploite à fond les siens, sans pour autant tomber dans la lassitude, amenant un lot de variations et de simplifications intéressantes. Malgré des antécédents death clairements revendiqués, Dark Poetry n'oublie pas le rock'n'roll et le binaire épuré mais efficace que l'on peut asséner en disciplinant légérement ses riffs, comme dans "Once" à la rythmique savoureuse sur la fin. Déluge sonore et rythmique, "Angel" voit sa libération par les gargarismes impressionnants de son chanteur -that shits blackens your reality-, derrière une guitare accomplissant son travail de sape et qui s'enflamme sur un solo de shreder.
Dark Poetry est également capable de balance un bon groove métal, à l'efficacité indéniable, "Fil it up" et "Soldier" relance la machinerie. Alternant groove magistral et avalanche binaire "Fill it up" s'annonce comme un cross-over métallique fort relevé au dynamisme éprouvant. Morceau qui clotûre l'album et qui en rajoute une dernière couche, au cas où le reste n'aurait pas totalement convaincu, "Soldier" est muni d'un groove sauvage et animal, au balancement instinctif, qui se propage jusqu'à la saturation de la basse, le riff se déroule, s'enflamme, bifurque, ralentit pour mieux repartir sur un train d'enfer et s'harmoniser, le solo est interessant et participe à l'hallucination que représente les 8 minutes du morceau, où l'atmosphère construite à force de patience exulte sur la fin.
Assez complexe à digérer et à suivre, Dark Poetry assure là une belle réalisation, enchainant des plans instinctifs et incisifs, sans jamais tombé dans une sorte de monotonie qui touche certains groupes à la dynamique moins présente, Dark Poetry reste sur le vif et ne reste jamais en place...