metal Métal > Concept of Elation

Biographie > C'est quoi le concept ?

Entre un brutal hardcore et un death décharné, Concept of Elation navigue aux confins de musiques dites extrêmes, le style est torturé, intense, assez violent, très dense et métallique. L'univers sombre et oppressant de Concept of Elation, entre un Dillinger Escape Plan et un Cradle of Filth, se matérialise dans cette intersection entre métal, hardcore et death, malgré tout, touffu et personnel, Concept of Elation ne sombre pas dans les clichés, aidé par la qualité et la robustesse de son style propre.

Concept of Elation / Chronique EP > Life hurts inner design

concept of elation : life hurts inner design On l'aura compris, Concept of Elation fait du métal bourrin et ne fait pas dans la dentelle. Que peut donner un groupe de brutal hardcore qui y ajoute des influences death à foisons ? Life hurts inner design devrait bien vous renseigner sur la chose... Le son est dense, magmatique, très dure, violent et massif, le chant déboule à toute vitesse, cris hardcore torturés, parfois virant de façon éphémères sur des inspirations death, où comment mélanger deux styles pour éviter la monotonie inhérente qui peut parfois s'en dégager...
6 titres en acier trempé, d'un métal chauffé à blanc, d'une bande d'énervés qui est prêt à en découdre sur des riffs marteaux-pillons, vrillant esprits et corps jusqu'aux tréfonds, 6 titres bétons assénés d'un traît qui risque de laisser quelques oreilles sur le carreau.
Matérialisant 2 ans de travail Life hurts inner design commence sur l'ambiance mystique de "Self made god", décharnée bientôt par un riff binaire brut, simplissisme, rythmique, qui met les nerfs à blanc, écarte les fioritures, montre à qui l'on a à faire, basse fantômatique, chant brutal, hardcore, l'ensemble se montre très death, et vire au cataclisme, pont dantesque, guitare qui s'emballe, un maelström de son, de cris gutturaux, de petits riffs malins, démoniaques, un peu trop téléscopés, mais qui se laisse dompter. Avalanche de son, de batterie, un chant qui ferait sans doute palir Dillinger Escape Plan, "Spaggiari" déroule son fil, les guitares montent au créneau, suintant sur une double pédale hypnotique, changement de tempo, noeuds de guitares, délices rythmiques, pour une envolée noire, assez massive. Clichés death dans la voix sur "Inhalation decay", les guitares se détachent, innovant, rythme, mélodie, barrages de guitares indescriptibles, l'originalité se trouve là, la voix prend enfin de la liberté, cris hardcore, cris intérieurs, plongeant la tête la premiere sur des guitares étouffées en symbiose avec l'atmosphère, la basse gronde dans les tréfonds, gras sur les extrêmes du spectre, difficile de reprendre son souffle. Le son de la basse est toujours aussi particulier, intro plus calme pour "Dextrogenese", ballade sombre qui s'enflamme particulièrement bien, un groove de batterie pimente derrière, la saturation dévale la pente, coule a flôts, fluidité sonore désalterante, legato qui mène à une attaque millimétrée de l'espace sonore, assassinat pur et simple de l'inessentiel. Le riff principal de "Harvester" est simple, bien appuyé à la batterie et donne toute son ampleur avec la basse qui sappe les fondations, avalanche sonore, c'est encore toute une pluie de métal qui s'abat ici, la basse elle-même est saturée, le fond de l'air à un gout acide, froid, vire schizophrène avec cette petite guitare derrière la tête, horripilante, qui met du plomb avant un bloc de béton massif qui se fait décapé à coup de rock'n'roll un peu émo, un peu intime, un peu étrange (mais imaginez ce meme riff du début sur une guitare acoustique, une quinte plus haute et légèrement plus lent... le tube folk de l'année !). Ambiance déléthère, mise en abîme lente et travaillée, sophistication du spectre des influences, Concept of Elation sait faire du gros son, pas de doute là-dessus, mais sait aussi travailler les atmosphères et les ambiances, la mélodie s'envole, se sépare du fond, pour se faire rattraper par un magmatique barrage de guitares, qui blinde, s'écarte parfois pour retomber dans un déluge hardcore, organique, achevé par un chant martelant, écorché, hurlant, les guitares hurlent en echo, capacité binaire exacerbée, suintements primal, "Worship the pain" repart de plus bel sur ce riff de tueur, un peu groovy et bien massif, changement d'ambiance, coherence de l'ensemble, équilibre des tensions sonores, nexus douloureux, reprise d'un riff qui se délite, part en poussières et termine lentement le morceau le plus fulgurant de cet EP accrocheur. Groupe délivrant un métal massif entre death et hardcore, Concept of Elation, a bien du potentiel devant lui, surtout à l'ecoute de leur monstrueux "Worship the pain" et de la plage cachée qui s'ensuit...