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Cowards / Chronique LP > Rise to infamy

Cowards - Rise to infamy Va savoir pourquoi, on n'a pas capté Hoarder (paru en 2013), mais sache qu'on n'est pas rancunier et que même en se faisant lourdement agresser tout au long de ce Rise to infamy, on continue d'apprécier les écorcheurs d'esgourdes que sont les Cowards. Alternant passages mesurés (on ne dira pas lents parce que leur sludge n'est pas spécialement escargotique) et hardcore à la limite de la bouillie sonore ("Frustration (Is my girl)"), si tu te lances dans l'album, tiens-toi prêt à déguster. Parce que putain, qu'est-ce qu'on mange... Les Parisiens nous en foutent plein la tronche ("Low esteem", "Anything but the highroad"), travaillent le plus salement possible leurs riffs et dosent leur puissance pour simplement faire le plus de mal possible. Les textes sont hurlés en mode je m'égosille juste pour maintenir la pression et éviter que tu te reposes quand le rythme retombe ("Birth of the sadistic son"). Entre les larsens, le plombage continue et les effets trépanants ("Wish to infamy") est un des disques de métal les plus sombres qui soit et il est assez difficile à écouter en entier sans être mal à l'aise (la pochette avait donné le ton). Bref, Cowards est parfaitement raccord avec toutes les saloperies répugnantes de ce bas monde.

Cowards / Chronique LP > Shooting blanks and pills

Cowards - Shooting blanks & pills Création du groupe fin 2011, entrée en studio courant avril 2012, sortie au mois de juin, ça, on ne pourra pas dire que les Cowards auront lambiné en chemin au moment de coucher sur un joli vinyle ce premier album, le bien nommé Shooting blanks and pills, paru conjointement en LP 12''+CD ou digital (libre) chez Hellbound Records (Colossus of Destiny) et Throatruiner Records (As We Draw, Comity, Elizabeth, Plebeian Grandstand...). En même temps, composé de musiciens ayant variablement évolué (ou oeuvrant toujours) au sein de Colossus of Destiny, Dacast, Death Mercedes, Eibon, Hangman's Chair, Sickbag ou Glorior Belli, voici un groupe dont les membres sont plutôt du genre rompus à l'exercice du studio, comme à ceui du hardcore/sludge blackisant qu'ils envoient présentement (et bien furieusement) dans les conduits auditifs.

Six balles dans le barillet, une demi-douzaine de titres aux ambiances moites et aux assauts instrumentaux barbares empreints d'une frénésie inhumaine ("Hoarse from the get go"), des riffs carnassiers sauvagement encastrés dans les enceintes et une grosse puissance de feu hardcore/sludge/noise blackisante, fatalement, le menu n'est pas à mettre entre n'importe quelles mains. Et "Last card" est de fait de ces condensés d'hyper-violence très chers aux congénères de leur label Throatruiner Records, si bien qu'il permet au groupe d'asseoir un peu plus sa domination sur la psychée d'un auditeur de toutes les façons piégé par la furie aliénante du "truc" ici proposé par les parisiens. Le concept général pour ceux qui n'auraient pas compris : une bande de zikos qui ferraillent depuis pas mal d'années dans le milieu de part leurs groupes respectifs et qui, une fois réunis au Studio Sainte Marthe (Bukowski, Dysfunctional By Choice, Revok, Seeds from the Geisha, The Arrs...) ont su additionner leurs talents pour donner naissance à un bestiaire hardcore/sludge au sein duquel "Scarce", rampant et addictif à souhait, sonne comme le climax de ce Shooting blanks and pills peu avare en déferlements de violence pure.

N'en déplaise aux intégristes hardcore DIY, on peut du reste rester droit dans ses bottes et sonner lourd, puissant, ravageur, surtout quand les compos s'y prêtent et que l'envie d'envoyer du décibel au concassage systématique se fait ressentir au plus profond des tripes. Et dans le genre, "Vice & hate" est certainement la démonstration de force qu'il fallait pour calmer les esprits chagrins. Rugueuse, possédée et dans tous les cas de figure exaltée dans son expression de haine viscérale, histoire d'atomiser les neurones des derniers irréductibles ou de vitrifier le studio réunissant les ultimes survivants du passage des premiers titres. On l'a compris, c'est à l'image et l'ambiance de son artwork que le groupe commet ses attentats auditifs, entre noirceur palpable et disto acariâtre, comme une plongée en apnée dans un univers vicié, habité par le malsain. Un "Arrogant, unseen" éclair, brutal et urgent plus tard, voici que les Cowards en terminent avec ce premier album sur un "Grand failure" sludge/doom nauséeux et prégnant, ultime forme de ce terrorisme bilieux servi brûlant par des guerilleros du genre, une dernière frappe thermonucléaire d'un groupe qui a décidément mis les c... sur la console de mixage avant de martyriser ses instruments jusqu'au sang. En clair ? Définitivement sans concession.

PS: Si la chronique ne t'a pas encore convaincue, tu peux éventuellement jeter une oreille (voire les deux... sinon plus) sur ledit objet, en écoute et téléchargement libre ci-dessous.

[fr] Shooting blanks and pills: Bandcamp (81 hits)External ]