metal Métal > Counterfeit

Biographie > Sans contrefaçon, ce sont des garçons

Counterfeit s'était présenté à nous il y a quelques années avec sa démo Eponyme, le groupe lyonnais était récemment formé et si les compos semblaient bonnes, les qualités de production de cette autoprod' n'étaient pas à la hauteur... Le groupe a su prendre son temps (et s'armer de patience) pour produire quelques titres pour les pros et finalement enregistrer et mixer son album avec Ivan Herceg (aka Jordan Master) et le faire masteriser chez JP Bouquet, de sacrées références... Tout comme les groupes avec qui ils ont partagé des scènes : LTNO, Lofofora, Stereotypical Working Class, Gojira, Clawfinger, Ministry...
Aprés un énième retard, Between the end and the middle fait surface au mois de juin 2004 (distribué par Musicast) pour notre plus grand plaisir.

Interview : Counterfeit, Let me ask these questions (mai 2007)

Counterfeit / Chronique LP > Don't let me fall asleep again

Counterfeit : Don't let me fall asleep again De plus en plus, la musique s'écoute ailleurs que dans son salon les yeux rivés sur sa chaîne hi-fi, le support CD est devenu un accessoire encombrant pour tous ceux qui sont équipés de baladeur mp3, de lecteur mp3, de téléphone mp3, de PC portable... et qui consomme le son pour le son et non plus pour l'objet. Les titres numériques se vendent plutôt bien sur Internet et ne représentent qu'un faible investissement (un bon studio et une bonne prod'), pas de souci de pressage ou de mise dans les bacs, il faut juste une bonne plate-forme de téléchargement et espérer que ses fans aient l'accés à internet. Counterfeit ne nageant pas dans l'oseille et faisant confiance à ses fans (il est si facile de télécharger sans payer) a décidé de mettre son nouvel album Don't let me fall asleep again à disposition sur internet et sur le web uniquement. Via leur site counterfeit-band.com et pour à peine 6,5 euros, tu peux donc télécharger (et transférer où bon te semble) leurs nouveaux titres (3 sur les 11 sont écoutables sur MySpace/counterfeitband). Reste à savoir si ça vaut le coup ou pas ?
Et là, pas de suspens, bien sûr que oui ! Les Lyonnais qui avaient frappé fort avec Between the end and the middle (leur premier album lui aussi désormais dispo en téléchargement payant) remettent ça, leurs multiples talents répondent présents et sont mis en valeur par le travail d'Ivan Herceg (Stereotypical Working Class, Klone, Goo Goo Blown (Le Bonhomme), Leto...) à la prod, Greg Gordon (Slayer, System Of A Down, Helmet, A Hundred Reasons...) au mixage et Doug Henderson (Blonde Redhead, Interpol, The Swans...) au mastering.
Don't let me fall asleep again nous demandent les Counterfeit qui installent un climat de tension dés les premiers accords de "A midnight feast", trop tendu, l'atmosphère se déchire rageusement, l'orage qui menaçait nous tombe dessus, les riffs des guitares zèbrent le ciel, la chant s'alourdit puis tout redevient calme. On retrouve ces trois ambiances (tension, rage, apaisement) avec délice tout au long de l'album, certains morceaux étant dominés par le calme ("le long début de "Aggressive control (part 2)"), d'autres par l'énergie brute ("Renounce the world" !), le tout étant trés homogène, trop diront certains car il est vrai que la bonne recette est souvent utilisée... Il n'en reste pas moins que Counterfeit sait user de ses rythmiques pour donner d'incroyables dynamiques à ses compositions ("Sorted little dreams", "Killing myself to fall"). Trois titres se différencient clairement des autres, deux instrumentaux ("Then and now" et "Tango club") qui sont simplement magiques, et le titre final, sorte de paroxysme musical témoin d'un certain échec car "I fall asleep again"... Le groupe nous sature alors d'émotions et étire ses dernières notes, refusant de retourner dans le monde du sommeil sans s'être battu jusque la dernière seconde.
Tu sais ce qu'il te reste à faire !

Counterfeit / Chronique LP > Between the end and the middle

counterfeit : between the end and the middle L'intro instrumentale "A tale" pose le sujet : ambiances sombres, riffs tranchants, rythmiques de plomb. A cela il faut ensuite ajouter le chant qui très toujours travaillé, jouant sur les tons, les mélodies, l'agressivité et les effets, il élargit le spectre des possibilités de Counterfeit (majoritairement d'une douceur éraillée, il flirte parfois avec Tool !). Between the end and the middle est ainsi d'une grande variété d'atmosphères et donc d'une grande richesse, l'ennui y est proscrit et on s'éclate à l'écoute de titres très prennants ("Agressive control", "My queen"). Si le chant accrocheur semble être l'atout principal de Counterfeit, quelques écoutes plus approfondies mettront en valeur la dynamique de la basse ("Darwin", "Sub spleen"), les sonorités des guitares ("Waterbed", "Blow") et la justesse de la batterie ("Agressive control"). Et sur cet album où la voix semble dominer les débats, ce sont les titres instrumentaux que je préfère "Sub spleen" et "Jodhpur" ! C'est dire la qualité de l'ensemble... Ces deux titres explorant le monde avec des petits samples apportés par le Baron Myng sont de véritables joyaux au coeur de l'opus. L'album se termine par un remix qui est certainement le meilleur remix jamais offert par un groupe français : "I vscrew (deconstruction mix)" (réalisé par le même Baron Myng) est une bombe de plus de huit minutes qui serpente dans nos têtes et pénètre au plus profond de notre cerveau pour y exploser, ne laissant que ces petites notes aigües qui rendent dingues. Un must.Bref, Counterfeit nous aura fait attendre mais ça valait le coup ! Ce premier effort met les choses au clair, il va falloir compter sur eux... Et sur la scène lyonnaise qui se porte de mieux en mieux ... et ce à tous les niveaux (électro pop avec Prohom, indus avec Porn, power pop rock avec A Jumpstart, émo métal avec Stereotypical Working Class, noisy rock avec Doppler, déliro-éthylique avec Les Gueules de Bois, "émocore" avec Mihai Edrisch...).