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Métal
Cult of Luna
Biographie > Le culte de la lune
Eclipse n'a jamais vraiment fait parler de lui, même en Suède... C'est pourtant le premier groupe de Klas (chant) et Johannes (guitare) qui ensemble ont bâti Cult of Luna. Leur première démo date de 1999, ils se cherchent encore et le line-up n'est pas stable, ils vivotent et trouvent un fan en la personne de Tim gérant de Trust No One recordings qui les relie à Switchblade le temps d'un split... C'est après ça que le label britannique Rage of Achilles (à qui l'on doit également la sortie d'Unearthed en Europe) s'intéresse à eux. Les CoL signent leur premier album qui sort 3 jours aprés le 11 septembre 2001... La destruction et le chaos occupent plus la télé que nos chaînes hi-fi... Mais Earache records a des oreilles partout et financent la suite des aventures du groupe. Leur deuxième opus les amène sur le devant de la scène The Beyond sort début 2003 et depuis cette sortie, le combo a su conserver les mêmes membres (Eric à la deuxième guitare, Andreas à la basse, Thomas à la batterie, Magnus aux percussions et Anders au clavier). Avant de retourner aux Tonteknik studios pour enregistrer Salvation qui sort en octobre 2004, ils ont eu le temps de tourner avec entre autres Poison The Well et Dillinger Escape Plan...
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Cult of Luna / Chronique LP > Somewhere along the highway
Ceux qui avaient pris une grosse mandale avec le manifeste post-core qu'était Salvation en 2004, feraient mieux de se préparer à un deuxième assaut, les néophytes en étant de toutes les façons pour leurs frais. Avec Somewhere along the highway, Cult of Luna a décidé de repousser les limites et d'aller encore plus loin que sur l'album précédent. On débute avec un "Marching to the heartbeats" et on se laisse prendre au jeu d'un titre enveloppé dans du coton, délicieusement atmosphérique, mais que l'on sent capable de revenir soudainement sur Terre à tout moment. C'est ce qui arrive justement non pas dans le final de ce premier titre mais sur le morceau suivant : le monstrueux "Finland". Le songe délicat semi-conscient se transforme brutalement en véritable cauchemar éveillé tour à tour post-hardcore tellurique et post-rock plus aérien. Et le groupe d'accoucher d'un brulôt postcore à la puissance démentielle, entre désespoir douloureux et rage destructrice. Massif, oppressant, sous tension constante, CoL fait grimper la pression à son paroxysme et après seulement deux titres, on se demande sérieusement où cet album va pouvoir nous emmener.
On est alors sur nos gardes, attendant le coeur battant la prochaine déflagration... qui ne vient pas tout de suite. De quoi mettre encore un peu plus l'auditeur sous tension. L'intro de "Back to chapel town" s'éternise, début lentement et doucement pour progressivement s'emballer dans un crescendo que l'on dévine déjà intense et débouchant forcément sur une explosion métallique à la puissance incommensurable. Les instrumentations sont parfaitement en phase avec le mélange de rage et de mélodies graciles qui emballent le tout. Alliage de violence extrème, (ça gueule quand même pas mal) et de douceur ensorceleuse, Somewhere along the highway pulvérise consciencieusement toutes les références que l'on a en la matière pour se poser en véritable maître étalon du postcore. Atmosphères caverneuses, magma sonore, pression toujours à la limite de la côte d'alerte, la musique de Cult of Luna agresse les sens, bouscule nos certitudes et nous secoue violemment sans jamais nous faire sortir de son univers balayé par une tempête métallique sans précédent ("Thirty four"). A tel point que l'on a l'impression que le ciel va se déchirer au dessus de nos têtes et le sol s'ouvrir sous nos pied, que le raz de marée CoL, séduira, rebutera mais ne pourra jamais laisser indifférent. Dès lors, force est de constater qu'après un album considéré par beaucoup comme brillant, le groupe a voulu rallier encore plus de mélomanes à sa cause, en nous en claquant une suite toute aussi excellente dans les enceintes. Clap clap clap.
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Cult of Luna / Chronique LP > Salvation
Je ne sais plus trop où commence ni où se termine Salvation... Les riffs emplissent l'air, vous entourent, vous étouffent, Cult of Luna occupe tout l'espace et on se perd dans leur infini, ils déclinent les ambiances et les sonorités, lancent des leitmotiv et nous triturent suffisament pour qu'on perde tout repère. Les guitares éclairées s'opposent au chant guttural écorché : quand elles s'assombrissent on est oppressé par la lourdeur ("White cell"), quand il s'éteint ou est aveuglé par la lumière ("Leave me here"). Totalement envoûtant, le talent sans faille des Suédois atteint son paroxysme lors de "Waiting for you", au calme instrumental orienté post rock qui s'étend sur plus de 6 minutes suivent des envolées métal qui tournent au chaos... Rock, métal, hardcore, les influences bouillonnent et font de Salvation un album dense malgré sa longueur (73 minutes !), un album intense qui rappelle toujours Neurosis et Isis par le son des distos même si les guitares et les rythmiques ont pris les devants sur la souffrance exprimée par le chant.
J'ai retrouvé un peu de mes esprits, l'album se termine comme il a commencé, magistralement. Encore une fois plus de 10 minutes de voyage, à la tension permanente de "Echoes", "Into the beyond" répond par quelques coups de masse appuyés et des douceurs électroniques réconfortantes...
A cette grande classe musicale, il faut ajouter un digipak ultra soigné et un livret d'une sobriété papale. Le hasard n'existe pas chez Cult of Luna, on en fait les frais avec un plaisir infini.
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