Cosmonauts Day - Paths of the restless "C'est l'histoire d'un mec, Youri Gagarine en l'occurrence, qui sans le savoir s'est retrouvé être le type le moins chanceux du monde. Et pour cause, le gars part d'URSS, devient le premier homme à aller dans l'espace, fait 17 fois le tour de la terre... et retombe en URSS." Voilà pour l'intro d'une chronique qui n'a en fait rien de drôle mais qui va tenter maladroitement de consacrer ce qui est assurément le tout meilleur groupe de "post quelque" chose de Russie. Bon, certes, il n'y en a pas des masses mais à l'échelle disons... européenne pour prendre une comparaison pertinente, les Cosmonauts Day, puisque c'est d'eux dont il s'agit ici, n'ont clairement pas à rougir de la concurrence continentale.

Et pour cause, une seule première démo live dans les tuyaux et six mois plus tard, les gaziers balancent comme ça, sans prévenir, un album inaugural en tous points éblouissants (ou quasiment). L'objet du délit a pour titre Paths of the restless et se fait le parfait écho de la trajectoire météoritique empruntée par le groupe depuis sa formation. L'acte d'accusation tient en quelques lignes : post-metal + sludge + rock-progressif, le tout articulé autour d'une maîtrise formelle de tous les instants et d'un propos bien souvent aussi inventif qu'inspiré. "The captain" ouvre les hostilités et met tout le monde à plat : une vélocité flagrante qui vient se mêler à une puissance de feu redoutable, des arrangements feutrés venant contrebalancer quelques poussées de fièvre mâtinées d'un riffing tellurique qui défragmente joyeusement les enceintes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, fatalement on valide. Surtout si c'est aussi bien fait.

Là, ça l'est très clairement. On pense à A Storm of Light, Isis, Pelican, If These Trees Could Talk... Russian Circles et pour un titre inaugural, Cosmonauts Day livre un véritable modèle du genre. Un coup de bluff ? Bah non, les russes en remettent une belle couche avec "The art of being nothing", qui à défaut d'être réellement révolutionnaire, satellise la concurrence en deux coups de cuillère à pot. Un post-metal dynamique aux guitares mastodontes et au groove rock (prog ?) diabolique, le groupe fait l'effet d'un mammouth qui se plairait à jouer les sprinteurs sans oublier de s'offrir au passage quelques arabesques histoire d'épater la galerie. Sauf qu'ici, rien n'est superflu, mais plutôt au service d'une cohérence imparable ("Cave of trees", "Rift"). Et ouais. Epique même si après les deux titres monstrueux d'ouverture, le reste paraît sinon parfois légèrement fade, un peu moins bluffant, malgré le mur de saturation de "Blackout" ou la plus surprenante ballade post-rock/prog "Satellite".

Parvenu au dernier quart de l'album et un final que l'on devine déjà aussi intense que prolixe, nous voici face au climax de ce Paths of the restless : "The great disease". Un titre fleuve dépassant la barrière des dix minutes pour développer des structures échevelées, reptiliennes et mouvantes, toujours sur la corde raide et jamais avare en ruptures de style histoire de se poser en paradoxe absolu du final de l'album ("The last watchman"). Un morceau de post-rock lumineux au classicisme élégant et racé qui offre une conclusion pas forcément prévue mais pas pour autant moins ravissante à cette première oeuvre de très haute volée.

PS : quoi ? on me dit que tu veux en plus écouter parce que la chronique ne t'a pas suffit mais que t'as plus une thune parce qu'on est déjà le 21 du mois ? Purée t'es chiant là.... bon ça va pour cette fois, check donc en dessous.