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Loco ! Oulala, Coal Chamber... Une des toutes premières chroniques parues sur le site... Ensuite, étant donné le peu d'intérêt que représentait le suivi de cette page, on a oublié de parler du deuxième album Chamber music, peut-être qu'on se penchera dessus un de ces jours (ou alors une âme charitable nous enverra sa chronique, nous, on a pas trop le temps là tout de suite !). Mais le Dark days a déboulé en 2002 et là, Pooly, ému, a redoré le blason de cette page avec une analyse profonde... Bonne lecture !

Coal Chamber / Chronique LP > Rivals

Coal Chamber - Rivals En 2003, Coal Chamber se sépare, ses membres ne se supportent plus, auteurs de 3 albums en 5 ans et ayant profité de la vague néo-métal pour imposer un son ultra lourd et des riffs hachés, les ricains ressemblent alors à une météorite qui aurait brillé un temps avant de s'écraser... Mais c'était sans compter sur la suite puisque dans la dizaine d'années qui suivent, Devildriver (groupe monté par Dez Fafara) occupe le terrain et bon nombre de jeunes combos ne cachent pas leur admiration pour Coal Chamber.

En 2012, le groupe annonce son retour en live et la sauce prend tellement bien qu'ils retournent en studio (avec Mark Lewis qui a bossé avec Devildriver mais aussi God Forbid, Eyeless, August Burns Red, The Black Dahlia Murder...) pour livrer Rivals au printemps 2015. Et en quelques secondes on oublie que plus de 10 ans ont passé depuis Dark days puisqu'on retrouve immédiatement la touche Coal Chamber et tout ce qui a donné au groupe son identité.

En 2015, la musique de Coal Chamber est-elle toujours d'actualité ? Et bien oui, car si le combo a conservé toute sa noirceur et ce style de chant reconnaissable entre tous, il a largement modernisé son riffing en arrangeant les transitions et en apportant des petits trucs qui n'ont l'air de rien mais qui font la différence. Alors certes, les guitares et les rythmiques sont toujours là pour bien plomber l'atmosphère et faire en sorte que ça tombe tout droit sur le crâne ("Light in the shadows", "Another nail in the coffin", "Wait") et dans l'ensemble tout sonne toujours très simple mais on n'a pas trop ce goût de néo-métal où tout était assez brut et dépouillé. Aujourd'hui, les sons sont toujours habillés, les silences inexistants, les distorsions aussi étudiées que les saturations, les interludes ("Orion" et "Dumpster dive") bien placées et l'opus bien équilibré.

Véritable exercice de thérapie de groupe ? Rivals remet en tout cas les compteurs à zéro et Coal Chamber en selle pour quelques années car on a l'impression que le groupe est content de revenir aux affaires et a besoin de continuer de s'exprimer comme il le faisait par le passé, même quand il invite Al Jourgensen (Ministry) qui se fonde dans le moule pour "Suffer in silence". Les époques sont différentes mais si l'envie et le plaisir sont les mêmes, pourquoi se priver ?

Coal Chamber / Chronique LP > Giving the Devil his due

Coal Chamber - Giving the devil his due L'année 2003 aura été l'année "fond de tiroir" pour RoadRunner, divers lives, des compilations foireuses, des rééditions en tout genre et des albums de rareté histoire de solder les contrats avec les groupes en fin de vie... Ce Giving the Devil his due appartient malheureusement au dernier type, Coal Chamber s'est dissous (au moins temporairement étant donné que le groupe a déjà "splitté" pas mal de fois ces derniers temps...) et leur label sort donc un album de live, remix et raretés. Présenté comme cela, ça sent un peu le paté ce CD...

Mais non, c'est une bonne compilation de titres qui raviront les fans du début à la fin. Commençons par le moins intéressant, les remixes ou plutôt les mixs différents des titres originaux, on a "Big truck" servi en hand-on-wheel mix, "Bradley" en going postal mix, "Sway" en hypno-submissive mix, "El cu cuy" en man-to-monster mix et "One step" en chop Shop mix, le responsable de la majorité de ces mixages alternatifs est Jay Gordon, les titres ne gagnent pas grand chose quand ils y gagnent... On va donc passer à tout le reste... Dans l'ordre on a "Headstones and the walking dead", un titre écrit en 1996 mais qui avait été laissé de côté, Dez Fafara a posé son chant dessus il y a quelques mois, on y trouve des petites faithnomoreries et les textes ont donné le titre de cette compilation : Giving the Devil his due (qui a dit que ce "du" était cet album au diable RoadRunner ?). Ensuite on a deux titres en "version d'origine", "Pig" (1997) et "Not living" (1998) tels qu'ils ont été "préproduit", ces titres étaient des "tests" pour savoir comment s'orienterait la prod' de l'album, des perles rares donc. Une grosse salve d'inédits (enfin presque) est tiré des sessions d'enregistrement mais sont restés des "out takes", des morceaux bonus... Tous sont vraiment très bons : "Blisters" a un rythme (why it's so ?) hypnotique, "Apparition" surprend par sa guitare acoustique, "Wishes" était sur la BO de Heavy Metal FAKK2, "Anxiety" est plus classique alors que "Save yourself" aurait largement mérité sa place sur l'album Dark days. Le live de "Big truck" ne bénéficie pas d'un assez bon son pour qu'on s'attarde dessus... Les 6 titres qui restent ne bénéficient pas non plus d'un son génial mais comme ils sont extraits des 3 démos du groupe (deux en 1995, la première en 1994), leur écoute se fait solennellement ! La batterie fait mal aux oreilles (la caisse claire surtout) mais le style Coal Chamber est déjà bel et bien présent, les mecs qui ont entendu "Loco" (et "Babbit") en 1994 ont du faire une sacrée tronche... et auront attendu deux ans pour que leurs potes admettent enfin qu'ils avaient raison de croire en ce groupe (qui a quand même amélioré ses compos entre temps... Giving the Devil his due est un album pour les fans qui pour une fois en auront pour leur argent !

Coal Chamber / Chronique LP > Dark Days

dark days Graphique noir et blanc, pochette aussi sombre, et une musique bien obscure pour le troisième album de Coal Chamber. Dark days n'est pas un album à prendre à la légère, sombre, dense et touffu, gothique et profond. Cet opus tout en nuances de gris, construit et réflechi, enfin surtout mature pour un groupe comme Coal Chamber, les mêmes qui chantaient "Come sway this way" il y a peu, sont passés à un "Get it you want it I've got it I'm gonna get it good" d'un gargarisme impressionnant, suite logique de Chamber music et de sa progression ascentionnelle de Dez dans un registre assez atypique, assez grave. Les 5 premiers titres donnent le ton, un ton imposant par ailleurs, les sons sont denses, granuleux, magmatiques, sombres, les guitares sont accordées sérieusement graves, donnant à l'ensemble du corps et de la présence sonore, Dez chante encore plus grave, la basse et la batterie son réellement meileures que sur les deux premiers albums... La basse rebondie, accordée trop grave pour saisir les nuances parfois, mais l'ensemble est subtilement suave, chaud et ennivrant.
Titre eponyme, et douceur sonore mirifique, encore en matière lente et sensuelle, une basse ondulante, vibrante, une guitare décalée, hypnotique, flottante, l'ensemble se rigidifie lentement, se cabre, "Dark days est un cheval au galop, le cavalier de Sleepy hollow un son dantesque en plus, le refrain est anthologique, un barrage de guitare, de son gras, -If it's meant to be, Then set it free-, les guitares font bloc, un mur gigantesque de son, de saturation, rester insensible à cette violation de l'espace sonore intime est impossible, inconcevable, Dark days, Dark days-, et la fuite en aigrefin, petite guitare et grosse basse, et le refrain revient avec délice et sans lassitude, pour ne pas laisser de répit.
Ce Dark days est surtout l'occasion pour Coal Chamber de s'exercer à la variété, et ce malgré la platitude que le binaire noir et blanc de l'artwork semble suggerer, ambiance avec des guitares ciselées comme dans "Glow" et "Rowboat", chant décalé comme sur "Alienate me", chant carrément caverneux sur "Drove" ou "One Step", où bienencore ces intros aux guitares très rythmiques, très monocordes comme "Something told you" ou "Watershed". L'ensemble se révèle en fait très riche, mature et suffisament travaillé pour ne pas apparaitre superficiel après de nombreuses écoutes, les détails apparaissent encore au fur et à mesure, un peu comme Tool... Enfin pour peu que l'on accroche au chant de Dez Fafara, cet album de Coal Chamber risque d'en ravir plus d'un.
Structurellement et musicalement, Coal Chamber monte d'un coup un certain nombres de marches, des folies à la System Of à Down et son style inclassable, des parties furieuses et sombres à la Rob Zombie comme "Rowboat", des ambiances éléctroniques, rajouts de studio mais d'un delice inqualifiable. "One step" fait partie de ces petites perles, l'air de rien, la basse plombée du debut met dans l'ambiance, soulève après les interrogations, avec son martelé, saturé, esthetique, ambiances industrielles, jets de vapeurs de tous les côtés, -One step forward, Two steps back, Three steps forward, Go-, du Coal Chamber en substance, qui met un magma sonore sombre et collant dans les cages à miel. Guitare dephasée, puis une avalanche de saturation, doucement etouffée pour faire baisser la pression, choeurs incisifs, -I won't be there for you again-, "Friend ?" reprend aussi la recette, un refrain massif simple et direct, un couplet sombre et travaillé, -You know this song is about you, don't you ?- (ressemblant etrangement à un "Starfucker" de NIN), un pont en relief qui s'emballe, s'énerve, s'échoue pour repartir de plus belle sur un refrain.
Le tempo ralentit parfois de manière dramatique, -Butterflies in the jar-, l'ensemble restant simple et massif, droit au but, sans fioritures, le son est lourd, sombre, mais sait jouer avec de la diversité et des nuances à la fois dans la mélodie et les attaques. L'approche de la basse a radicalement changé par rapport au premier album, entièrement au médiator, maintenant la basse groove, suinte, fébrilement claque, cliquète, festival cristallin, rencontre abrupte de deux corps métalliques. La batterie fait des siennes sur "Drove", cymbales chinoises, accélerations, pointes d'adrénaline, l'approche basiquement binaire des guitares y est pour quelque chose, attaques à la double pédale dévastatrices, juste par pointes epicées légères, une rareté qui les rend encore plus remarquables. Paroles un peu négativiste, Nihiliste parfois, -Mine is the empty jar, the empty !!-, Coal Chamber penche du côté sombre, reste mélancolique, très gothique dans l'approche.
Début circulaire pour le dernier titre, ambiance inquiétante, industrielle, vaguement éclairée, craquements lointains, périls proches, le riff attaque dans les graves, puis descend, descend, descend encore plus bas, la chute est vertigineuse, chuchotements obscurs, basse lancinante, le refrain repart sur ce riff acide, corrosif à souhait, -You're just à fuckup, I'm just à fuckup, We're just two fuck-ups, At least were fucked up together-, accélération brutale, emballement sonique, spirale distordue, intensification des picotements, et une montée lente mais irremediable sur un ultime refrain destructeur, une guitare diluée en plus, allegeant l'ensemble pour le rentre plus pénétrant.
Ce Dark days, avec ces ambiances sombres et ciselées, son chant encore plus dément, ses constructions subtiles, son barrage sonique imposant, mais non permanent, marque subtilement l'age de la maturité pour Coal Chamber. Chansons complètes, suitantes, sombres et nuancées, Dark days ne s'affadit pas à l'ecoute, au contraire...

Coal Chamber / Chronique LP > Coal Chamber

coal chamber Whahoh ! Du métal charbonnier !
Coal Chamber, à l'opposé de tous ces groupes qui font une musique, certes sonore mais point haute en couleur, livre avec ce premier album chez RoadRunner, une quintessence du métal zarb, avec des influences diverses et constructives. Cet opus, telle une pochette surprise, adresse des petits clins d'oeil, tel celui au "The roof is on fire" (comptine américaine) que l'on retrouve dans "Sway" et qui avait été reprise par le Bloodhound Gang dans '"Fire water burn" avec une toute autre saveur : celle du charbon, euh, de Coal Chamber..., -)
Des délires tels ques "Pig", témoignent d'une fraicheur certaine que ne peuvent garder des groupes tels que KoRn...
Parmi les *** bons groupes qu'écoute Coal Chamber : KoRn (dont on ne peut ignorer l'influence), Manhole (maintenant plus connu sous le nom de Tura Satana !), mais également Human Waste Project et Fear Factory... Coal Chamber métal pas du tout classique fait péter le compteur de l'originalité dans le genre métal-mais-j'aime-pas-qu'on-colle-des-étiquettes....
Longue vie à ce *** bons groupe qui déchire les enceintes stéréo !!!