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Originaire de la région parisienne, c'est début 2004 que Danishmendt voit le jour. C'est alors un quintet pratiquant un hardcore chaotique et rapide. La formation partage la scène avec Gameness, Looking For John G ou Nesseria et profite de son premier concert pour enregistrer une démo live. Courant 2005, en même temps que son line-up évolue, le groupe change quelque peu son registre en l'orientant vers une musique plus lourde, ténébreuse et noisy. Toujours l'an dernier le groupe remonte sur différentes scènes (avec Overmars, Explicit Clowns, Time To Burn, Gantz) du territoire hexagonal et participe à une tournée avec Membrane. Il y a tout juste un an, le groupe enregistrait un maxi L'homme est un animal qui a trahi ... en compagnie de Julien Lamorille (Zero Disctrict, Dante, ...). Le groupe (actuellement composé de Mathieu au chant, Guillaume et Florent aux guitares, Xavier à la basse et Julien à la batterie) prévoit de retourner prochainement en studio, pour donner corps à un nouveau disque et défendre ses couleurs sur scène dès le printemps 2007.
Enregistré par Mathieu Mellec, mixé et masterisé par Benoît Courribet, Eaux-fortes, le premier album du groupe, est sorti le 22 octobre 2007 sur Architect of Noise.

Danishmendt / Chronique LP > Un passé aride

Danishmendt - Un passé aride A l'image de sa pochette, la nouvelle cuvée (d'acide métallique) signée Danishmendt est un flashblack glaçant nous emmenant lentement vers la lumière... la même lumière qui au fil des huit pièces composant cet album, n'a de cesse de se refuser à nous, semblant malgré une progression douloureuse de notre part toujours demeurer à la même distance. Frustrant alors même que derrière nous, le groupe fait planer une menace insidieuse et rampante, à travers des compositions qui prennent la forme d'un diabolique distillat de post-noise-hardcore-black metal underground à ranger aux côtés des Overmars et autres Year of No Light.
Lancinant et invasif ("La source"), se mouvant dans une atmosphère à la fois glauque et industrielle, un univers offrant à l'auditeur le sombre privilège d'abandonner ici ses derniers résidus d'humanité, la musique de Danishmendt s'enfonce dans des abîmes, oppressantes et presque hermétiques (un excellent "Lumpen heros", un "Chutes" moins abouti que ces deux prédécesseurs). A ce jeu, le groupe se distingue de la masse et rend grâce à une production hexagonale qui commence à régulièrement atteindre un bon niveau malgré parfois un léger manque de souffle, de puissance qui aurait conféré à un disque comme celui-ci un côté épique, dantesque et apocalyptique.
En l'état, le postcore-noise noir doomy et très cru façon Rorcal des Danishmendt, s'il se révèle à la fois sauvage et sans concession, apparaît par contre un peu trop monobloc et manquant sur deux ou trois titres de ce petit "truc" qui fait les grands albums (on pense notamment à "Une houle d'un siècle" ou à "Refuge") quand à l'inverse, l'intense "Revelations" et le glaçant "Das Boot" font de sacrés ravages parmi les neurones. Parce qu'en l'état, Un passé aride, s'il n'est pas le monstre tentaculaire dark/doom/postcore/black (c'est bon on n'as rien oublié ?) que l'on espérait n'en demeure pas moins un album dont la violence sous-durale promet quelques plaisirs masochistes aux nombreux inconditionnels du genre.

Danishmendt / Chronique LP > Eaux-fortes


Danishmendt - Eaux-fortes Vu le registre du groupe, un post-hardcore noisy dense, écorché et ouvert à d'autres styles, il m'aura fallu relativement peu de temps pour assimiler le maxi du groupe sorti l'an dernier. Mais le chemin effectué pour faire le tour du premier album de Danishmendt a été long, en plus d'être très escarpé. Et je me demande même si je suis arrivé à son terme.
Entre deux morceaux courts, "Un autre jour" et "Demain", ce sont cinq autres titres, pour une durée totale de quarante minutes, qui sont libérés par les franciliens. Autant dire que le groupe assure encore des plages dépassant allégrement les six minutes. Tout en conservant cet aspect noise si particulier, Danishmendt a centré ses activités autour d'un post-hardcore pesant et d'un doomcore insidieux où l'on retrouve quand même ses fourmillements et ses délices abrasifs, scellant la personnalité du groupe. Rapidement, on prend conscience que par rapport à son EP, Danishmendt n'a pas réellement changé d'identité ni de territoire mais préfère utiliser un pseudo et a obtenu un visa long séjour dans un pays limitrophe. Dans un langage plus terre à terre, un certain mélange des genres et le souffle rock bel et bien présents sur L'homme est un animal qui a trahi ... cèdent leurs places à d'autres choses à travers Eaux-fortes. Des éléments déjà exploités précédemment mais qui prennent ici une place plus que prépondérante. Comme cette noirceur inouïe où le malsain se frotte au ténébreux, où des déchirements apoplectiques côtoient des râles d'une effroyable férocité. Car les éclaircies sont rares sur Eaux-fortes, on choisira de parler d'accalmies, comme quand le groupe nous emmène sur une "Plage de cendres", apaisée telle un volcan préparant une irruption. Ce qui pouvait être étincelant laisse place à un obscur chloroforme et de supposés contrastes se dérobent devant d'étouffantes vapeurs irrespirables. Une fois ses étirements faits sur "Un autre jour", le chant de Mathieu gangrène chaque titre et arrache ainsi des textes (en français), au mieux énigmatiques ("Plage de cendes") ou au pire, d'un lugubre achevé ("Autel").
Il est juste regrettable que Danishmendt n'ait pas appliqué une once supplémentaire de panache (chose pourtant si bien faite sur "Mise à nu" !) à quelques compos et ai opté pour un son aussi écrasé, car ces Eaux-fortes auraient pu faire une bien plus grosse sensation que le sentiment qu'il laisse après moult écoutes. En effet, ce disque prendra de biais ceux qui appréciaient la dynamique de l'envoûtement de L'homme est un animal qui a trahi ... puisqu'il se laisse saisir d'un seul bloc, qui plus est, d'une densité extrême. Sans forcément perdre ses fans de la première heure, Danishmendt trouvera certainement d'autres oreilles, notamment chez ceux qui ignoraient jusqu'alors l'existence du groupe et signe néanmoins un album à recommander aux amateurs du genre.

Danishmendt / Chronique EP > L'homme est un animal qui a trahi ...

Danishmendt : L'homme est un animal qui a trahi ... et l'histoire est son verdict Citant tout aussi bien Neurosis que Fugazi, Boris que Crowbar ou encore Tantrum, Neil Young et Shora faisant partie de leurs influences, on serait presque en droit de se demander où Danishmendt veut diriger ses pas. On peut avoir la même impression en découvrant la pochette (aux faux airs de Don't disturb the beast), ayant un titre se terminant par des points de suspension. Mais au dos de l'étui, "... et l'histoire est son verdict." s'invite à la tablée et fait savoir que le quintet a les idées bien en place. Confirmation faite à l'écoute du maxi que les gaillards ne bafouillent pas !
Imaginez des morceaux dont la charge émotionnelle est celle de Boris, avec des sous-bassements rock à la Fugazi, la crasse de Crowbar, des infiltrations noise que Tantrum injecte si habilement, le tout s'installant entre 6 et 8 minutes, comme sait le faire fréquemment Neurosis. Voilà de quoi recycler quelques références du groupe et vous dire que Danishmendt, c'est un peu tout cela à la fois mais aussi de gros apports personnels et de belles capacités d'adaptation, comme en témoigne la quatrième piste dont on reparlera plus bas...
En attendant, les trois compos originales du groupe offrent la place à une grosse marge de manoeuvre. La batterie grouillante de "Unbearable contradiction" ou les passages étincelants de ce même morceau, les guitares oxydées semées sur chaque titre, le chant envoûtant ou plus libéré de Mathieu, la basse quasi-écoeurante ("Le néant comme matériau") ou les contrastes clairs/obscurs souvent persuasifs sont autant d'éléments prouvant la mainmise de Danishmendt sur son "crushy-noise core". Et les coups d'accélérateur de "Shelter" sont là pour nous rappeler que le groupe peut accompagner son écriture d'une dimension rock indéniable.
Toute aussi inattendue (et réussie !) que le passage à la moulinette de "Petit agité" par Prototype, la dernière piste de cet EP est une reprise de "Biking", morceau culte des regrettés Thugs. A première vue, l'assemblage peut surprendre mais Danishmendt combine plutôt bien son identité à celle des mythiques Angevins. Ce morceau, devenu véritable crossover rock/noise-core entre les instruments de Danishmendt, garde toujours la même vigueur initiée par ses auteurs, il y a de ça une bonne dizaine d'années.
Bref, tout comme leurs cousins (pas si éloignés que cela) Hollow Corp., Danishmendt se place en haut du panier de la catégorie "Espoirs 2007/2008". Pour patienter, le groupe nous laisse être la proie de ce maxi et lui, le prédateur qui n'attend qu'à accroître le nombre de ses victimes.