metal Métal > Cool Fairyland

Biographie > ou Cold Fairyland

Qui dit ouverture dit nouvelle idées
Qui dit nouvelles idées dit nouvelles inspirations
Qui dit nouvelles inspirations dit nouveaux mélanges
Et quand on connaît le passif culturel de la Chine, cela donne une scène underground qui déborde d'idées. Certes les scènes rock/métal (fin 80), punk (fin 90), électro/rap (2000), se cherchent encore et tâtonnent, mais cette jeunesse lui donne aussi cette énergie et l'envie d'explorer des pistes, des chemins jamais envisagés (et croyez-moi, y'en avait pas mal) malgré les bâtons dans les roues (financier, et surtout politique). Ce débordement idéologique apporte au fond (a l'instar des rockers mélangeant le sentiment de culpabilité Confucéen, les poussée écologique Taoïstes au sex, drug & rock'n'roll d'importation) et à la forme (instruments ancestraux incorporés à de l'indus de base, rythmiques traditionnels de période révolutionnaire chinoise à du métal AC/DC ou encore des influence ethniques, monastiques à du Hip Hop et j'en passe). Cette scène se doit d'être connue au delà de la Chine car une majorité d'artistes "underground" pourraient en apprendre à nos têtes d'affiche en terme d'authenticité, de persévérance et d'innovation, et pis tout bêtement parce que artistiquement certain disques une fois sur votre platine pourrai bien ne pas en décoller tellement ils sont puissants. Vous prendrez bien un peux sauce soja avec votre nem de fenec... ?
Parlons un peu de Cool Fairyland ou Cold Fairyland en fonction des traductions...
Heuuuu... bonjour ? Bang (coup de hache gonflable au milieu de l'avenue Nanjing), donc ça c'était le batteur de Cool Fairyland (Li Jia, grand, carré avec le sac à dos cuir à pic de sa copine) suivit de bing, Bang, bolong (Su Yong bassiste, Song JianFeng guitariste et Zhou ShengAn erhu). Reste Lin Di la chanteuse/synthé/pipa, en retrait comme toujours il paraîtrait, traînant une araignée gonflable. Réaction logique, investissement de 3 kuai pour un marteau Hello Kittie (sans honte) et vengeance. Une amie venait de me présenter le groupe. Cool Fairyland s'est formé en 2000 autour de Lin Di et Li Jia, 4/5 albums (2000-04 disponible via Taiwan ou Shanghai), une longue liste de concerts en Chine et quelques side projects en installation artistique à leur actif. Membres d'orchestre "tzin tzin tziiiiinnnn Poum poum" d'opéra, ou secrétaire le jour et décapsuleur d'esprit la nuit tombée. Les performances foutent une claque monumentale, genre regard hagard et bouche bais 10 min après le dernier roulement de grosse caisse. Le style se rapprocherait surement d'un Tool chanté par une Björk ethnique.

Cool Fairyland / Chronique LP > Flying above the city

cool fairyland : flying above the city "Matin" réveille l'auditeur en douceur, berçant comme dans le ventre tiède de maman. Déjà le mélange basse/instrument traditionnelle Chinois laisse le cerveau rêveur. Et voila, on ouvre les yeux dans leur Cool Fairyland. "Sea rose", poème mélancolique en anglais, doux lent, laissant parler le Pipa (genre de luth à 4 cordes). "Hei se chi bang" ou aile(s) noire(s), expressionniste, renverrait à 4 minutes d'observation passive d'un arbre dans le vent, échauffement de la basse/batterie renforcées par une guitare sèche et des choeurs. "Qui sait" invite un chanteur. Super efficace, envoûtant. Même en essayant d'écrire la chronique, impossible de se concentrer tellement le psychédélisme du synthé aligné aux lignes de basses si simple mais si joueuse fait s'envoler. Ce "Qui sait" renverrait aux atmosphères malsaines de maison hantée, non menaçante, ni triste, juste une forme de joie dans le manque. "Seul" joue une fois de plus sur les effets électroniques impromptus (tempos et sonorités) apposés sur une basse faussement carrée et in sinueuse. Un peu moins transcendant, mais ce titre fait figure de calme avant "Très". Attention ce titre est une petite merveille. Les paroles, solitaires, désabusées, reprennent le thème du manque (voyage, amour, mort... aucun spécifiquement mais tous réunis derrière le sentiment en lui même). La lourdeur de la section rythmique, à l'instar d'un Neubauten des débuts, plaque au sol et y maintien fermement. Les nappes électroniques ramènent les nuages noirs et les effets enlèvent le peu d'espoir qui traînaient encore. Cependant, dans la ligne de "Qui sait", le chant, si détaché laisse une impression bizarre d'observation passive. Après ces 3 min, en voila 14 de plus pour enfoncer, dans une sorte de joie hagarde, le clou. Plus d'espoir, ce "Attente de l'adieu" et sa rythmique lourde, pesante, assume et suit le mouvement descendant. Le chant survole. Le titre est construit de façon effrayante d'efficacité. Comme sur un "Eraser" de NIN ou "Lateralus" de Tool, on se réveille à la fin du titre dans un état second, en se demandant quand le changement c'est produit. On se termine tel un zombie scandant les choeurs dans le chaos basse-batterie-synthé-Erhu et voila, fini... quoi déjà... clignement des yeux, retour sur terre, meeeeeeeeeerde ma clope...
D'une attitude très Confucéenne, le groupe assume ses sentiments, les expriment et en retire un réel plaisir. Ce qui pourrai facilement tomber dans du malsain par chez nous, semble juste naturel ici. On ne se frustre de rien. Une ode à la mélancolie, nostalgie. Envoûtant... Cela aurait merveilleusement accompagner un hypothétique "Voyage d'Orphée dans les limbes".

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