The Circle Ends Here Il y a parfois des hasards comme ça, on tombe par inadvertance sur un groupe italien aux visuels particulièrement soignées (les joies du réseau social au XXIe siècle), on jette une oreille puis deux et on prend une claque. Quelques échanges de mails plus tard et voici que le premier EP de The Circle Ends Here débarque dans la boîte aux lettres emballé dans un très beau digipack à l'esthétique soignée... Et là : BIM la grosse rouste post-hardcore sludge assenée par un groupe en pleine possession de ses moyens, tout en maîtrise formelle et écriture, certes classieuse mais pas pour autant peu inspirée.

Quatre titres donc et un premier déluge émotionnel avec "Trace the line". Le groupe italien a trempé sa plume dans le désespoir le plus absolu, la douleur la plus destructrice, pour en extraire un substrat sonore définitivement ravageur. Un véritable tsumani post-métallique. Intense, prégnant, The Circle Ends Here vient de poser une première mine et d'apposer durablement sa marque sur la platine. La terre des hommes vient de brûler et derrière le nuage de cendres s'élève bientôt la suite : "Shapes to black". Plus mélodique, plus orientée emo-postcore et stratosphérique que la précédente, cette nouvelle piste des italiens laisse entrevoir un horizon un peu moins noir après une plongée inaugurale dans un gouffre affectif sans fond. Mais le résultat n'en est pas moins excellent.

En deux titres, TCEH a su déjà démontrer beaucoup et ne va pas se priver d'en rajouter quelques couches dès "Annihilation of entire cities" (pour la finesse du titre, on repassera) et son cocktail screamo/postcore groovy tout à la fois rock'n'roll et monolithique. Un mur de son qui s'érige devant nous et un groupe qui monte quand même à l'assaut, la fleur (et le riff) au fusil. 3/3 pour le groupe qui va nous faire un grand chelem avec le quatrième et dernier morceau de son Where time leaves the rest. "Nam", dans le sillage de ses prédécesseurs dégoupille les enceintes et laisse "parler" son incandescence post-hardcore en appuyant un peu plus encore là où ça fait mal. Une dernière lame de fond instrumentale sur fond de hurlements ravageurs et The Circle Ends Here conclue son premier EP comme il l'avait débuté, une rage brute chevillée au corps et une solidité de tous les instants. Classe.

PS : l'EP est en streaming ci-dessous.