metal Métal > CoreDump

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CoreDump : Fichier créé quand un système plante. Ce fichier contient une image (dump) de la mémoire utilisée alors par le programme, que l'on peut analyser pour voir ce qui s'est mal passé... Sans être informaticien, lorsque l'on comprend que CoreDump (le groupe) veut appliquer cette définition à un metal hardcore'n roll qui défouraille, on comprend vite que ça va balancer. Après plusieurs années passées à écumer les scènes de leur Bourgogne natale et de ses alentours, les cinq mâconnais de Ex-Ld décident, début 2007, de prendre une nouvelle orientation musicale, plus directe et radicale en formant CoreDump. Des influences metal hardcore rock (Clawfinger, Lofofora et bien d'autres), un rage brute qui ne demande qu'à éclater à la face du monde, le groupe a un message et tient à le faire passer coûte que coûte, n'hésitant pas à mettre en exergue les maux de notre société. Après plusieurs mois de répet(s) dans l'ombre, le groupe met en boîte un EP éponyme, composé de 5 titres enregistrés au studio Sonovore de la Cave à Musique de Mâcon et disponible à l'automne 2007.

CoreDump / Chronique EP > Coredump


coredump_ep.jpg Des vérités trop confuses, des lynchages sans fondement - des rumeurs qui infusent les peurs du moment, le verbe acéré, le riff incisif qui claque sur la platine CD, "Mediatrash" se fait l'écho d'un monde qui ne tourne plus rond. Cinglant. Avant cela, "Face contre terre" avait déjà exprimé les peurs d'une société à la limite de l'implosion. Un metal hardcore'n roll violent et corrosif qui au travers de cinq brûlots ravageurs dépeint un univers en proie à ses démons les plus oppressants, CoreDump fait autant d'effet qu'une lame de rasoir passant encore et encore sur des chairs meurtries. Une poésie du chaos, l'"Opium du peuple" comme le dit le groupe, d'illusions en mensonges, de fausses vérités en convictions aveugles, le groupe déverse sa rage, brute, sans concession, pour que l'auditeur se donne enfin la peine d'ouvrir les yeux sur ce qui l'entoure. CoreDump ne balance pas juste pour se la jouer, il ne fait que nous renvoyer le reflet de toutes ces choses que l'on ne veut pas voir, que l'on se refuse à admettre, sagamment vautré dans notre confort néo-libéral. De la religion - pousser l'offense jusqu'au mépris du bon sens - asseoir leur pouvoir nourri du désespoir ("L'Opium du peuple) à la destruction aveugle de l'environnement - du monde sauvage que l'on renie ne restera que des fragments, un reliquat, une parodie et des images sur un écran - ("Le fond du bocal") en passant par le déni des droits des libertés individuelles - Au pays des droits de l'homme, le "petit" est traité au valium - ("Maximum valium"), le propos du groupe à une véritable résonnance politique, les maçonnais veulent pas jouer les donneurs de leçon(s), juste à faire réfléchir. Entre fusion et hardcore, metal et rock'n roll burné, CoreDump envoie du très gros son. Du genre qui claque en pleine face et qui fait mal aux vertèbres. Le chant puissant, violent et efficace, sauf quand il part dans les aïgus, le riff bulldozer et une section rythmique qui découpe, pas de risque qu'il y en ait trop, le groupe tranche dans le gras avec une précision chirurgicale. C'est net et sans bavure. Problème, le constat que le groupe dresse est d'actualité... (sic). Et quand les CoreDump s'en prennent au système actuel, son libéralisme effrené et son contrôle des masses par les tout puissants outils médiatiques, ils n'y vont pas pas de main morte. Mais il n'ont pas tort évidemment, d'autant que le résultat, viscéral et ravageur est du genre à remettre violemment les idées en place. Ce qui n'est pas plus mal. La gueule de bois est terminée, wake up now...